Le 26 octobre 1947, Ernest Schaffner devient Maire de Lens. Il le restera jusqu'à son décès le 23 septembre 1966. La ville tourne alors une page de son histoire: c'est la première fois depuis Eugène Courtin en 1896 que le premier magistrat de la ville n'est pas issu du monde de la mine. Avec lui, Lens va entrer dans l'ère moderne.

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De l'Alsace Allemande à la Libération de Lens : 

  Le 30 avril 1901, Strasbourg, comme toute l'Alsace et une grande partie de la Lorraine, est allemande depuis le traité de Francfort de 1871. Ce jour là, à quatre heures du matin nait Ernst Friedrich Heinrich SCHAFFNER. Son père Georg Friedrich, âgé de 31 ans est secrétaire de mairie, chargé des travaux urbains dans cette ville. Sa mère, Saloméa, née Meyer, 28 ans, est directrice d'une école de cuisine également à Strasbourg. L'acte de naissance précise à l'époque que les parents du jeune Ernst sont de religion protestante. La famille Schaffner, alsacienne depuis plusieurs siècles, est d'origine rurale. Ses ancêtres ont exercé les métiers de tonnelier, d'exploitant forestier ou de brasseur.

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 Avant la première guerre mondiale, Ernst suit des études au Gymnase Jean Sturm, un établissement scolaire privé protestant réputé, situé dans le centre ville de Strasbourg et obtient l' 'Abitur' (équivalent du baccalauréat en Allemagne). Passionné de sport, il joue quelques années dans les équipes de jeunes du RC Strasbourg.

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  A la fin de la première guerre mondiale, la famille Schaffner est réintégrée dans la nationalité française. Ernst devient ainsi Ernest, il s'inscrit à la Faculté de Médecine où il effectue ses études d'une manière accélérée (deux années en une). Il reçoit le diplôme de Docteur en Médecine le 21 février 1924.

 Lors de ses études au Gymnase Sturm, il a pour professeur de philosophie et de théologie un grand homme qui deviendra son ami, le Docteur Schweitzer, également musicien virtuose et futur médecin de renommée mondiale. A cette époque, il enseigne à Strasbourg avant de retourner à Lambaréné au Gabon en 1924 où il a ouvert quelques années plus tôt son célèbre hôpital.

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  Le jeune Schaffner s'intéresse déjà à la politique et prend les fonctions de Président des Jeunesses Socialistes Universitaires de Strasbourg.

  Boursier de l'Institut Rockfeller (prestigieuse université privée américaine, spécialisée dans la recherche médicale et scientifique), il devient assistant en sanatoria en Alsace, et participe en 1925 à la création de celui de l'Altenberg (situé à 1 100m d’altitude, en contrebas de la Schlucht dans la vallée de Munster). Il effectue des voyages à l'étranger (Hongrie, Espagne ou Grèce) où son métier d'assistant lui permet d'acquérir de l'expérience.

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  C'est en Juin 1928 qu'Ernest Schaffner fait pour la première fois le trajet entre Strasbourg et Lens où vient d'être nommé un nouveau maire, Alfred Maës qui le lancera dans la vie politique. Le docteur Schaffner dira quelques années plus tard : ''Alfred Maës allait devenir mon Maître. Il me suivit lorsque je mis sur pied les Dispensaires. Il m'avait conquis. Sur sa proposition se produisaient les premiers actes de ma vie publique lensoise : administrateur de l'hôpital et Conseiller Municipal''.

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  Après un concours sur titres, Le jeune Docteur Schaffner est nommé responsable des dispensaires antituberculeux d'Hygiène Sociale dans le bassin minier et dirige donc plusieurs dispensaires régionaux. Pour combattre la tuberculose, il organise les services de phtisiologie dans les caisses de secours minières.

 Une loi votée le 7 septembre 1919, dite «loi Honnorat», oblige de créer dans chaque département un sanatorium capable d'assurer l'hospitalisation des tuberculeux dans le cadre de l'assistance médicale gratuite. Le département du Pas de Calais édifie le sien à Helfaut, au sud de Saint Omer. Situé au centre du département, il correspond au site idéal, à mi-chemin des voies routières et ferrées. 500 malades peuvent y être soignés en même temps.

 Riche de sa jeune expérience, Ernest Schaffner contribue grandement à sa création et en devient administrateur dès son ouverture en 1931. Cet établissement sera dirigé par le Professeur Alsacien J. Lienhardt, ancien compagnon d'études d'Ernest Schaffner.

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  En 1929, à Lens, Ernest Schaffner ouvre les premiers services d'étude de la silicose en collaboration avec les docteurs Rist, Amenille, Brissand et Hinault. Il utilise les radiographies des mineurs pour étudier les méfaits de cette maladie et publie diverses publications sur la classification radiologique de la silicose. 'Dès cette époque, il effectue des examens radiologiques sans assistant, sans manipulateur à la cadence de 150-200 par jour' (Le Journal de Lens 1947). Cette manière de faire le rendra lui-même gravement malade.

 Les années 30 et 31 seront très importantes pour le Docteur Schaffner et pour la ville de Lens. En novembre 1930, les malades et le personnel quittent les baraquements «provisoires» (depuis 1918) de la rue de l'Hospice pour prendre possession des locaux tout neufs de l'hôpital de la Route de la Bassée où le Docteur Schaffner vient d'être nommé Médecin-Chef. Comme d'autres médecins, des élus ou même des commerçants, il participe lui-même au transfert des patients à bord de son véhicule personnel. La construction et l'aménagement de cet ensemble ultra-moderne, qui peut accueillir jusque 600 malades, a coûté 20 millions de francs à la ville.

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  L'inauguration de l'hôpital est effectuée deux ans plus tard, le 23 octobre 1932 par le Président Herriot à qui Alfred Maës, Député-Maire de Lens présente Ernest Schaffner. C'est certainement là le point de départ de sa grande carrière politique.

  Entre temps, le 16 février 1931, à l’initiative d’Alfred Maës, également Président du Conseil d’Administration, la Caisse de Secours des Ouvriers et Employés des Mines de Lens ouvre un nouveau dispensaire rue Eugène Bar. Cet édifice imposant est muni de tout l'équipement de soin de qualité et même une pharmacie. Il offre aux mineurs et à leur famille une médecine totalement gratuite dont tous les composants sont réunis en un seul lieu. Le docteur Schaffner y dispose de matériel de radiologie moderne.

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  En 1933, Ernest Schaffner organise et dirige, à l'hôpital de Lens, la première réunion de la Société de Phtisiologie du Nord. Ce rassemblement des plus grands spécialistes régionaux est surtout basé sur l'étude de la silicose, la maladie du mineur qui deviendra le cheval de bataille du Docteur.

  C'est à cette époque qu'il se lie d'amitié avec le Docteur Georges PIETTE, gastro-entérologue et fait la connaissance de sa jeune soeur Céline. Ce sont les enfants de Georges Piette, médecin très connu à Liévin, qui fut en 1906 l'un des sauveteurs lors de la catastrophe des Mines de Courrières. Quelques temps plus tard, le 22 mars 1934, à 9h00, à la mairie de Lens est enregistré le mariage d'Ernest Schaffner avec Céline Marcelle Piette.

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  De cette union naitront quatre enfants :

- Yves le 18 janvier 1936 qui sera médecin biologiste comme son épouse Raymonde. Yves fut aussi le chef du Centre de Transfusion Sanguine de Lens.

- Jacqueline, le 6 mars 1938 qui épousera Roger Dumez, Ingénieur Industriel et futur Président du Conseil Général de la Meuse

- Bernard le 24 juillet 1942 qui deviendra Notaire à Carvin puis en région parisienne et dont l'épouse, Anne Marie, analyste financière sera élue Députée Européen.

- Claude dit 'Pino' le 17 juillet 1945 sera éducateur spécialisé (comme son épouse Dominique) et sous-directeur du CAPRO à Wasquehal.

 Une telle famille demande beaucoup de disponibilité et d'attention de la part des parents. Ernest et Céline Schaffner ont par ailleurs de nombreuses occupations pour lui professionnelles et politiques, pour elle bénévoles. Pour les seconder dans les tâches ménagères et l'éducation des enfants, ils font appel à Maria Godart, qui fut élue Muse des Mineurs en 1913. 'Elle était réellement pour nous un membre de la famille, pas une employée ainsi que son mari Georges Jourdain, chauffeur à la Ville de Lens, dira Bernard, l'un des enfants. Elle avait la lourde tâche de nous surveiller en l'absence de nos parents et fut pour moi un excellent professeur de patois lensois'.

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   La lutte contre la tuberculose et la silicose n'en est qu'à ses débuts : peu de gens sont formés, les spécialistes n'ont pas d'assistants, le matériel de radiologie ne protège pas les médecins des effets néfastes des rayons. Travaillant à longueur de journée à main nues, sans protections, Ernest Schaffner ressent dès 1934 les premiers effets de la radiodermite, cette maladie due aux rayons X des radiographies : 4 doigts de la main gauche sont déjà touchés. La maladie qui ne fera que s'empirer au fil des années et nécessitera de nombreuses opérations chirurgicales, ne l'empêchera jamais de continuer ses recherches et de soigner les silicosés et les tuberculeux.

   En mai 1935, Ernest Schaffner fait son entrée officielle dans la vie politique. Son ami, le Député-Maire de Lens Alfred Maës lui demande de se présenter aux élections municipales sur la liste de la SFIO. La liste socialiste, où figure également les autres futurs maires de Lens Marcel Hanotel et Paul Sion est élue au second tour.

   Quelques semaines plus tard, le 1er juillet, une fête est célébrée à l'hôpital de Lens en l'honneur de la Mère Supérieure des sœurs franciscaines à qui Alfred Maës remet la Médaille d'Or de la Prévoyance Sociale. Le Docteur Schaffner, médecin-chef, participe à cette cérémonie et pose sur la photo prise à cette l'occasion (près du pilier gauche).

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o L'année suivante, Ernest Schaffner sera lui-même nommé Chevalier de la Santé Publique.

o Le 11 octobre 1936, Léon Blum est reçu triomphalement à Lens où il vient inaugurer le tout nouvel hospice. Ernest Schaffner fait parti des personnalités qui reçoivent le Président du Conseil du Front Populaire.

  Le 3 septembre 1939, la guerre est déclarée. D'abord réformé à cause de sa maladie, Ernest Schaffner est mobilisé en mars1940 comme soldat de deuxième classe. Le 18 juin, de Londres, le Général de De Gaulle appelle les Français à ne pas accepter la défaite et à lutter contre l'ennemi. Ernest Schaffner se trouve dans le Midi. Aussitôt, il revient à Lens et entre immédiatement dans la Résistance. En septembre, il s'engage comme volontaire dans les forces françaises libres. A Vitry-en-Artois, il met en place le réseau ''Notre Dame'', réseau de résistance des médecins dans le Pas de Calais.

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  En 2009, le Docteur Delepoulle, médecin rue Bollaert à Lens apporte son témoignage sur les actions de résistance d'Ernest Schaffner et d'une partie des employés de l'hôpital de Lens : Après avoir récupéré les cartes d'identité des malades ou des victimes de bombardements décédés à l'hôpital et dont personne ne venait réclamer les corps, celles-ci étaient falsifiées et données à des juifs de Lens, ce qui leur permettait d'échapper aux recherches des autorités nazies. 'La filière avait beaucoup servi pour les juifs de Lens' ajoute le docteur Delepoule

 En 1941, le gouvernement de Vichy le démet de ses fonctions de médecin-chef de l'hôpital de Lens. Le 15 octobre, on lui retire aussi celles de Conseiller Municipal lors de la nomination de Marcel Hanotel comme maire de Lens par le préfet Pucheu.

oCeci renforce son désir de Résistant : Délégué départemental des services sanitaires de la Résistance du Pas De Calais pour l'organisation civile et militaire (puis pour l'organisation Pasteur-Vallery-Radot du Gouvernement d'Alger en 1943), il est aussi médecin-capitaine des FFI sous le matricule 20656. Avec son collègue, le professeur de chirurgie Loorius et le Docteur Verbrugghe de Grenay, il vient en aide et soigne de nombreux résistants blessés.

o Mais la maladie continue ses ravages. Alors que la guerre sévit autour de lui, il se résout, de janvier à juin 1943, à suivre un traitement contre la radiodermite à Paris. Un an plus tard, alors que les troupes alliées ont commencé à repousser les Allemands, il se fait de nouveau opéré en juillet 1944 (nerfs du bras gauche enlevés) puis en septembre, on lui retire le majeur et en octobre l'index. C'est donc dans ces conditions qu'il assiste à la libération de Lens.

De la Mairie de Lens au palais Bourbon :

   A la fin de la guerre, c'est tout à fait logiquement qu'il fait parti du Comité de Libération de Lens présidé par Paul SION dont il devient Conseiller Municipal dans le Conseil Provisoire mis en place avant les élections de l'année suivante.

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   Lors de ces élections, les deux grands partis de gauche ne s'entendent pas; la liste SFIO menée par Paul Sion est battue et, le 29 avril 1945, ce sont les communistes emmenés par Auguste Lecœur qui sont élus pour gérer la ville.

o  Cette année là Ernest Schaffner est rétabli dans ses fonctions de Médecin-Chef au Centre Hospitalier. Il relance aussitôt ses travaux sur la tuberculose et la silicose. En novembre 1945, il subit une nouvelle opération pour tenter de lui sauver la main gauche.

o   Si l'hôpital n'a pas subit de dégâts majeurs pendant la guerre, le manque d'entretien et le pillage par les Allemands du matériel médical font qu'il retrouve le bâtiment très endommagé et totalement désorganisé. Remettre en service ce grand édifice nécessaire à la population sera l'une de ses priorités.

   La lutte qu'il mène depuis plusieurs années pour faire reconnaître la silicose comme maladie professionnelle n'a pas été vaine : le 4 février 1946, une loi est votée reconnaissant la silicose comme une maladie professionnelle. Cependant, cette loi spécifie aux médecins de 'considérer aussi avec attention les soucis de production des houillères' (nous sommes en pleine 'Guerre du Charbon'). ''Les médecins de la sécurité sociale minière me disaient que j’avais une affection pulmonaire due au tabac. Ils voulaient minimiser les dégâts pour des questions d’indemnités.'' raconte un ancien mineur.

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    Quelques mois plus tard, le 30 octobre 1946, une autre loi parait donne le droit à réparation pour les victimes de cette maladie. Mais il faudra attendre 1956 pour que, sous le gouvernement de Guy Mollet, un décret sur le système de prévention de la silicose voit le jour. On dénombrera un total cumulé de 40 000 mineurs ou anciens mineurs morts de cette maladie entre 1945 et 1987.

    Le 19 juin 1947, un décret signé du Ministre de la Santé Publique et de la Population, Robert Prigent nomme le Docteur Schaffner Chevalier de la Légion d'Honneur. Cette distinction lui est remise par le Président Vincent Auriol lors d'un voyage dans le Nord-Pas-de-Calais le 13 juillet.

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Le 18, la fédération socialiste du Pas De Calais, dirigée par Guy Mollet, décide de fêter l'évènement. Louis Albert, secrétaire de la section dit : ''Vous avez fait de votre profession un véritable apostolat dont les bienfaits ont ramené avec la santé, la joie dans un grand nombre de foyer''.

    Le 16 octobre 1947 ont lieu les élections municipales. Quatre listes se présentent : Paul Sion n'ayant pas voulu se représenter, c'est Ernest Schaffner que la SFIO désigne pour mener la liste socialiste. En face, Auguste Lecœur espère bien, avec ses amis communistes conserver la Mairie de Lens. Deux autres listes sont présentes : une Gaulliste et une MRP.

   Le climat est détestable durant toute la campagne électoral. Les insultes fusent entre partisans de Schaffner et de Lecoeur. ''Schaffner, bat les pattes' est écrit sur un tract communiste, propos jugés insultants par les amis de celui qui a du être opéré plusieurs fois des mains.

Le scrutin est 'proportionnel à un tour'. La liste de la SFIO l'emporte de peu : 14 sièges contre 12 aux Communistes, 3 au MRP et 2 aux Gaullistes. Lors de la séance de mise en place du nouveau Conseil Municipal du 26 octobre, Ernest Schaffner est élu Maire par 18 voix contre 12 à son concurrent communiste Emile Morelle.

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    Ses adjoints sont Louis ALBERT, Oscar CATTEAU, Albert DUPIRE et Madame Josée LOISEAU. Bien sur, Ernest Schaffner n'est pas 'une enfant de la Mine' mais parmi ses conseillers, on trouve bon nombre d'employés des toutes nouvelles HBNPC comme Oscar LALOUX, délégué des mines et conducteur au dépôt ferroviaire situé près de la fosse 1 du Groupe de Lens.

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   En 1953 est éditée une brochure municipale relatant les réalisations effectuées lors des 6 premières années de mandat d'Ernest Schaffner :

- L'amélioration de l'assainissement par la réfection des réseaux d'égout abimés ou détruits par les effets de la guerre ou des affaissements miniers et l'approfondissement du canal qui permet la création d'une station d'épuration.

- L'extension du réseau de distribution de l'eau et la signature, le 4 juillet 1949, d'un nouveau contrat avec le concessionnaire faisant baisser le prix de l'eau pour les foyers lensois.

- L'aménagement du jardin public (remplacement de la clôture en béton par une grillagée) et des espaces verts.

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- L'extension des cimetières municipaux des rues Paul Bert et de Douai.

- La création d'un atelier municipal de construction de matériaux en béton comme des dalles pour les trottoirs, des poteaux de signalisation, des clôtures ou des bordures afin de réduire les coûts d'équipements

- L'amélioration de la voirie avec le remplacement dans de nombreuses rues des pavés par du bitume et l'amélioration de la signalisation routière par la mise en place de feux tricolores aux principaux carrefours de la ville (Ronds-point Bollaert, des Grands Bureaux, Places du Cantin et Jean Jaurès, Route de Douai) et la remise en état de l'éclairage public.

- L'augmentation du budget municipal pour la scolarité (passé de 23 millions en 1948 à 53 en 1952) a permis la fin des travaux de remise en état des écoles Campan, Carnot, Pasteur, du collège Condorcet; la reconstruction de l'école Jeanne d'Arc qu'Ernest Schaffner remet officiellement à M. Marie, Directeur d'Académie, le 4 janvier 1953.

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- La construction du Centre médico-scolaire de la rue Lamendin, inauguré le 15 juin 1952 par Madame Auriol, épouse du Président de la République.

 

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- Les travaux aux stade vélodrome Maurice Garin : remplacement et mise aux normes de la piste cyclable.

- La réorganisation de l'Harmonie Municipale démantelée pendant la guerre et la reconstruction de l'école municipale de musique et l'aide allouée aux sociétés sportives en augmentation constante.

- L'achat de matériel et de véhicules aux Sapeurs Pompiers.

A cette époque est sérieusement envisagée la reconstruction de l'Hôtel de Ville détruit pendant la guerre. Le projet aura du mal à avancer notamment suite à des désaccords avec les HBNPC sur son emplacement (Voir dossier Gauheria n°80 'La Reconstruction de la Mairie de Lens' par Philippe Roger).

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   ''Estimant que la campagne est préférable à la mer, généralement, pour les séjours d'enfants et que le changement complet de climat ne peut être que profitable à nos petits'' (Brochure municipale 1953), le 20 septembre 1948, sur la proposition d'Ernest Schaffner et par décision du Conseil Municipal, la ville de Lens achète le château de Grossouvre dans le Cher pour y créer une colonie de vacances.

   Dès la première année, 262 enfants y séjournent puis, grâce à la construction de quatre bâtiments modernes abritant des dortoirs, ils seront chaque année près de 500 colons par an à participer à l'une des trois sessions organisées tous les étés. (Voir sur les colonies de Grossouvre dans le tome 2 du 'Lensois Normand' l'article suivant : http://lelensoisnormand.unblog.fr/2010/05/31/les-colonies-de-grossouvre/ ).

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   Sont également en projet pour cette municipalité : la construction d'une nouvelle piscine et d'une gare routière ainsi que l'agrandissement de la poste et les aménagements du carrefour Bollaert.

   Lors des mandats successifs du Docteur Schaffner à la mairie de Lens, ont été menés à terme d'autres projets pour que les enfants puissent avoir des vacances ''au moindre coût pour leurs parents''. Aux colonies de Maison-Ponthieu et Lumbres pour les tout-petits s été les Centres Aérés organisés chaque été durant un mois dans les locaux des écoles lensoises et les excursions d'une journée en bord de mer ou dans la campagne de l'Artois pour ceux qui ne partent pas l'été. Ainsi, c'est plus de 2500 jeunes lensois qui bénéficient chaque année de loisirs.

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    Mais l'œuvre dont peuvent être les plus fiers Ernest Schaffner et ses Conseillers Municipaux socialistes est la modernisation du Centre Hospitalier de la Route de la Bassée dont Ernest Schaffner est Président de la Commission Administrative. L'équipement technique a été entièrement renouvelé, une 'Banque d'Os' y a été créée, le centre de transfusion sanguine a été réorganisé et dispose de locaux adaptés, la production d'eau chaude y est assurée par une centrale thermique, un four incinérateur a été construit, la cuisine, la buanderie et la pharmacie vont être agrandies et un bâtiment regroupant les garages et ateliers édifié; tout cela dans un cadre agréable. Deux terrains attenants à l'hôpital ont aussi été achetés aux HBNPC en vue d'y construire une nouvelle maison de retraite.

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    Le 10 mai 1948, Le RC Lens, présidé par Louis Brossard, accède à la finale de la Coupe de France. Bien que battue par son grand rival régional, le Lille OSC, Ernest Schaffner et la Municipalité reçoivent l'équipe au grand complet ainsi que ses dirigeants à l'Hôtel de Ville lors de leur retour de Paris.

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   Pour la première fois cette année là, le Conseil Municipal décide d'allouer au RCL une subvention d'un montant de 300 00 francs, Elle est équivalente à celle de l'USOL (Union Sportive Ouvrière Lensoise), le club municipal de Lens.

   Marion Fontaine, dans son ouvrage 'Le RCL et les Gueules Noires' écrit à ce propos : ''La municipalité socialiste de Lens doit rénover ses réseaux associatifs, au moment où le syndicat CGT des mineurs passe sous le contrôle des communistes. Elle va donc chercher à jouer plutôt un rôle d'arbitre entre les différentes associations sportives, oscillant entre le soutien à l'USOL et l'appui au RCL, qui connaît un rayonnement national important, tout en investissant dans des sociétés populaires de loisirs moins nettement rattachées au mouvement ouvrier au sens strict.

   La présidence d'honneur du RCL ... qu'il (E. Schaffner) partage difficilement avec le directeur délégué du groupe des Houillères de Lens, est alors pour lui un moyen supplémentaire d'affirmer son appartenance au monde minier ; en retour, la présence de ce chef populaire conforte le statut du RCL comme représentant de la ville de Lens, capitale du pays noir dans son ensemble, au-delà des divisions qui traversent son territoire''.

   Début octobre 1948, Lens organise sa braderie annuelle. Au même moment dans les mines, la CGT, qui a remporté les élections professionnelles en février dans les Houillères, organise un référendum auprès des mineurs pour répondre aux décisions du gouvernement socialiste de réduire les salaires, de licencier 10% des ouvriers travaillant en surface et de modifier le ''Statut des Mineurs''. Emmenés par le communiste Auguste Lecœur, le précédant Maire de Lens et adversaire farouche d'Ernest Schaffner, 89 % des mineurs du bassin votent pour la grève dans le Nord-Pas-de-Calais. Ils cessent le travail le lundi 4 octobre.

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   Pierre Hervé, envoyé spécial de l’Humanité, arrive dans la région le jour même et écrit : ''Quand nous avons débarqué ce midi sur le pavé de Lens, nous avons été enveloppés de l’odeur des frites et de la musique sautillante du manège. La braderie battait son plein. Beaucoup de visiteurs, mais peu d’acheteurs : le mineur garde le peu d’argent qu’il possède pour des jours et des semaines ou peut-être des mois qui peuvent être sévères.''

   Dans le bassin minier du Nord, où 45 000 hommes des forces de sécurité ont été envoyés, des batailles rangées ont lieu. Le 18 novembre, alors qu’ils n’ont rien obtenu, la CGT appela les mineurs à la reprise du travail. (voir l'article sur Auguste Lecoeur).

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  Le Maire de Lens, la Capitale du Bassin Minier, doit faire preuve de beaucoup de diplomatie et concilier son soutien à la politique du gouvernement socialiste avec celui qu'il apporte quotidiennement aux mineurs, quelques soient leurs opinions politiques ou syndicales. Sa situation n'est pas facile. Les communistes lui en veulent personnellement à tel point que sa maison doit être gardée en permanence par deux hommes armés.

  Le journal ‘Liberté’ rapporte dans son édition du 19 décembre 1948 que le Conseil Municipal de Lens a décidé à l’unanimité d’allouer une somme d’un million de francs pour venir en aide aux mineurs grévistes’. En réalité, cette somme est versée au Bureau d’Aide Social qui, en accord avec les syndicats CGT, CGT-FO et CFTC, doit la répartir entre ‘les familles de mineurs nécessiteuses touchées par le grève’. Dans sa profession de foi diffusée à l'occasion des élections municipales de 1953, le Maire de Lens écrit : 'Notre liste entend soutenir et défendre les intérêts moraux et matériels de la classe ouvrière minière … dont nous connaissons tous l'admirable courage devant les difficultés actuelles de la vie'. Dans les corons, l'animosité et la rancœur entre les procommunistes et les sympathisants socialistes durera très longtemps.

  Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les commémorations et les remises de médailles se succèdent. Sur la Place du Cantin, face au Monument aux Morts, Ernest Schaffner, en tant que Président Départemental des Forces Françaises Libres, a l'honneur de remettre à Henri Dorfsman du Commando de fusiliers marins Kieffer le drapeau des Forces Françaises Libres. Dorfsman, ancien mineur, est l'un des 25 miraculés du commando a avoir combattu pendant 83 jours en Normandie sans être blessé.

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   En avril 1951, pour le 50è anniversaire du Docteur Schaffner, le bureau municipal, sous la direction de Josée Loiseau (adjointe au Maire) organise une fête dans les locaux de la Mairie. E. Schaffner participe également à la renaissance de l'Union Commerciale Lensoise dont il devient le Président. Le 14 octobre de la même année, il est élu Conseiller Général du Canton de Lens-Est (comprenant une partie de Lens et Sallaumines) succédant ainsi à Paul Sion.

  En Juin 1952 : E. Schaffner est l'invité des dirigeants des Houillères pour les Fêtes du Centenaire du Charbon à Lens. Ensemble, ils accueillent Monsieur Jean Marie Louvel, le Ministre du Travail MRP du gouvernement d'Antoine Pinay.

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bbbAprès deux semaines de fêtes avec de nombreux défilés et animations en ville, la cérémonie de clôture a lieu au Stade Bollaert le 29 juin. Devant la tribune d'Honneur, un train de berlines minières rappelle que 4 000 000 de tonnes de charbon ont été extraites des sous sols lensois depuis 100 ans. Pour assister à cette grande fête, de nombreux bus amènent les habitants des communes avoisinantes admirer les chars confectionnés par les associations lensoises. Le Maire et les dirigeants du Groupe de Lens des HBNPC honorent Louis Delattre, un lensois de 85 ans, habitant cité Chouard, embauché en 1879 comme galibot à l'âge de 12 ans. Comme quatre autres mineurs, il reçoit du Ministre des Travaux Publics, André Morice, la Légion d'honneur.

   Le dimanche 26 avril 1953 ont lieu de nouvelles élections municipales, cette fois à la proportionnelle intégrale en un seul tour. A Lens, une nouvelle fois, la campagne électorale est rude (et même méchante) entre Socialistes et Communistes. La liste ''Socialiste et Républicaine de Défense des Intérêts Lensois'' menée par E. Schaffner obtient 6870 voix (15 élus) contre 5956 au parti communiste d'Eugène Glorieux et Roger Pennequin (13 sièges), 1582 aux démocrates-chrétiens du MRP (3 sièges). Les listes indépendantes composée essentiellement de commerçants lensois (641 voix) et du RPF de De Gaulle (559 suffrages) n'ont pas d'élus.

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   Le 10 mai, lors de la séance extraordinaire du Conseil Municipal, Ernest Schaffner est donc réélu Maire de Lens avec 18 voix contre 13 à E. Glorieux. Parmi ses conseillers, on trouve ses fidèles Albert Dupire, Louis Albert ou Josée Loiseau mais aussi de nouvelles têtes comme Victoire Lampin.

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   Le 17 mai 1955, Ernest Schaffner est de nouveau hospitalisé pour subir sa 17ème opération chirurgicale.

   Le lendemain, il est cité à l'Ordre de la Nation et nommé Officier de la Légion d'Honneur. Cette distinction lui est remise par Bernard LAFAY, Ministre de la Santé Publique et de la Population, le 19 sur son lit d'hôpital. Le Docteur déclare : 'Je voudrais que mes collègues qui ont lutté avec moi pour sauver la vie des mineurs, mes amis de la Résistance soient associés à cet honneur sans oublier ma chère épouse qui est si souvent seule'.

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   Plusieurs fois par semaine, il passe entre les mains d'une infirmière religieuse, Sœur Marie-Claire qui pendant deux heures, défait et refait ses pansements. Il lui en sera toujours reconnaissant et avouera que c'est grâce à ses soins que sa main droite a été sauvée.

   Le journal 'DETECTIVE' n°465 du 30 mai 1955 propose en couverture une photo du 'médecin des mineurs' sur son lit d'hôpital avec cette légende : 'LE MARTYRE D'UN DOCTEUR - ERNEST SCHAFFNER'.

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    Dans son livre « Mineur de Fond », Augustin Viseux parle ainsi du Maire de Lens : ' Le Docteur Schaffner fut une providence pour les mineurs. Il était d'une sensibilité émouvante devant les mineurs silicosés. Je verrai cet homme pleurer au pied du lit d'un mourant comme il le fit à mon chevet le dimanche de fin janvier 1959 où tous me croyaient perdu'.

    De son état, il en parle avec humour : ''Il me reste toujours les yeux pour lire les radioscopies, et si je n'ai plus de mains pour écrire, je me servirai de mes dents''. Le jour où il reçoit la Légion d'Honneur, dans les écoles de Lens, une rédaction est donnée à tous les élèves. Le sujet unique en est : ''Lettre au Docteur Schaffner''. (informations issues de la revue 'Saisons d'Alsace' n°31 de 1969)

   Lors de la rentrée scolaire de 1955, le Collège Condorcet accueille ses premiers élèves : l'un des projets principaux de la municipalité d'Ernest Schaffner voit enfin le jour. Seul le bâtiment A est ouvert, les autres seront fonctionnels dès la rentrée suivante. Ce collège (qui deviendra Lycée en 1961) se situe dans l'ancien emplacement du Marais, entre les avenues Raoul Briquet et Van Pelt, et son entrée se trouve face à la caserne des pompiers. A terme, il comportera 3 bâtiments renfermant des classes, une cantine, un centre médico-scolaire et un gymnase attenant à un terrain de sport en plein air. Dans la rue Etienne Dolet, un immeuble regroupe les logements des professeurs.

es035   Cinq listes sont en lice dans la seconde circonscription du Pas-de-Calais lors des élections législatives du 2 janvier 1956. La liste de Guy Mollet, le Maire d'Arras affronte des listes poujadiste, CNIP, MRP et communiste. Malgré le départ mouvementé d'Auguste Lecœur du PC, les communistes arrivent en tête avec 35,6 % des suffrages exprimés. Par rapport à 1951, la liste socialiste gagne plus de 40 000 voix et recueille 33 %. Parmi les candidats de la liste SFIO, le docteur Schaffner obtient le meilleur score. Mais il n'est que quatrième sur le liste conduite par Guy Mollet et n'est donc pas élu.

  Le 10 mai 1956 le RC Lens fête son cinquantenaire. Marion Fontaine nous dit à ce sujet : 'E. Schaffner use régulièrement de son influence politique pour venir en aide au RCL. La ville prend par ailleurs toute sa place dans les célébrations du cinquantenaire du club. Le Maire revendique alors pour la ville le titre de 'Mère' du Racing, les Houillères conservant implicitement le rôle de père. Ernest Schaffner est également Président d'Honneur du club de supporters, le S.C.L. dirigé par son ami personnel Maurice Carton. Cette année là, la ville franchit un cap important en allouant une subvention d'un million de francs au RCL, somme destinée officiellement au financement des équipes de jeunes.'

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   Les relations entre la ville et la direction des houillères sont cordiales, le stade Bollaert est ainsi prêté à la ville pour l'organisation de la fête annuelle des écoles laïques. Un moment important pour les enfants scolarisés à Lens. Tous ceux des classes du cours moyen, en tenue blanche, défilent dans les rues de la ville en partant de leur école pour se regrouper au Stade Bollaert. Là se déroule une grande démonstration gymnique appelée 'les lendits'. Ernest Schaffner préside chaque année cette fête et n'hésite pas à faire monter de jeunes enfants en tribune pour les féliciter.

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   Ernest Schaffner ne se contente pas que du RCL pour valoriser le sport lensois. Dans la brochure 'Lens, son histoire, ses activités sportives' sorti en 1964, il apporte un soutien franc à l'USOL, le Club Omnisports de la ville créé au début du siècle. Il encourage ce club à se développer avec l'aide de la Municipalité qui vient de lui construire un gymnase à la Cité Chouard et espère qu'à l'ouverture prochaine de la piscine olympique, la section 'natation' sera réactivée.

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  Le 30 mai 1958, compte tenue de la situation politique (retour du Général De Gaulle, guerre en Algérie), la SFIO tient un grand meeting à Lens pour expliquer pourquoi elle soutient le projet de Nouvelle Constitution avant le Congrès du parti du 11 septembre d'Issy-les-Moulineaux. Lors du référendum du 28 septembre, à la question « Êtes vous pour la nouvelle constitution ? », 61,8 % des français répondent 'OUI' à De Gaulle qui devient le premier Président de la 5ème République.

   Lors des élections législatives qui suivent en novembre, les partis de gauche sont laminés. Alors que de grands leaders sont battus (Moch, Duclos, Deferre, Mitterrand...) et que la SFIO, au plan national ne regroupe que 15,5% des suffrages, Ernest Schaffner obtient dès le 1er tour 41% des voix dans la 13ème circonscription du Pas de Calais (Lens, Billy-Montigny, Sallaumines). Le deuxième tour, qui l'oppose au communiste Jean Ooghe, ne fait que confirmer son élection avec 61% des suffrages. A l'Assemblée Nationale, il est élu à la commission des affaires culturelles, familiales et sociales.

   Le Comité Directeur de la SFIO, devenue parti d'opposition, dirigé par Guy Mollet, le maire d'Arras, se prononce pour la non participation au Gouvernement et un rapprochement avec les communistes. Cela n'empêche pas le 8 janvier 1959 les deux députés socialistes Ernest Schaffner et Max Lejeune de voter l''investiture de Michel Debré qui vient d'être nommé Premier Ministre par le Général De Gaule. Ils sont traduits devant le conseil de discipline du Conseil National de la SFIO. Ce Conseil National, au sein duquel d'ailleurs a été élu peu de temps auparavant E. Schaffner, ne statuera finalement jamais sur cette affaire. Le Député-Maire de Lens n'a jamais été un homme d’appareil en politique; la 'politique politicienne' ne l'intéresse pas : il n'est qu'un modeste membre de la Commission Exécutive du Parti Socialiste du Pas de Calais à partir de 1959. ‘‘Il était plus ‘social’ que socialiste’’ dira de lui son fils Bernard.

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Lens : "sa" ville :

   Ses problèmes avec le parti n'entachent en rien la popularité du Docteur à Lens. Preuve en sont les élections municipales des 8 et 15 mars 1959. Pour le premier tour, quatre listes s'affrontent : la SFIO d'Ernest Schaffner, les Gaullistes de l'UNR menés par Emile Coyer, le MRP d'Edouard Crepel et les communistes de Jeannette Prin.

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   La SFIO arrive en tête (7122 voix) devant le PC (6047) et le MRP (1753), les gaullistes n'obtenant que 1495 voix.

   Pour le deuxième tour du 15 mars, les listes SFIO et MRP fusionnent. Ces élections étant par liste entière et non à la proportionnelle, celle menée par Ernest Schaffner et Edouard Crépel l'emporte avec 8098 suffrages contre 7083 aux communistes et 949 aux Gaullistes. Elle obtient donc la totalité des 33 sièges à pourvoir.

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   Lors de la séance de Conseil Municipal du 22 mars, c'est donc sans surprise que le Docteur Schaffner est reconduit à son poste de Maire de Lens; Y est aussi élu au poste de premier adjoint un certain André Delelis.

   Quelques semaines plus tard, en avril, accompagné de son fils ainé Yves, le Docteur Schaffner rend de nouveau visite à Albert Schweitzer dans son hôpital de Lambaréné au Gabon. Au vieux professeur qui s'attriste de voir arriver son ami ainsi mutilé et privé de sa main droite, il répond : 'Des gens souffraient, j'ai essayé de faire de mon mieux'. Le Docteur Schweitzer remercie son ancien étudiant pour ce qu'il fait en France afin de faire connaître et d'encourager son œuvre de Lambaréné envers les populations africaines.

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    De retour en France, Ernest Schaffner dit : 'Mon voyage à Lambaréné était magnifique aussi bien par la beauté des paysages que par la personnalité et l'œuvre de l'Homme... dans une ambiance toute particulière imprégnée de sa personnalité médicale et religieuse...'. (informations données par Saison d'Alsace n°31).

   Sous l'impulsion du Docteur Schaffner, de l'Association des Commerçants lensois et avec l'aide d'un groupe de bénévoles, la Foire Commerciale de Lens, qui n'avait pas eu lieu depuis 1939, est relancée et attire près de 20 000 visiteurs. Elle a lieu du 10 au 20 septembre 1959 sur la Place de la République enfin libérée des commerces provisoires installés depuis la fin de la guerre.

   Quelques jours plus tard, le Président Charles De Gaulle effectue un voyage dans le Pas de Calais. Après une descente dans les galeries des mines de Bruay, le 25, il s'arrête à Lens où il est reçu par Ernest Schaffner. Ce dernier voue et vouera toujours envers le Général une grande reconnaissance qui date de la seconde guerre mondiale. Au cours de sa visite à Lens, le Président prononce l'un de ses discours depuis une fenêtre du tout nouveau collège Condorcet. «Le charbon reste un élément capital de l'économie française et mondiale. Jamais, vous m'entendez, jamais, il ne faudra renoncer à notre charbon» affirme t'il lors de ce voyage.

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   Ernest Schaffner veut que 'son' hôpital de Lens soit un lieu agréable tant pour les malades que pour les visiteurs: Terrain de jeux pour enfants, mini-golf, volière avec des oiseaux exotiques, nombreux jardins et parterres fleuris, 'humanisation' de l'hébergement des malades avec les premières chambres individuelles remplaçant les 'dortoirs'. Un bon environnement aide à la guérison.

   Dans la brochure du Centre Hospitalier de 1959, il écrit : 'Lens, cité des Gueules Noires et capitale incontestée du bassin minier... a voulu, par contraste que son Centre Hospitalier ne soit que couleur et lumière, tant par ses parcs que dans ses bâtiments. Ce n'est pas un hôpital à conception architecturale ultra moderne mais un centre hospitalier de 800 lits de services dits 'de malades aigus' travaillant à plein rendement avec un personnel et un équipement de hautes technicités rendant des services incontestés à la laborieuse population de notre région'. Ne se contentant pas de cette réussite, il décide de l'extension de l'hôpital avec la création d'une Maison de Retraite sur des terrains achetés par la ville aux HBNPC et obtient que le Conseil Municipal y alloue 200 millions de francs. Il en pose la première pierre en 1960 en compagnie de Guy Mollet. Deux ans plus tard, un plan de modernisation du CHL est signé (services de radiologie, gastro-entérologie, chirurgie, accueil des patients...).

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  Cette réussite attire de nombreux journalistes qui vantent la modernité, la compétence et l'excellent environnement de l'hôpital. Igor Barrere et Etienne Lalou diffuseront même un reportage sur ce sujet dans l'une de leurs émissions télévisées de la série 'Le Magasine Médical'.

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   Pour faire face à la crise du logement et à l'explosion de la démographie de la ville qui approche les 40 000 habitants, en 1956, la Municipalité de Lens décide de la construction de 440 logements à la limite de Liévin en lieu et place des vieilles maisons délabrées de la Cité Chouard construites après la première guerre mondiale. En 1962 est terminée la première partie de la Résidence Sellier. Les logements, réalisés par l'architecte avionnais Paul Pamart, sont modernes, équipés de salle de bain, chauffe-eau et cuisinière à gaz, presque du luxe pour l'époque.

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   Un autre projet, jugé audacieux par certains à l'époque, est envisagé dès 1960 : la création d'une Zone d'Urbanisme Prioritaire (ZUP) sur un terrain des environs de l'hôpital.

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    L'été 62 est dramatique pour la famille Schaffner. Le 9 juillet, deux jours avant le mariage de leur fils ainé, les époux sont à Lille pour assister à une réunion de l'Institut Pasteur. L'après midi, le Docteur Schaffner rend visite à son ami Augustin Laurent, le maire de Lille, pendant que son épouse rentre à Lens en voiture. Elle est victime d'un horrible accident qui va lui coûter la vie. «Elle participait à de très nombreuses associations avec une discrétion remarquable (Croix Rouge, Secours aux Militaires rapatriés d'Indochine, foyers d'enfants, etc …) Elle avait eu pendant la guerre une activité au sein de la Résistance» dit d'elle son fils Bernard. Un ami de la famille, Hervé, dit d'elle : ''La maman, Madame Schaffner, m'apparaissait comme une dame de grande classe et d'une extrême gentillesse, toujours élégante. Sa disparition prématurée dans un accident de la route nous plongea tous, je veux dire la ville entière, dans une grande affliction.''.

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   Malgré ce drame (ou pour tenter de ne pas trop y penser), Ernest Schaffner décide de continuer à se mettre totalement à la disposition des lensois et des mineurs du Bassin. Le 6 décembre, avec comme suppléant Lucien Harmand, il est réélu avec 43,8% des voix au second tour des élections législatives lors d'une triangulaire avec le communiste Jules Tell, Maire de Sallaumines (40,9%) pourtant arrivé en tête au premier tour et le candidat de l'UNR, le parti Gaulliste (15,2%).

  En 1963, du 1er mars au lundi 8 avril, les mineurs français sont en grève. Les revendications concernent les salaires mais l'inquiétude quant à l'avenir de la production charbonnière commence à s'amplifier. La grève s’inscrit dans la conjoncture de déclin du charbon et de monté en puissance du pétrole. Dès 1960, alors que la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier (CECA) décide la fin du charbon en Europe, le gouvernement établit un plan de régression de la production minière et demande l'arrêt de l'embauchage. Le mineur, qualifié de “premier ouvrier de France” au lendemain de la seconde guerre mondiale, se sent quinze ans plus tard rejeté d’une économie qu’il a pourtant largement contribué à relever. En 1962, on lui refuse une hausse de salaire de 0,77% accordée aux autres entreprises du secteur public. Le 1er mars 1963, la CGT lance un mot d'ordre de grève de 48 heures.

   Le samedi 2 mars, le Général de Gaulle signe à Colombey-les-Deux-Eglises le décret autorisant la réquisition des mineurs. Ce geste renforce la conviction des grévistes dont la lutte, dans l'unité syndicale, devient un bras de fer avec l’Etat.

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   Dans toutes les villes du bassin Minier, des rassemblements ont lieu quotidiennement. Le 29 mars, sur la Place du Cantin à Lens, 80 000 mineurs crient leur colère ! Une importante partie de la population soutient les grévistes en exprimant sa solidarité et en aidant les mineurs par des envois d’argent ou de marchandises.

    A Lens, la ville n'est pas indifférente à ce conflit : Ernest Schaffner et son Conseil Municipal décident d’allouer au Bureau d’Aide Social une subvention exceptionnelle de 69 405 Francs pour venir en aide aux familles de mineurs grévistes. Il organise également une collecte sur la voie publique le dimanche 24 mars avec la collaboration de la Croix-Rouge Française.

   Les syndicats obtiennent au cours des négociations avec le gouvernement de Georges Pompidou de conséquentes augmentations de salaires et une quatrième semaine de congés payés.

   Les femmes de mineurs ont joué un rôle décisif lors de cette grève en organisant des manifestations uniquement féminines à Lille ou à Lens par exemple, scandant "Jusqu'au bout avec nos maris".

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  Quelques jours plus tard, on fête à Lens le 10éme anniversaire de l'association des Donneurs de Sang pour lesquels le Docteur Schaffner a fait construire des locaux modernes avec salle d'attente, de repos et laboratoire de prélèvement dans les bâtiments de l'hôpital pour le confort des quelques 900 donneurs que compte l'Amicale.

   En 1964, il retourne une nouvelle fois à Lambaréné avec son fils Bernard. Il invite Albert Schweitzer à venir à Lens. Celui ci n'en aura pas le temps, il décèdera l'année suivante.

   Il se rend aussi cette année là à Strasbourg où il a conservé de nombreux amis sans se douter que ce sera la dernière fois qu'il voit la ville où il est né. Ville dans la quelle il allait régulièrement pour assister à des concerts lors du Festival de la Musique Française, pour admirer les marchés de Noël ou simplement pour se promener dans les rues typiques de la capitale alsacienne.

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   Le 30 Juin 1964, des bus sillonnent les quartiers de Lens pour transporter les habitants qui veulent visiter la nouvelle maison de retraite qui vient d'ouvrir Route de la Bassée, près de l'hôpital, après 3 ans de travaux. Implantée dans un cadre de verdure, construite selon les plans de l'architecte M.Hardy, elle permet d'accueillir près de 250 personnes âgées de Lens et des environs dans de petits appartements et sous la surveillance du personnel médical de l'hôpital. ''Le coût de la pension demandée aux locataires comprend bien sur, l'hébergement, la nourriture, le blanchissage, les soins mais aussi le coiffeur, le dentiste, la télévision, les loisirs'' (Bulletin Municipal 1965). Une nouvelle fierté pour Ernest Schaffner et la ville de Lens après l'ouverture, l'année précédente dans les enceintes du Centre Hospitalier, de l'École d'Infirmières qui peut accueillir 120 élèves et dispose d'un internat de 42 chambres.

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    Après bien des palabres avec les HBNPC qui ne voulaient pas que le bâtiment soit reconstruit à cet endroit situé sur une veine de charbon à forte rentabilité, mais aussi avec les autorités préfectorales et les Bâtiments de France, l'un des objectifs d'Ernest Schaffner est enfin atteint : le Préfet Tomasini inaugure le 14 février le nouvel Hôtel de Ville de Lens. La ville attendait ce moment depuis la fin de la seconde guerre mondiale, plusieurs projets durent être présentés afin de trouver un accord.

   Les services municipaux, à plusieurs reprises déplacés (baraquement avenue Raoul Briquet, Gare Sainte Elisabeth, rue Bollaert, locaux de de la Société Générale de la place Jean Jaurès) vont enfin pouvoir intégré un immeuble neuf et fonctionnel. (A lire sur ce sujet dans le n° 80 de la revue Gauheria, un article de Philippe Roger).

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  A la même époque, la famille Schaffner est de nouveau honorée : l'Académie de Médecine déclare lauréats Ernest Schaffner en même temps que son fils Yves. Le père et le fils reçoivent leur distinction en même temps.

  De nouvelles élections municipales attendent le Docteur Schaffner les 14 et 21 mars mais la liste d’ Union Socialiste et Républicaine présentée par le Député-Maire sortant n’aura besoin que d’un seul tour pour se faire réélire. L’équipe qu'il dirige l’emporte largement avec 11 898 voix face à celle des communistes de Jeannette Prin (6308 suffrages). Parmi les 33 élus, on trouve aussi André Delelis, Victoire Lampin, Jean Claude Bois, Fernand Varlet, Charles Daubresse, Jean Deteuf et le MRP Edouard Crépel.

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   La nouvelle équipe municipale possède plusieurs projets qui contribueront à poursuivre la modernisation de la ville : le développement des infrastructures scolaires (40% du budget municipal en 1964) et sportives, du logement , la construction d'une gare routière, d'abattoirs modernes, d'un marché couvert et d'une salle des fêtes sur la Place du Cantin, etc...

   Ernest Schaffner continue à se dépenser sans compter, que ce soit à l'Assemblée Nationale, à l'hôpital de Lens pour les mineurs et les autres malades, à la mairie, dans les nombreuses associations dont il fait parti ou qu'il dirige. A une interview qu'il donne au quotidien 'Nord Matin' en 1965, il dit : ''Je suis arrivé à Lens en 1928. J'y été venu pour 3 mois; Il y a 37 ans que j'y demeure. Débarqué à Lens alors que se forgeaient déjà les grands mouvements syndicaux, j'avais apprécié aussitôt la magnifique vitalité, le désir de travail de cette population ouvrière. Ce contact était fait pour répondre à mon tempérament, à ma propre volonté d'être utile sur la terre''.

   En mai 1965, il est victime d'une première attaque cardiaque. Malgré cela, après seulement quelques jours, il reprend ses activités au même rythme. Puis, le 4 septembre, son mentor et ami Albert Schweitzer décède, c'est un nouveau coup dur qui attriste encore plus le docteur.

Le 15 mai 1966 verra l’une des dernières sorties officielles du Député-maire de Lens. A quelques centaines de mètres de son hôpital, a lieu l'inauguration de la piscine olympique couverte attendue depuis plus de vingt ans par les jeunes lensois et les clubs de natation (les équipements sportifs n’étaient pas parmi les priorités après la guerre 39-45). Sa construction, envisagée un temps à l'emplacement de celle détruite pendant la guerre (le long du canal, près du Pont de Douai) puis où se trouve aujourd’hui les Stade Léo Lagrange a commencée en juillet 1964 et a coûté finalement 620 millions de francs dont 542 à la seule municipalité qui n'hésite pas à faire connaître le manque de passion de l'Etat dans la construction d'équipements sportifs. Considérée alors comme ‘la plus belle de France’ par le Président de la Fédération Française de Natation, elle est implantée dans les terrains libres de toute construction du nord-est de Lens, là où se dressera bientôt la Grande Résidence.

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  Le jeudi 22 septembre au soir, Ernest Schaffner assiste à une manifestation au cours de laquelle il procède à l’inauguration du Centre d’Examen du Permis de Conduire de Lens puis il rend visite à Jean Michaux, le Directeur du Groupe Lens-Liévin des HBNPC qu’il quitte vers 23 heures. A 65 ans, l’homme est fatigué et malade mais il ne veut pas ralentir ses activités.

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   Le vendredi 23 septembre à 5h30, il est victime d'un nouvel accident cardiaque. Il décède quelques heures plus tard dans sa maison du 11 de l'Avenue Raoul Briquet, accompagné de ses fils et de son ami le docteur Le Toux.

   La fatigue due à une activité débordante, la maladie mais aussi l'attitude de certains des membres de sa famille politique (une réunion a eu lieu quelques jours auparavant au cours de laquelle on a reproché à Ernest Schaffner son attitude vis à vis de la ligne du parti et où le mot 'exclusion' a été prononcé), ont finalement eu raison du Député-maire de Lens.

   Dès 7 h 00, la nouvelle a fait le tour de la ville et sur la façade de l'Hôtel de Ville sont hissés les drapeaux tricolores crêpés de noir. Le lendemain, les journaux régionaux annoncent son décès. ‘Nord-Matin’ titre à la une : ’Le Docteur Schaffner, Député-Maire de Lens, martyr de la science, est mort hier’.

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   Le cercueil est exposé dans le hall de l'Hôtel de Ville, gardé par des légionnaires, des médaillés militaires et des anciens de la Résistance.

   De nombreuses personnalités mais aussi des milliers de lensois humbles et anonymes, mineurs ou non, parfois venus en famille, se recueillent devant sa dépouille pour lui rendre un ultime hommage.

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   Le jour même a lieu une réunion extraordinaire du Conseil Municipal au cours de laquelle, André Delelis, Premier Adjoint prend la parole : 'Nous sommes tous affectés par la disparition brutale de notre Député-Maire Ernest Schaffner. Dans les rues, nous n'avons rencontré que des visages consternés. Les télégrammes reçus prouvent son rayonnement dans notre région, mais aussi en France et dans le monde. Nous sommes les interprètes de la population auprès de sa famille pour lui apporter nos plus vives condoléances'.

  Le 26 septembre en fin de matinée, un immense cortège se forme en ville. Des milliers de mineurs en tenue, plus de 3000 enfants des écoles de Lens fermées en ce jour de deuil se joignent à la famille, aux amis et aux personnalités présentes. Huit véhicules chargés de gerbes de fleurs suivent le corbillard.

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   La cérémonie, dirigée le Pasteur Farelly (qui fut le compagnon d'Albert Schweitzer à Lambaréné) en présence d'un prêtre catholique et d’un rabbin, a lieu en l'église catholique Saint Léger suite à entente entre les deux communautés religieuses, le temple de la rue Victor Hugo étant trop petit pour tant de monde! Plusieurs milliers de lensois qui n'ont pu entrer dans l'église se sont massés sur la Place Jean Jaurès où sont installés des hauts parleurs qui diffusent la cérémonie. Conformément aux vœux du défunt, aucun discourt officiel n'est prononcé.

  Puis le cortège se dirige vers le cimetière-est où le Docteur Schaffner est inhumé dans le tombeau familial auprès de son épouse Céline.

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   Il rejoint ainsi certains de ceux qu’il a soigné et dont il disait: ''Personne ne se rend compte que nos cimetières sont remplis de tombes de silicosés. Elles sont maintenant dans l’oubli général…Nous ne sommes plus que quelques-uns uns à nous souvenir et à respecter leur sacrifice…'' (Bulletin Amichar n° 99 octobre 2010).

   Un de ses confrères écrira un peu plus tard : ''Les hauts postes qu'il occupait, les distinctions dont il a été l'objet, n'avaient pas modifié son comportement : toujours simple, cordial, jovial souvent, il ne demandait qu'à rendre service''.

   Hervé, un ami de la famille trace le portrait du Docteur en ces termes : ''Le Docteur Schaffner affichait, à mes yeux d'enfant, un air souvent bougon d'homme très affairé. Pourtant, j'ai obtenu un jour la preuve que le Docteur trouvait le temps de se distraire. Mon copain Pino (surnom donné au fils cadet de la famille) ayant reçu en cadeau le dernier album de Tintin, il était convenu qu'il me la prête ensuite. Comme je lui réclamai après pas mal de jours, il me répondit que son père n 'avait pas encore fini de la lire. Je rapportai cette déception à table le soir en famille et je vis que cela stupéfia mes parents''.

   Le 30 septembre, le Général De Gaulle, Président de la République, adresse ses condoléances aux enfants d’Ernest Schaffner par un courrier où il écrit : « Je connaissais son patriotisme et aussi son dévouement inlassable pour ses concitoyens de la région de Lens ». Le 3 octobre, le Président de la Chambre des Députés, Jacques Chaban-Delmas, prononce l'éloge funèbre du Docteur Schaffner devant les députés debout.

   Deux ans plus tard l’hôpital de Lens reçoit officiellement le nom de ‘Centre Hospitalier Ernest Schaffner’ et une stèle en hommage au 'Médecin des Mineurs' est érigé dans la cour près de l’entrée située Route de La Bassée.

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  Sur un des côtés de cette pierre on trouve entre l’effigie de ‘l’homme aux bandelettes’ et le blason de la ville de Lens les inscriptions suivantes :

Docteur Ernest Schaffner

1901-1966

Député-Maire de Lens

Conseiller Général

Président de la Commission Exécutive du Centre Hospitalier

Commandeur de l’Ordre de la Santé Publique

Officier de la Légion d’Honneur

Cité à l’Ordre de la Nation

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Un grand merci de la part de la famille Schaffner pour le travail réalisé par « le Lensois Normand ».

Qu'il soit permis de rappeler aux lecteurs de cette biographie cette pensée de Jean Jaurès : « Le premier des Droits de l'Homme c'est la Liberté Individuelle, la Liberté de la Propriété, la Liberté de Pensée et du Travail ».

Ernest Schaffner disait aussi que chez les Non-Marxistes (et Dieu sait s'il l'était), le socialisme est la dénomination générale des partis dits de gauche qui cherchent à rénover l'organisation de la Société en vue de Justice Sociale et de l'émancipation individuelle de chacun dans la Respect de la Dignité ».

Bernard Schaffner

9 juillet 2012