Le Lensois-Normand Tome 4

19 juillet 2016

AVERTISSEMENT

   

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Florent EVRARD, l'homme du Vieux Syndicat

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   Florent Evrard est né dans le hameau de Bellevue à Denain le 13 mai 1851. Il est le fils de Emile Evrard, mineur et de Marie-Josèphe Evrard, née Gras, ménagère. Son grand-père paternel Antoine était également mineur.

   Le jeune Florent, ainé d’une famille de quatre garçons qui deviendront tous mineurs, n’a jamais fréquenté les bancs de l’école. L'instruction obligatoire ne sera instituée que le 28 mars 1882 avec la loi de Jules Ferry.

   A 8 ans, il est engagé par la compagnie des mines d’Anzin. Il travaille avec sa mère à manœuvrer les berlines à l’aide d’une « bricole » (la bretelle que le galibot accroche aux berlines pour les tirer). Deux ans plus tard, il descend dans les galeries où il apprend le métier de mineur de fond.

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   On le retrouve dans les galeries de la fosse Lambrecht dans le village de Wallers. Bien qu’encore adolescent, il est révolté contre la dureté du métier de mineur contre salaire de misère. A l’époque, la durée journalière de travail est de 12 heures et le salaire, dépensé uniquement à la nourriture dans les coopératives de la compagnie minière, est à peine suffisant pour nourrir la famille.

   Lorsqu’arrive la guerre de 1870, il s’engage pour la durée de la guerre au 17e bataillon de chasseurs à pied avec lequel il combattit notamment lors de la bataille de Saint Quentin.

   De retour à la compagnie des mines d’Anzin, il se fait remarquer pour la première fois lors des grèves de 1872 fortement réprimées par l’armée. A la suite de cette grève, de nombreux ouvriers seront licenciés; Florent Evrard est mis à pied pour six mois avec l’approbation d’Adolphe Thiers, Président de la République mais aussi l'un des actionnaires de la Compagnie des Mines d'Anzin.

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   Il déménage alors à Dorignies pour travailler aux mines de l’Escarpelle.

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   Il est alors logé chez les parents de Charles Goniaux, futur député de Douai et président du syndicat des mineurs du Nord.

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   Le 6 décembre 1873, il épouse à Denain à Sophie Duhem, une fille de mineur âgée alors de 15 ans. Ils auront sept enfants  dont  Raoul  et Just qui deviendront plus tard députés du Pas de Calais. Ce dernier épousera Emilienne Moreau, l’héroïne de Loos. Passionné de musique, Florent Evrard fut un temps président de la société de la Lyre Ouvrière d’Onnaing.

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   En 1878, il participe activement à une autre grève dans les mines de l’Escarpelle et est suspendu à nouveau. Il rejoint alors une autre compagnie, celle de Béthune où il milite auprès de ses collègues afin qu’ils se battent contre l’exploitation dont ils sont victimes.

   Il rentre ensuite à Denain où il ouvre un commerce « estaminet et coiffeur ». Il sympathise avec un de ses clients, Henri Lerat, qui lui apprend à lire et à écrire.

   Sa rencontre en 1882 avec Emile Basly va être un tournant dans sa vie active. Avec lui, il arpente les carreaux des fosses afin de mobiliser les mineurs et de les inciter à se regrouper pour se défendre.

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   Le 20 février 1884, dans la compagnie des mines d’Anzin, 1500 mineurs votent la grève illimitée. Rapidement et violemment réprimé se termine par une défaite des syndicats qui n’ont rien obtenu de la compagnie. Celle-ci licencie près de 150 mineurs dont les familles sont expulsées des corons.

   Le café de Florent Evrard se vide, les mineurs n’osent plus s’y afficher de peur de représailles. F. Evrard doit le vendre. Pour subvenir aux besoins de la famille, il accepte ensuite nombre de petits boulots : surveillant dans une école de dessin, manœuvre dans un atelier, terrassier … Emplois d’où il est rapidement congédié dès que son passé de syndicaliste-mineur est connu. De nouveau licencié d’un poste de courtage dans une maison de crédit de Valenciennes, il décidé alors de quitter le hameau de Bellevue pour Meurchin où son frère Louis est mineur de fond.

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   Embauché contre la promesse de « se tenir tranquille », Florent Evrard devient président de la section de Meurchin du Syndicat des Mineurs en 1889, est élu délégué en 1890 puis secrétaire général du syndicat du Pas-de-Calais en 1892.

   Florent Evrard entreprend également une carrière dans la vire publique. De 1889 à 1892, il est conseiller municipal à Bauvin (Nord). Puis, ayant rejoint la capitale du Pays Minier, il est élu en 1900 conseiller municipal à Lens puis conseiller d’arrondissement du canton de Lens-Est en 1904. A Lens est construit un « hospice pour les vieux » dont Florent Evrard est nommé administrateur en 1901.

 

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   De lui, son fils Raoul disait : « Mon père était un homme sensible et sentimental que l’injustice faisait souffrir. Il aurait remué ciel et terre pour faire plaisir à un ami. ».

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   Après les grèves qui ont fait suite à la catastrophe des mines de Courrières de 1906, il s’oppose à son ami Emile Basly. Partisan de l’union de tous les mineurs, il prône le rapprochement des deux centrales, le ‘vieux syndicat’ dirigé par Basly et le ‘jeune syndicat’, issu de la CGT de Benoit Broutchoux. Finalement, la réunification aura lieu en 1911.

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   Le 14 janvier 1907, Florent Evrard est fait chevalier de la Légion d’Honneur au titre du ministère du travail.

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   En 1912, Florent Evrard doit ralentir ses activités, son cœur est fatigué par toutes ces années de lutte. En octobre 1914 lors de l’invasion allemande, Emile Basly l’oblige à quitter Lens pour Béthune. Bien que malade, il travaille avec la sous-préfecture pour porter assistance aux réfugiés qui fuient les zones de combat. Il continue à participer aux réunions du Syndicat des Mineurs du Pas-de-Calais qui ont lieu à Bruay-en-Artois jusqu’en septembre 1916 quand le couple se réfugie chez leur fille à Paris.

   En décembre, Florent Evrard et alité, malade. Il décèdera le 20 janvier 1917 au n°7 de la rue de la Goutte d’Or.

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   Sa dépouille fut ramenée à Lens à la fin du conflit afin de la faire inhumer au cimetière Est de Lens-Sallaumines.

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   Le 5 avril 1954, le nom de Square Florent Évrard est donné au rond-point de l’avenue Van-Pelt. Il sera débaptisé lors du déplacement du monument aux morts en 1972 et la statue dédiée à Florent Evrard déplacée rue Anatole France au square Choquet….

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   Où régulièrement les lensois les autorités locales lui rendent hommage comme ici en 1986.

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04 avril 2015

Le martyre du Docteur Shaffner

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   L’article suivant n’est pas de moi. Il est la reproduction intégrale d’un reportage paru dans le journal DETECTIVE n°465 du 30 mai 1955. Le texte est de Madame Madelaine Laure et les photos de M. Pevsmer.

   Sœur Sainte-Claire est désolée. Sœur Sainte-Claire fonce un front habituellement serein.

-     Docteur, vous n’êtes pas raisonnable. Docteur, vous me faites encore 38°5. Docteur, il ne faut plus voir personne.

-     Mais oui, ma sœur, mais oui, vous avez raison. Je vais me reposer.

   Sœur Sainte Claire sourit, tapote l’oreiller, effleure d’un doigt léger les mais mutilées qui reposent sur le drap, sort et reviens.

-     Docteur, c’est la petite Marie-Thérèse Doult. Elle porte dans ses bras un pot d’hortensia plus lourd qu’elle, mais elle ne veut le donner qu’à vous …

-     Mais voyons ! Faites la vite entrer. Elle va attraper une hernie !

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-    Docteur, vous m’aviez promis …

-    Mais voyons, ma sœur ! C’est ma filleule. Et puis elle n’a que 5 ans. Comment voulez vous expliquer à une enfant de 5 ans que je ne peux pas l’embrasser ? Vous sauriez, vous ?

Vedette involontaire

   Non, Sœur Sainte-Claire ne saurait pas, elle non plus. Elle hoche la tête en soupirant. Elle n’a jamais eu autant de soucis avec un patient. Et aussi parce qu’il est trop aimé.

   C’est comme ça tout le temps.

   La température du docteur Schaffner monte parce que les cœurs autour de lui sont trop chauds.

-        Ce matin, je l’ai rasé en quatre fois, dit M. François Pieckowjack, le coiffeur de l’hôpital. Il y avait toujours quelqu’un qui venait prendre de ses nouvelles. Et naturellement, il refusait de le faire attendre …

-        Docteur, des reporters de Détective.

-        Faites les entrer.

-        Mais docteur, vous avez eu assez de photos et d’articles comme ça. Ma parole, vous devenez comme une vedette de cinéma !

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   Le Docteur sourit. Son magnifique regard se voile d’une merveilleuse douceur. Oui, il a eu assez de photos et d’articles, et même beaucoup trop à son goût.

   Non, il ne se prend pas pour une vedette, bien que ses pauvres mains mutilées aient éclipsé dans la presse une impressionnante histoire d’amour franco-hollywoodienne. Il aimerait bien qu’on ne parlât pas tant de lui, simplement parce qu’il a fait son devoir. Il aimerait bien avoir la paix et penser, puisqu’il en a enfin le loisir, aux problèmes qui le préoccupent.

   Mais il sait bien que l’élan des cœurs envers son martyre accepté part de sources nobles. Il sait bien qu’on a besoin d’exemples comme le sien pour ouvrir les yeux des jeunes gens sur le vrai sens de la vie. Il sait aussi qu’un refus semblerait plus orgueilleux qu’une humble acceptation des servitudes de son apostolat et qu’il décevrait ceux qui l’aiment, l’admirent et veulent le voir glorifier. Et puis …

-     Ils ont été si gentils à Détective. Ils ont été les premiers à parler de notre hôpital, de notre directeur (1) et de moi-même la semaine dernière. Et puis ces reporters font leur métier, ma sœur. Peut-on empêcher quelqu’un de faire son métier ?

Dévoré vif

   Oui, nous faisons notre métier. Il nous déchire le cœur souvent et nous apaise quelques fois. Dans la chambre claire et encombré de fleurs de l’hôpital fleuri dont nous avons déjà parlé pour vanter l’exceptionnelle direction, c’est la sensation de paix qui enveloppe l’émotion douloureuse.

   L’homme qui est là vient de subir sa dix-septième opération en dix ans.

   Dès 1928, il savait qu’il serait déviré vif, lambeau de chair par lambeau de chair.

  Il venait d’être nommé médecin-chef des dispensaires d’hygiène sociale de la région de Lens. Il renonçait en même temps à son alsace natale qu’il aimait si fort et à sa propre sécurité. Il entrait en lutte avec le terrible mal qui frappe les mineurs : la silicose. Pour la combattre, il fallait la déceler à temps grâce à l’examen radioscopique. A cette époque, les appareils de radio n’étaient pas protégés. Il savait que les radiations meurtrières attaqueraient ses mains, jour après jour, sans merci. Il savit aussi que, plus dangereux encore, les rayons mous émis par les malades achèveraient l’œuvre de nécrose.

  En 1929, il fut nommé médecin-chef de l’hôpital.

  Depuis, il a opéré, à trois cents par jour, plus d’un million de radioscopies dont chacune accélérait le lent cheminement de son mal.

  Mais, grâce à lui, des milliers d’hommes vivent.

‘’Tant que j’ai des yeux…’’

   Il dormait quatre heures par nuit, mangeait à des heures impossibles, travaillait sans cesse. Mais grâce à lui des milliers d’hommes connaissent encore la douceur d’embrasser leurs femmes et leurs enfants.

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-     Docteur, deux galibots veulent vous voir …

-     Faites les entrer.

   Deux galibots (apprentis mineurs) sont là. Ils s’appellent Paul Parent et François Pieckowiack.

   Ils apportent des fleurs et une lettre de tous les galibots :

       ‘’ Monsieur le Docteur Schaffner, nous avons appris avec une émotion profonde votre hospitalisation. Nous savons avec quel dévouement, depuis de longues années, vous soignez nos papas …. ‘’

-     Travaillez bien mes petits, dit le docteur, et dites vous que la vie ne peut être belle que si on est utile.

-      Oui, Docteur. Nous n’oublierons pas.

   Ils n’oublieront jamais que l’homme qui est là a donné ses doigts, l’un après l’autre, pour sauver leurs papas.

   Il y a dix ans, on lui a fait la sympathectomie du bras gauche. C’est une opération, qui tente de stopper la névrose. Elle n’empêcha pas l’amputation de l’index, en trois fois, et du médium, en trois fois aussi. Et puis, en 1950, le petit doigt et l’annulaire ont sauté à leur tour.

   Il ne reste plus, de la main gauche, qu’une paume que ronge l’inexorable mal.

   Et puis, le lundi 16 mai, nouvelle sympathectomie, au bras droit, toujours pour tenter d’enrayer la nécrose qui menace la main droite d’amputation.

   Cela ne change rien. Comme l’autre, la main droite sera amputée, phalange après phalange, doigt après doigt.

   Le Docteur Schaffner le sait. Il ne s’en émeut pas …

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-    Tant que j’ai mes yeux pour voir une radiographie …

   Son ainé, Yves, 19 ans, étudiant en médecine, a tenté d’assister à l’opération pour obéir à la volonté de son père. Mais quand le Docteur Schaffner l’a vu blêmir son fils, quand il a senti au seuil de la défaillance, il a dit :

-     Non. La prochaine fois, tu seras plus aguerri.

   Il a trois autres enfants : Jacqueline, 17 ans, qui veut être pharmacienne ; Bernard, 12 ans, qui rêve de plaider en grande robe noire ; et Claude, dit Pinocchio (2), qui désire lui être instituteur.

-     Docteur, il y a une délégation de pompiers. Et puis 4 mineurs de la fosse 14 que vous avez soignés et guéris …

-     Faites entrer.

   Tout Lens voudrait venir au chevet de son bienfaiteur.

   Il est conseiller général, il est maire. Il est avant tout, par-dessus tout, docteur. Compréhensif, humain et de bonne volonté dans toutes ses fonctions.

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   Et on l’aime, et on le respecte, et on pleure ses doigts perdus comme si c’était ses propres doigts.

 

   Mais lui, il sourit :

-     Une vie d’où le risque est absent ne vaut pas d’être vécue. Une vie qui ne comporte pas l’amour des autres hommes est bien misérable …

   On ne saurait dire mieux, ni plus simplement.

(1) Le directeur de l'hôpital de Lens était Monsieur Pierre Morlé

(2) En réalité, le surnom de Claude était Pino. Il est décédé en juillet 2014 (http://lelensoisnormandtome3.unblog.fr/2014/07/18/pour-pino/ )

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13 janvier 2015

ILS SONT LENSOIS ET LENSOISES

             Dans cet article, nous vous présentons plus de trente lensois et lensoises qui, dans des disciplines différentes, se sont fait remarquer au niveau national ou même mondial. Alors, allons à la rencontre de ceux qui peuvent n'être encore pour certains que d'illustres inconnus !

 

Anne Andrieux

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    Anne Andrieux est une joueuse de volley-ball née le 21 avril 1979 à Lens. Elle débute sa carrière à Liévin en 1992 puis au Volley Club de Harnes un an plus tard. En 1996, elle signe son premier contrat professionnel avec le club de Clamart où elle reste licenciée pendant trois ans.

   Après dix saisons passées dans le club d'Albi avec lequel elle dispute 39 matches de Coupe d’Europe, elle décide de mettre un terme à sa carrière en mai 2009.

    Elle compte quatre-vingts sélections en équipe de France dont elle fut à plusieurs reprises la capitaine.

 

Dominique Bailly

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            Né à Lens le 2 janvier 1960, Dominique Bailly est fonctionnaire des impôts. Membre du Parti socialiste, il obtient son premier mandat en 1998 en étant élu Conseiller Général du Nord-Pas-de-Calais. Réélu en 2004, il prend la tête du groupe socialiste.

            Il se présente quatre fois (1993, 1997, 2002 et 2007) aux élections législatives dans la sixième circonscription du Nord sans jamais être élu.

            En 2001, il devient adjoint au maire d'Orchies et président de la communauté de communes d'Orchies-Beuvry-la-Forêt. Il est élu maire d'Orchies en novembre 2005 (et réélu en 2008 et 2014) puis sénateur le 25 septembre 2011. Au Sénat, il est élu questeur en 2014.

 

José Beyaert

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            José Beyaert est né à Lens le 1er octobre 1925 (dans la cité de la fosse 4). Il a été coureur cycliste professionnel de 1949 à 1953 après avoir débuté le métier de cordonnier. Son père, d’origine flamande, est venu dans le Pas-de-Calais pour y trouver un emploi de mineur.

            En 1948, Beyaert est sélectionné en équipe de France pour les Jeux Olympiques de Londres. Il apporte à la France une médaille d’or à l’issue des 194,6 kilomètres de la ‘poursuite individuelle’ (course de route aujourd’hui). Alors qu’il reste moins d’un kilomètre à courir, José Beyaert saisit sa chance et attaque sur une toute petite bosse. Ses adversaires ne le rattraperont pas. Le lensois d’à peine 23 ans est sacré champion olympique avec trois secondes d’avance.

            Sa carrière professionnelle n’est pas restée dans les mémoires : vainqueur d’un Paris-Saint Valéry en Caux et d’un Critérium de l’Echo d’Alger en 1949, du Grand Prix Helyett, des grands Prix d’Isbergues, de Boulogne et d’Avignon en 1950 mais aussi du Tour de Colombie 1952 (en remportant 5 victoires d’étape). Il participa à deux Tours de France (47ème en 1950 et éliminé lors de la 7ème étape en 1951).

            Après le Tour de Colombie 1952, il s’installe dans ce pays à la demande du gouvernement de l’époque et s’occupe de la formation de jeunes cyclistes. C’est grâce à lui que les premiers coureurs colombiens ont découvert l’Europe. En parallèle, le médaillé olympique ouvre avec sa femme Louisette, un café à Bogota.

            La suite de sa vie fut moins glorieuse. D’après Matt Rendell, auteur d’un livre consacré à ‘’Beyaert Olympic Gangster’’, lié à la mafia locale, il aurait été mêlé à du trafic de drogue et même été à l’origine de plusieurs meurtres. Il aurait été ami avec le criminel colombien Pablo Escobar.

            De nombreuses zones d’ombres planent sur sa vie de José Beyaert en Amérique du Sud. Au début des années 2000, il décide de rentrer en France pour échapper aux poursuites et peut-être à des menaces de mort. Il meurt en 2005 à La Rochelle.

            José Beyaert avait un frère plus jeune, Georges, né à Lens le 11 novembre 1927, qui fut coureur cycliste professionnel pendant trois saisons mais dont le nom ne figure dans aucun palmarès.

 

Claude Brosset

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            Claude Brosset n’est pas né à Lens mais y a passé toute sa jeunesse. Né le 24 décembre 1943 à Juvisy-sur-Orge, il rejoint rapidement Lens où il est élevé par ses grands parents qui habitent rue de la Perche.

            Il est scolarisé à l’école Carnot où il se fait remarqué plus par son talent de boxeur dans la cour de récréation que par les notes que lui donnent ses instituteurs.

            Claude Brosset  se destine très tôt au métier de comédien. A 15 ans, il quitte Lens pour la capitale où, après avoir exercé plein de petits boulots, il entre au conservatoire national d'art dramatique, où il est l'élève de Fernand Ledoux. Il obtient le 1er prix de comédie classique, le 1er prix de comédie moderne et le 2e prix de tragédie.

            Passionné de football, il est un fervent supporter du RCL et joue dans l’équipe des Polymusclés (association créée en 1962 dont la raison est de venir en aide aux enfants handicapés) avec entre-autres Jean-Paul Belmondo, Claude Brasseur, Sacha Distel ou Michel Drucker.

            À 20 ans, il interprète son premier rôle dans le feuilleton ‘Les Joyeuses Commères de Windsor’ de Lazare Iglesis. Il va jouer ensuite dans plus d'une centaine de films pour le cinéma et à la télévision. Les années 1970 sont marquées par sa rencontre avec son partenaire et ami Jean-Paul Belmondo, avec qui il tournera ‘Le Corps de mon ennemi’ et ‘L’Alpagueur’ en 1976, ‘Flic ou voyou’ en 1979 ou ‘Le Marginal’ en 198.

            Sur le petit écran, on se souvient de lui dans ‘Les Rois maudits’ en 1972, ‘Graine d'ortie’ en 1973, ‘Ardéchois cœur fidèle’ en 1974, ‘Sans famille’ en 1983, ‘Félicien Grevèche’ en 1986 ou ‘La Rivière Espérance’ en 1993 et les séries policières ‘Nestor Burma’, ‘Commissaire Moulin’, ‘Navarro’, ‘Une femme d'honneur’ ou encore ‘Maigret’.

            On peut aussi le voir ensuite dans quelques comédies comme ‘Les Ripoux’, ‘Je te tiens, tu me tiens par la barbichette’ ouLe Radeau de la Méduse’.

            Son dernier personnage était un rôle de ministre dans la suite de ‘Gomez VS Tavarès’ en 2006.

            Claude Brosset est décédé le 25 juin 2007 à Pontoise des suites d’un cancer. Il est enterré au cimetière du Père Lachaise à Paris.

 

Nicolas Bucher

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            Nicolas Bucher est né le 30 novembre 1975 à Lens. Il débute l’orgue à Arras puis au conservatoire à rayonnement régional de Lille. Il poursuit ensuite ses études musicales auprès de Jean Ferrard, au Conservatoire royal de Bruxelles où il obtient les premiers prix d’orgue, d’écriture et d’histoire de la musique.

            En 1997, il entre au conservatoire national supérieur de musique de Lyon et obtient le diplôme national d'études supérieures musicales en juin 2000.

            Organiste successivement à Lens, Marcq-en-Barœul et Lyon (cathédrale Saint-Jean), Nicolas Bucher a succédé, en 2002, à Michel Chapuis à la prestigieuse tribune de Saint-Séverin à Paris.

Fondateur et directeur artistique de l’ensemble « Les Résonances , il est professeur d’orgue dans plusieurs écoles de musique. Nicolas Bucher a dirigé le conservatoire à rayonnement départemental d'Arras de 2005 à 2007.

            En septembre 2007, il devient directeur des études musicales au conservatoire national supérieur de musique de Lyon.

 

André Capron

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            André Capron est né le 30 décembre 1930 à Lens. Il est docteur en médecine. Il est membre de l'Institut depuis 1988 et a été délégué aux relations internationales de l'Académie des sciences de 2003 à 2007. Il a été chef du service d'immunologie au CHU de Lille (1970-2000), professeur à l'université de Lille (1970-2000), directeur du centre d'immunologie et de biologie parasitaire à l'Institut Pasteur (1975-2001) , directeur de l'Institut Pasteur de Lille (1994-2000). Il est professeur émérite à l'université de Lille et directeur honoraire de l'Institut Pasteur de Lille.

            André Capron a été président du conseil scientifique de l'Inserm (1987-1991), président du conseil d'administration de l'ANRS (1999-2002), président du comité stratégique régional de recherche en biologie et santé (depuis 1993), membre du conseil scientifique de l'École normale supérieure (depuis 2001). Il est, depuis 2006, président du Groupe Inter-Académique pour le Développement et également directeur général honoraire de l'Institut Pasteur de Lilleet membre de l’Académie Nationale de Médecine de France.

            André Capron a consacré l'ensemble de sa carrière scientifique à l'étude de la biologie des parasites et au développement de nouvelles stratégies de prévention des grandes endémies parasitaires, notamment les bilharzioses. Parallèlement à ses activités de recherche, il a pris une part active au développement de la recherche biomédicale dans les pays en développement.

 

Claude Dubaële

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            Claude Dubaële est né le 19 janvier 1940 à Lens. Footballeur professionnel, il ne joua cependant jamais dans le club de sa ville de naissance. Il débute sa carrière dans la grande équipe du Stade de Reims, à la fin des années 1950. Il est le plus souvent remplaçant dans cette équipe où on trouve Just Fontaine, Jean Vincent, Raymond Kopa ou Roger Piantoni. Il fait cependant partie de l’effectif et compte donc à son palmarès trois titres de champion de France en 1958, 1960 et 1962.

            En 1964, il rejoint le Stade de Rennes, Dubaële s’y fait remarqué en marquant son premier but sous ses nouvelles couleurs dès la deuxième minute de son premier match. En 1965, il remporte la coupe de France.

            En 1966, il quitte Rennes pour Angers où il jouera pendant quatre années pour un nouveau titre de champion de France (deuxième division) en 1969. Il terminera sa carrière de footballeur par Lille (71 à 74) et Le Mans en 1975.

            Il sera ensuite entraîneur notamment à Rennes de 1975 à 1978.

 

Tom Duquesnoy

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           Tom Duquesnoy est né le 21 juin 1993 à Lens. Il pratique les arts martiaux mixtes (en abrégé MMA), un sport de combat pied-poings où tous les coups (ou presque) sont permis. Il débute dans la discipline à l'âge de 12 ans dans le club du Cercle de lutte Hercule à  Calonne-Ricouart où il est formé par Daniel Jacob, multiple champion de France de lutte.

            En 2011, Tom Duquesnoy décide après l'obtention de son baccalauréat littéraire de mettre ses études de côté pour se consacrer à sa vocation : le combat libre. Il est alors le numéro un français en 2013 chez les poids plume.

            À 19 ans, il s'installe définitivement à Paris pour commencer sa carrière professionnelle dans le club de ‘Kajyn’. La première année, il obtient quatre victoires pour ses quatre premiers combats et il est élu « révélation de l'année 2012 ».

            Surnommé dans son milieu ‘Tom Fire Kid’, il est champion de France de MMA en 2013 et du monde 2014, année où il est classé n°1 mondial des moins de 21 ans.

En 2011, Tom Duquesnoy décide après l'obtention de son baccalauréat littéraire de mettre ses études de côté pour se consacrer à sa vocation : le combat libre. Il est alors le numéro un français en 2013 chez les poids plume.

            À 19 ans, il s'installe définitivement à Paris pour commencer sa carrière professionnelle dans le club de ‘Kajyn’. La première année, il obtient quatre victoires pour ses quatre premiers combats et il est élu « révélation de l'année 2012 ».

            Surnommé dans son milieu ‘Tom Fire Kid’, il est champion de France de MMA en 2013 et du monde 2014, année où il est classé n°1 mondial des moins de 21 ans.

            En 2011, Tom Duquesnoy décide après l'obtention de son baccalauréat littéraire de mettre ses études de côté pour se consacrer à sa vocation : le combat libre. Il est alors le numéro un français en 2013 chez les poids plume.

            À 19 ans, il s'installe définitivement à Paris pour commencer sa carrière professionnelle dans le club de ‘Kajyn’. La première année, il obtient quatre victoires pour ses quatre premiers combats et il est élu « révélation de l'année 2012 ».

            Surnommé dans son milieu ‘Tom Fire Kid’, il est champion de France de MMA en 2013 et du monde 2014, année où il est classé n°1 mondial des moins de 21 ans.

 

Just ÉVRARD

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            Anselme, Just, Piat Evrard est né le 31 mai 1898 à Lens. Il est le fils de Florent Évrard (secrétaire du syndicat des mineurs de Lens) et le frère de Raoul Évrard (qui fut député du Pas-de-Calais),tous deux nés à Denain.

            Il adhère à la SFIO dès l’âge de 15 ans. En 1924, il est désigné comme secrétaire général adjoint des jeunesses socialistes puis, en 1939, secrétaire fédéral adjoint du Pas-de-Calais.

            Il exerce le métier de voyageur de commerce et terminera sa carrière professionnelle comme directeur commercial.

            Lorsque la seconde guerre mondiale éclate, il entre très tôt dans la Résistance dans le réseau ‘Brutus’ avec sa femme, Emilienne Moreau, ‘l'héroïne de Loos’ qu’il a épousé en 1932. Arrêté par la Gestapo, il est détenu de septembre 1941 à avril 1942 à la prison de Loos-lès-Lille.

            Il reprend ses activités dans la résistance et rejoint la  Haute-Savoie avec mission de faire passer des hommes et des fonds par la frontière franco-suisse. Plus tard, il rejoint Londres.

            Il quitte la France pour Londres puis Alger où il fait partie de l'Assemblée consultative provisoire à partir du 9 novembre 1943.

            Le 21 octobre 1945, il est élu à la première Assemblée Constituante sur la liste SFIO conduite par Guy Mollet et réélu les 2 juin  et 10 novembre 1946. Dans la nouvelle assemblée, il siège à la Commission de la défense nationale (1946 à 1951) et fait également partie de la Commission des moyens de communication (1946). Just Evrard soutient le Gouvernement Ramadier lors de la crise avec les ministres communistes (4 mai 1947), approuve le projet de loi sur le statut de l'Algérie (27 août), vote pour la nationalisation des écoles des Houillères (14 mai 1948).

            Il est également nommé juré à la Haute Cour de justice en 1947, 1948 et 1949.

            Les élections du 17 juin 1951 le portent de nouveau à l'Assemblée. Just Evrard est nommé membre de la Commission des affaires économiques (1951 à 1955) dont il est élu secrétaire en 1951. Il participe à l’élaboration du projet de loi relatif au 2e Plan, concernant le canal du Nord et les houillères du Pas-de-Calais.
            Après avoir voté l'investiture de Pierre Mendès France, il approuve les accords de Genève qui mettent fin aux hostilités en Indochine.

            Lors des élections anticipées du 2 janvier 1956, Just Evrard est réélu député. Il dépose deux propositions de loi relatives aux attributions gratuites de charbon et aux retraites ouvrières.

            En juin 1958, Just Evrard fit partie des parlementaires socialistes qui investirent le général de général de Gaulle et qui lui donnèrent les pleins pouvoirs pour mettre en œuvre la révision constitutionnelle.
            En novembre 1958, Just Evrard fait campagne dans sa 11ème circonscription du Pas de Calais, qui comprend sa ville natale de Lens, en soulignant le ralliement de Guy Mollet au général de Gaulle et en rappelant son propre engagement dans la Résistance. Il est réélu député devant la candidate communiste Jeanette Prin.

            En 1959, il réclame des mesures pour faire face au chômage qui touche le bassin minier et pour le reclassement des mineurs et demande la création d’un bureau de conversion et de développement industriel pour accompagner la fermeture des puits.

            En novembre 1962, il est battu par Jeannette Prin et perd son siège de député.
            Il participe encore à quelques réunions dans le Pas-de-Calais,se retire peu à peu de la vie politique et décède le 9 février 1972 à Lens. Il est enterré avec son épouse Emilienne au cimetière est de Lens.

            Just Evrard était Officier de la Légion d'honneur, titulaire de la Croix de guerre et de la rosette de la Résistance.

 

Élise Fagnez

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          Élise Fagnez est née le 4 mars 1995 à Lens. Après s’être essayée au volley-ball, elle débute le basket-ball au RC Lens Basket mais rejoint le club d’Arras dès la catégorie ‘minimes’. En 2012, elle part à  l'INSEP (Institut national du sport, de l'expertise et de la performance) à Paris.

        Elle signe son premier contrat professionnel à l'été 2014 dans le club de l'Entente Sportive Basket de Villeneuve d'Ascq où elle joue au poste de pivot dans l'équipe des moins de 20 ans.

           Sélectionnée à plusisuers reprises en équipe de France, elle est championne d'Europe de la catégorie des moins de 18 ans en 2012 et des moins de 20 ans en 2014. Elle remporte également la médaille d'argent aux championnats du monde des moins de 19 ans en 2013.

           Titulaire du BAC S, elle poursuit des études par correspondance pour être auxiliaire puéricultrice.

 

Charles Frémicourt

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            Charles Frémicourt est né le 27 septembre 1877 à Lens d’un père ‘marchand de fer’.

            Etudiant à la faculté de droit de Lille, c’est dans cette ville qu’il est nommé en 1902 juge suppléant puis rejoint la Cour de Justice de Douai.

            Après la première guerre mondiale, il est nommé à Paris comme substitut au tribunal de la Seine.

            Directeur de cabinet du Garde des Sceaux Barthou dans les années 20 puis Président du Tribunal de la Seine, il devient en 1936 procureur général et un an plus tard premier Président de la Cour de cassation.

           Le 16 juin 1940, il est nommé comme Garde des sceaux dans le gouvernement Philippe Pétain, le dernier de la Troisième République mais démissionne le 10 juillet lors de la promulgation de la loi constitutionnelle donnant la plein pouvoir à Pétain. Il retrouve alors son poste à la Cour de cassation.

            À la Libération, il perd son poste de premier président, arrêté et inculpé en tant que ministre pétainiste. De nombreux témoignages attestent de son appartenance à la Résistance. Il est amnistié le 8 février 1947 et réintégré par un arrêt du Conseil d’Etat du 4 juin 1947.

            C’est lors d’un séjour dans sa propriété de Béthencourt près de Cambrai qu’il décède subitement le 16 juillet 1967à l’âge de 90 ans.

 

Gérard Fussman

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            Gérard Fussman est né le 17 mai 1940 à Lens. C’est un historien, enseignant français, passionné de l’histoire du monde indien.

            En 1958, Gérard Fussman est élève à l'école normale supérieure. Il  obtient en 1962 l’agrégation de lettres classiques.

            Il part alors en Afghanistan avec  la Délégation Archéologique Française puis, en 1965, est professeur de français dans un lycée de Phnom Penh au Cambodge.

          Il revient en France en 1967. Il est alors professeur de lettres classiques puis attaché de recherches au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) jusqu’en 1972.

            Cette année là, il obtient son doctorat d'état ès lettres. De 1972 à 1984, Il enseigne alors le sanskrit (une langue indo-européenne) à l'université de Strasbourg où il est également directeur de l'Institut d'Études Sud-Asiatiques de l'université des sciences humaines avant d’obtenir en 1984  la chaire d'Histoire du monde indien du Collège de France.

            Il est auteur de nombreux ouvrages tels ‘Le Trésor monétaire de Qunduz’ en 1965 (suite à son séjour en Afghanistan) ; ‘L’atlas linguistique des parlers dardes et kafirs’ en 1972 ; ‘Naissance et déclin d’une qasba ‘ en 2003 ou encore ‘Monuments bouddhiques de la région de Caboul’ en 2008.

 

Michel Graillier          

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           Michel Graillier est né le 18 octobre 1946 à Lens. Dès l’âge de quatre ans, ses parents lui font apprendre le piano classique.

            Adolescent, il assiste à des concerts de Johnny Halliday et des Chaussettes Noires à l’Apollo de Lens. Ceci lui donne l’idée de créer en 1964 un groupe ‘yéyé, les Chaps. Dans cette formation, il joue de la batterie.
            Il suit ensuite des cours d’ingénieur à l’ISEN de Lille. Là, il fait la connaissance de Didier Levallet qui l’initie à la musique de jazz.

            En 1968, il est titulaire du diplôme d’ingénieur en électronique. Il s’installe à Paris où il se met à jouer dans des clubs comme ‘le Caméléon’. Il enregistre son premier disque en 1969 avec Steve Lacy.

            Michel Graillier est au tout début de sa carrière. En un temps record il réussit à faire l’unanimité autour de son nom. En grande partie grâce au violoniste Jean-Luc Ponty, qu’il accompagnera pendant 3 ans.
Son premier disque en tant que leader ’Agartha’ sort en 1970. Après avoir un temps arrêté la musique parce qu’il se sentait ‘trop nul’, il est contacté en 1972 par le batteur Christian Vander qui l'engage dans son groupe « Magma ».

            Pendant presque dix ans, Michel Graillier est l’accompagnateur privilégié du trompettiste américain Chet Baker. Celui qui se fait surnommé ‘Mickey’ dans le milieu, donne de nombreux concerts en duo ou en trio. Il accompagne aussi Maxime Le Forestier ou Eddy Mitchell. Il est lauréat du prix Django Reinhardt attribué par l'académie du jazz en 1978.

               Il reçoit le prix Charles-Cros en 1983, le grand prix du disque et le prix Boris Vian de l’académie du jazz en 2000.

            En octobre 2000, il enregistre avec Riccardo Del Fra son dernier album ‘Soft talk’ que la critique résuma ainsi : « Deux funambules de l'improvisation qui pratiquent le "parler doux" ("soft talk")... Conversation intime et intense : leur musique tutoie le silence. Mélodies raffinées, harmonies comme en demi-teinte, couleurs diaphanes... »

            Michel Graillier meurt le 11 février 2003 à l’âge de 57 ans après une longue maladie.

           Dans un entretien qu’il donna en 2000, il se souvient de son enfance dans notre ville : « Tout petit, j’ai vu les mineurs, avec leurs lampes et leurs casques. Ces gens étaient un peu pour moi des demi-dieux. Ils passaient toute leur journée, dans des conditions effroyables, à mille mètres sous terre pour ramener du charbon afin que les gens se chauffent l’hiver. Il y a quelque chose de beau là-dedans ».

 

André Hornez

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            André Hornez est à Lens né le 12 mai 1905.  Il se destine tout d'abord à l'architecture puis devient le secrétaire de l'auteur-compositeur Saint-Granier, alors directeur de Paramount Pictures pour la France pour qui il écrit les textes de ses revues.

            Parti chercher fortune aux USA, il a écrit des scénarios pour la firme Paramount Pictures.

           Au milieu des années 1930, plusieurs de ses chansons connaissent le succès comme ''Ça vaut mieux que d'attraper la scarlatine'' pour l'orchestre Ray Ventura et ''Tant qu'il y aura des étoiles'' pour Tino Rossi.

            Il est aussi l’auteur d’un véritable succès mondial, ''C'est si bon'' qui chanson a été chantée par la chanteuse belge Angèle Durand , Yves Montand, Eddie Constantine, Arielle Dombasle et la chanteuse québécoise Nicole Martin.

            Il est aussi l’auteur de la chanson ‘’Tralala’’ interprétée par Suzy Delair dans Quai des Orfèvres en 1947. André Claveau (Malgré tout), Lucien Jeunesse (Si la brise) et Line Renaud (Ni pourquoi, ni comment) furent aussi ses interprètes. En 1936, il faut co-scénariste du film « Les favoris ».

            On lui doit le texte et les chansons du film ''Quai des Orfèvres'' et des livrets d'opérettes ''Baratin'' et ''La Petite Chocolatière''.

            Il fut le premier à utiliser le mot ‘zazou’ dans la chanson ‘Je suis swing’ (composée en 1938 sur une  musique de Johnny Hess).

            C’est au Perreux-sur-Marne qu’André Hornez est décédé le 9 mars 1989 à l’âge de 83 ans.

 

Andrée Hyvernaud 

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            Andrée Hyvernaud , née Derome a vu le jour en décembre 1910 à Lens. Elle épouse l'écrivain Georges Hyvernaud en 1936. Professeure d'anglais en collèges puis à l’école normale d’Instituteurs d’Auteuil, elle se passionne pour la littérature et le théâtre.

           Elle écrit surtout des poésies et publie ‘Transparences’ en 1976 ; ‘Au bord des mortes eaux’ en 1999. Dans un tout autre domaine, elle est aussi l’auteure de ‘Système financier européen et réglementation prudentielle’ en 2000

            Elle est décédée le 8 mars 2005 à l’âge de 95 ans.

 

Claude Leclercq

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            Claude Leclercq  est né le 16 octobre 1914 à Lens. A sa sortie de l'École polytechnique, il est ingénieur de l'artillerie navale avant d’entrer au bureau d'études du constructeur automobile Citroën.

            Chef de cabinet d’André Morice, ministre des Transports de mars 1952 à juin 1953, il est secrétaire général du Conseil supérieur des transports de 1952 à 1956.

            Membre du Parti Radical, il est élu député de la Seine en 1956. À l'Assemblée, en 1957, il est vice-président de la Commission des moyens de communication et du tourisme et membre de la Haute-Commission de l'organisation commune des régions sahariennes en 1957.

            Il sera aussi président de la commission des affaires culturelles de la fédération radicale de Paris en 1966 et membre du comité directeur du Parti radical de 1966 à 1968.

            Claude Leclercq est décédé le 6 juillet 1978 à Paris.

 

Daniel Leclercq

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            Daniel Leclercq n’est pas né à Lens mais a fait tant partie du paysage du club de football local que l’on peut l’inclure dans cette liste. Né le 4 septembre 1949 à Trith-Saint-Léger, il signe sa première licence de footballeur à l’US Valenciennes dès l’âge de 9 ans après avoir été repéré dans un tournoi de jeunes par Léon Desmenez. Il reste à Valenciennes de 1961 à 1970 où joue son premier match professionnel le 28 avril 1968.

En 1970, il est transféré dans l’équipe de Marseille avec laquelle il est champion de France en 1971 et 1972.     Après un court passage par Angoulème, il arrive à Lens en 1974 où il termine sa carrière de joueur en 1983.

            Finaliste de la coupe de France en 1975, il fait partie des premières épopées européennes du RC Lens. Il dispute notamment le fameux match du 02 novembre 1977 contre la Lazio de Rome que l’équipe lensoise a remporté 6 buts à 0. Cette année là, il sera désigné meilleur joueur du championnat par le magasine France-Football devant les stars de l’époque qu’étaient Henri Michel, Michel Platini et Alain Giresse. Malgré cela, il ne sera jamais sélectionné pour jouer avec l’équipe de France.

            Celui qui était surnommé ‘le grand blond’ dispute son dernier match le 27 février 1983 contre Lyon. Il compte alors 357 matches de première division.

            Il entame ensuite une carrière d’entraîneur d’abord à Valenciennes. Abandonnant le monde professionnel, on le retrouve d’abord à Bavay (près d’Avesnes-sur-Helpe) puis à Guesnain, une petite commune près de Douai et enfin à Billy-Bercleau.

            En 1997, Gervais Martel l’appelle et lui confie le poste d’entraîneur du RC Lens. Celui qui est devenu ‘le druide’ mène le club à son seul titre de champion de France de première division en 1998 et à la victoire en Coupe de la Ligue l'année suivante. En 1999, suite à des problèmes relationnels avec les joueurs, il démissionne et part entraîner un club belge à la Louvière avant de revenir à Valenciennes de 2003 à 2005.

            En 2008, Martel le fait revenir au RCL en tant que directeur technique pour aider l’entraîneur Jean-Pierre Papin. Mais le club descend en division inférieure en fin de saison. Maintenu à son poste par G. Martel malgré de nombreuses oppositions, il prend sa retraite au mois de mai 2011 suite à une nouvelle descente du club.

            En 2012, à la demande d’un ami,  il devient  le directeur sportif d’un petit club : l’Olympique Senséen Arleux – Féchain et en 2013, c’est pour aider un autre ami qu’il accepte de s’occuper de l’organisation sportive  du club martiniquais ‘ASC du Real de Tartane’. Daniel Leclercq participe à son accession en division d’honneur mais, ne partageant pas les orientations sportives des dirigeants, démissionne en juin 2014.

 

Hervé Lesage

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            Hervé Lesage est né le 13 mars 1952 à Lens. Il a travaillé dans la fonction publique, jusqu’à sa mise à la retraite prématurée en 1980. C’est seulement à cette époque qu’il a commencé à écrire. Il s’est essayé également à la photographie.

            Il a été un des membres du comité de rédaction de la revue Rétro-Viseur, une revue littéraire créée par Pierre Vaast, alors professeur de lettres à Hénin-Beaumont, en avril 1982 et qui a cessé de paraître en novembre 2009, victime d’Internet. Hervé Lesage écrit à ce propos : ‘’Les revuistes ont donc matière à s'inquiéter. Non que le web serait en soi une mauvaise chose, bien au contraire, mais parce que cette mutation entraînera, à terme, un renoncement plus ou moins définitif au support papier, qui a largement fait la preuve de ses qualités’’.

            A propos de ‘l’Aveu du soir’ écrit en 1990, un critique littéraire dit : ‘’Dans ce recueil Hervé Lesage exprime de façon discrète - mais avec une rare intensité - la souffrance qui le tenaille. Chaque poème est une interrogation devant ce qu'on ne peut dire, et la poésie devient ainsi la seule amie qui puisse comprendre. Voilà pourquoi le poète met en elle toute sa confiance pour échapper au silence et à la solitude.’’

            En 1994, Hervé Lesage est victime d’un grave accident de la circulation qui a failli lui coûter la vie.

           Quelques aiutres oeuvres d'Hervé Lesage : 'A petits pas, le poème' en 1992, 'Novembre, long dimanche de pluie' en 1996, 'Trente et un degrés à l'ombre' en 2003 ou encore 'Seize histoires en coulisse' en 2006.

 

Jacques Melzer

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            Jacques Melzer est né le 18 juillet 1934 à Lens. Bercé dès sa plus tendre enfance par la musique jouée par ses parents, (son père violoniste et chef d’orchestre et, mère, pianiste et directrice adjointe de l'école de musique de Bruay-en-Artois), il est le plus jeune d'une famille de huit enfants.

            Naturellement donc attiré par les instruments, il débute par le violon. C'est à l'âge de 10 ans qu’il commence des études musicales. Ses parents le préparent au concours d'entrée du Conservatoire de Paris où il suivra trois classes : le solfège, les percussions et le saxophone.

            On le retrouve ensuite professeur de saxophone au Conservatoire de Rennes. Il crée avec ses amis élèves un quatuor baptisé Ensemble de Saxophones Français avec lequel il donne de nombreux concerts et réalise plusieurs enregistrements, dont un consacré à des œuvres de Jean-Sébastien Bach transcrites pour saxophone.

          En 1971, il rejoint Nice où il crée le Quatuor de saxophones Jacques Melzer. En 1998, il crée une école de musique à Fréjus qui portera plus tard le nom d’École de Musique Jacques Melzer. Là, il forme un Big Band dont il prend la direction et un orchestre symphonique

            Jacques Melzer adore le jazz et se produit en concerts au théâtre romain de Fréjus, comme chef d'orchestre et soliste. Pour lui, toutes les musiques sont bonnes pourvu qu'elles soient de qualité.

               Il est décédé le 8 mai 2006 à Fréjus.

Roger Philippe Menu

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            Né le 30 juin 1948, Roger-Philippe Menu bat à Lens le record de France du 100 mètres ‘brasse’ le 13 juin 1969 à l’âge de 21 ans après n’avoir débuté la compétition que deux ans auparavant.

            C’est Michel Vandamme, l’entraîneur du Stade Nautique Lensois, qui l’a amené à la compétition.

            En 1969 et 1970, il devient champion de France du 100 mètres et du 200 mètres brasse. En 1970, il est aussi second du 100 mètres brasse et du 4x100 mètres ’4 nages’ aux championnats d’Europe de Barcelone.

            Il quitta Lens pour rejoindre Amiens où il eut la possibilité de pratiquer la natation de haut niveau tout en exerçant une carrière de comptable.

            Roger Philippe Menu est décédé à Lille, le 4 février 2013, à l'âge de 64 ans.

 

Marc Meurin

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            Marc Meurin est né à Lens en 1953. À 15 ans, il entre à l'école hôtelière de Lille d’où il ressort avec un CAP en 1970. Il travaille alors pour un traiteur jusqu’en 1973. En 1974, avec son épouse Claudine, il ouvre le restaurant ‘Chez Marc’ à Laventie dans le Pas-de-Calais.

            En 1980, le couple s’installe à Béthune où il ouvre un restaurant ‘le Meurin’. En 1992, il obtient une première étoile au guide rouge (Michelin), puis une seconde en 1998.

            En 2005, Marc Meurin arrive à Busnes et ouvre un hôtel-restaurant au Château de Beaulieu. Un an plus tard, sur le même site, il en ouvre un deuxième ‘le Jardin d’Alice’ avec une offre ‘bistrot’ désigné par le Guide Michelin comme un "Bib Gourmand". Une appréciation donnée pour un retour à la cuisine traditionnelle  avec le souci de la qualité, une priorité à la fraîcheur, aux productions locales et au marché,  un respect des saisons et une redécouverte de produits et recettes oubliés.

            En 2010, il inaugure à Lille un second Bib Gourmand ‘Monsieur Jean ‘ dans la rue de Paris. Ce sera ensuite, en 2012, le tour de ‘Rose Events’. Dans une annexe du château de Beaulieu, ce site est destiné à l’organisation d’évènements familiaux ou de séminaires d’entreprises. Le château c’est aussi un centre de formation haut de gamme où viennent se former des chefs auprès d’autres chefs.

            Il saisit l’opportunité de profiter de l’ouverture du Louvre-Lens pour ouvrir le 23 mai 2013 un autre restaurant nommé « L'atelier de Marc Meurin » dans le parc du Musée, rue Paul Bert ‘’pour s'inscrire dans ce projet de renouveau de la ville" dit-il. Le restaurant dispose de 72 couverts en intérieur et d'une terrasse comprenant 40 couverts.

            À Lens comme à Lille ou à Busnes, il défend toujours les produits régionaux : betteraves, endives, poissons, volailles, pommes de terre... ‘’On a tout un tas de bonnes choses à quelques pas de chez nous, alors pourquoi aller les chercher à des milliers de kilomètres’’.

            Marc Meurin a fait paraître un livre en 2003 intitulé ‘Recettes de Chef’.

 

Nordine Oubaali

Nordine Oubaali

            Nordine Oubaali né le 4 août 1986 à Lens est un boxeur français d'origine marocaine dont il possède également la nationalité. Il est le treizième d'une famille de dix-huit enfants. Son frère Ali Oubaali, né à Courrières, a également été boxeur professionnel

            Médaillé de bronze aux championnats du monde de la catégorie des juniors en 2005, Nordine Oubbali termine troisième de la catégorie des ‘mi-mouches’ lors des championnats du monde amateurs de Chicago en 2007. En 2008, il est sélectionné dans l’équipe de France pour les Jeux olympiques de Pékin est éliminé dès les huitièmes de finale.

            Il remporte à cinq reprises le titre de champion de France ‘amateurs’ de 2006 à 2010.

            En  2010, à 23 ans, il étudie  à l’INSEP où il membre du pôle France. Il participe au championnat d'Europe de Moscou dans la catégorie poids mouches. Au cours de sa carrière chez les amateurs, il compte 92 victoires pour 19 défaites.

            Sélectionné de nouveau pour les JO de Londres en 2012, il ne franchit pas la barre des quarts de finale.

           Il participe à la première saison de la ‘World Series of Boxing’ sous les couleurs du Paris United, équipe fondée par Brahim Asloum qu’il fera condamner en octobre 2012 pour non respect de contrat et non paiement des salaires.

            En Mars 2014, il dispute son premier combat professionnel à Marrakech entraîné par son frère Ali avec qui il a créé le club ‘Top Rank’ à Bagnolet.

 

Stéphane Rotenberg

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            Stéphane Rotenberg est né le 21 septembre 1967 à Lens. A la fin de ses études, il devient journaliste en presse écrite et signe également quelques articles pour VSD ou Libération.

            Il se spécialise dans les sports mécaniques et à partir de 1991, on trouve sa signature dans des articles de Sport Auto ou Auto Journal.

            Il commence à paraître à la télévision en 1995 et devient reporter puis rédacteur en chef adjoint du magazine Turbo sur M6.

            En 1998, il rejoint France 2 comme adjoint à la direction des magazines et documentaires.

            C’est en 2000 qu’il fait sa première apparition comme présentateur sur la chaine AB Moteur. Il anime ensuite des émissions sur  M6 et Match TV.

            En 2003 il se tourne vers les émissions de téléréalité comme ‘Bachelor’ puis ‘Star Intime’. L’année suivante, dans le groupe Lagardère il prend la direction d’Angel Productions avant de créer sa propre maison de production en 2006.

            Depuis, il continue d’être présentateur des émissions populaires telles ‘Pékin Express’, ‘Le convoi de l'extrême’,’ Un diner presque parfait’ ou ‘Top Chef’ et fait souvent le une des magasines people.

 

Christophe Salengro

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            Christophe Salengro est né le 9 août 1953 à Lens. Il a fait sa scolarité au lycée Saint-Paul avant d’aller suivre des cours d’architecture à Paris.

            Dans les années 80, il se fait connaître par la publicité télévisée pour les dalles Gerflor où il pose nu et lance l’onomatopée devenue célèbre :’Hé, hop !’. Puis il rejoint la compagnie DCA de Philippe Decouflé. Il est alors danseur, acteur ou bien encore présentateur comme lors des cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux Olympiques d’Albertville en 1992.

            Pour Wolinski, il a fait des apparitions dans les Hara-Kiri aux côtés d’Alain Souchon, Coluche, Eddy Mitchell, Pierre Perret.

           On le voit dans une dizaine de spectacles, une vingtaine de court-métrages et presqu’autant de films.
Mais la carrière de Christophe Salengro prend un tournant inattendu lorsqu’il devient le président de la Présipauté de Groland en 1992 sur Canal+ à la demande de Benoît Délepine et de Jules-Edouard Moustic. Cette émission satyrique est toujours diffusée aujourd’hui chaque samedi.

            A ce jour, Christophe Salengro a tourné dans près de 50 films, court-métrages ou téléfilms et s’est produit dans une douzaine de spectacles.

            Certain disent que c’est en son honneur que la place du Cantin de Lens est devenue place Salengro. Mais, bien sur, il ne s’agit pas de ce Salengro là.

 

 

Jerôme Skalski

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            Jerôme Skalski est né en 1971 à Lens. Son grand père est arrivé de Pologne dans les années 20 pour être mineur de fond. Dans les galeries, il assurait le rôle de ‘boutefeu’.

            Fils d'une mère au foyer et d'un père professeur de mathématiques ‘anarcho-syndicaliste’, frère d'un professeur agrégé de physique, il a passé sa jeunesse à Méricourt et à Avion.

            Communiste dès sa prime jeunesse, celui qui voulait être géologue suit des études de philosophie à Lille d’où il ressort avec mémoire de maitrise sur Karl Marx. Après ses études, il est ensuite surveillant dans des établissements scolaires et s'engage au sein du Secours populaire français. Puis pendant 7 ans, il est photographe-reporter au journal communiste ‘Liberté 62’ avant de rejoindre la rédaction de ‘l’Humanité’ où il travaille dans la rubrique idées et débats.

            Reporter polyvalent, rédacteur, photographe, peintre, poète et aussi dramaturge, il était Karl Marx dans un feuilleton radiophonique de Radio Campus Lille.

            Jérôme Skalski est l’auteur de la «Révolution des casseroles», un sujet sur les suites de  la crise financière internationale à l'automne 2008 en Islande. Dans son récit, les malversations économiques sont mises au grand jour partout dans le monde. Les islandais se rendent compte que leurs élites ne sont pas à la hauteur et engagent des poursuites, alors qu’aucun autre pays au monde n’osera mettre en accusation les responsables. C’est le récit d’une lutte d’un peuple contre ses décideurs, du pot de terre contre le pot de fer.

            A propos du bassin minier, il dit : ‘’Pour moi, il a une lumière, c’est la lumière de mon enfance. Je ne le vois plus tellement mais quand j’y retourne, j’ai une nostalgie. J’ai écrit des poèmes sur lui. Je pense qu’il y a certaines villes qui s’en sont mieux sorties que d’autres. J’ai vu tomber le chevalet de la fosse 7 et je me rappelle des vieux qui pleuraient. Mais il n’y a pas de fatalité à ce que le bassin minier devienne un désert. Il a beaucoup de potentialités.’’

 

Michel Trollé

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            Michel Trollé est né le 23 juin 1959 à Lens. Ancien membre de l'équipe de France de tir, il commence une carrière de pilote dans le club du Touquet par le karting et remporte plusieurs titres de champion de France.

            En 1983, il remporte le ‘Volant Elf’ sur le circuit de Magny-Cours. Grand espoir de la même génération que Jean Alesi, il est victime d’un accident le 21 août 1988 sur le circuit britannique de Brands Hatch lors d’une course de Formule 3000 et évite de peu l'amputation sur place.

            Après 6 mois d'hospitalisation, un an de chaise roulante et plus de 2 000 heures de rééducation, Michel Trollé reprend le volant et participe à de nombreuses courses d’endurance. Il est au départ des 24 Heures du Mans en 1990 sur une voiture du constructeur ‘Courage’. Il participera à six reprises à cette course.

            Après sa carrière de pilote, il a repris pendant près de dix ans l'organisation du Rallye du Touquet, pour en faire une épreuve du au Championnat de France des Rallyes de 1ère Division en 1993 et du Championnat d'Europe en 1997. Toujours dans le milieu de la course automobile, il est aussi manager de jeunes pilotes.

 

Pauline Vasseur

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            Pauline Vasseur, plus connue sous le nom d’artiste de ‘Pauline’, est née le 5 janvier 1988 à Lens. Elle est chanteuse, auteur-compositeur.

            Elle commence le piano à l'âge de cinq ans et entre au Conservatoire de Lille dès ses douze ans. À quinze ans elle décroche le diplôme d'études musicales (DEM), le plus haut diplôme musical français délivré par les conservatoires à rayonnement régional ou départemental.

            A quinze ans et demi elle signe son premier contrat avec le frère cadet d'Enrico Macias. Jean-Claude Ghrenassia, qui est directeur artistique.

            Elle est en première partie de Gad Elmaleh à l'Olympia en décembre 2007 puis le 14 juillet 2008, elle chante sur le Champ de Mars devant 600 000 personnes.

            Sa chanson ‘Allô le monde’, issue de son premier album rencontre un immense succès et devient l'un des tubes de cet été 2008 en se hissant à la huitième place du Top 5 et en se vendant à 100 000 exemplaires.
            Puis viennent ‘Tous les Jours’ et ‘Dormons Mieux’ en 2010. On la retrouve dans l’album ‘Génération Goldman 2’ dans lequel elle interprète deux duos : ‘La vie par procuration’ avec la chanteuse Leslie et ‘Juste après’ avec Emmanuel Moire.

            Son dernier album "Le meilleur de nous-mêmes" est sorti le 13 janvier 2014.

 

Augustin Viseux

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            Augustin Viseux est né le 22 novembre 1909 à Liévin. En 1913, son père est embauché à la fosse 16 et arrive à Lens, au n°9 de la rue Jeanne d’Arc (cité du 9). Fils et petit-fils de mineurs, il obtient son certificat d'études primaires en juin 1921 ; il souhaite poursuivre ses études et entre à l'école primaire supérieure, mais ses parents ont besoin qu'il apporte un salaire et il doit renoncer à poursuivre dans cette voie..

            Dès quatorze ans, il travaille à la mine ; il commence à la fosse no 5 - 5 bis de la Compagnie des mines de Béthune à Loos-en-Gohelle comme galibot. Petit à petit, il s'élève dans la hiérarchie des travailleurs de la mine et finira comme ingénieur principal. Il entre à l'École des mines de Douai et obtient le titre d'ingénieur en 1947. À partir de 1959, atteint de silicose à 100%, il ne peut plus descendre au fond ; Il est alors nommé directeur des services administratifs des travaux du fond aux HBNPC.

            Pendant la Seconde Guerre mondiale, il a été membre du réseau de résistance Libé-Nord. Il perd sa mère dans un bombardement allié.

            Augustin Viseux est fait chevalier de la Légion d’Honneur en 1952 puis commandeur en 1987. Il publie en 1991 sous le titre ‘Mineur de fond : fosses de Lens, soixante ans de combat et de solidarité’, un livre autobiographique sur sa vie personnelle et professionnelle dans les mines de Lens.

            Il décède en 1999 à l’âge de 90 ans.

 

Arthur Wéry

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            Arthur Wéry est né le 6 Octobre 1898 à Lens, au Grand-Condé (cité de la fosse n°2) où son père était mineur.

            Il est d’abord mineur à Avion puis travaille aux chemins de fer des mines de Drocourt. Il se marie à Noyon (Oise) en 1919. Il signera toujours ses chansons : Arthur Wéry, mineur-chansonnier. Il est dans l’armée lorsqu’il écrit sa première en 1915.

            A la fin de la guerre, il part habiter à Rouvroy-sous-Lens. Arthur participe avec succès à des radios-crochets qui lui donne une certaine célébrité. Son premier vrai succès est ‘Nénest, mèneu d'bidet’, chanson écrite juste après la guerre. Il interprète aussi quelques sketchs en patois.

            Pour vivre, il fait imprimer ses textes et les vend lors de ses tours de chants lorsqu’il sillonne le nord de la France. Il est aussi vendeur de journaux dans les corons.

            Ce ‘mineur-chansonnier’ puise toujours son inspiration dans le monde de la mine.

            En 1955, il quitte Rouvroy pour Chatenoy-les-Forges dans le Territoire de Belfort où il décède le 29 Avril 1980.

         Edmond Tanière reprit bon nombre de ses chansons dans les années 80. Parmi les œuvres d’Arthur Wéry, on peut relever : ‘Tout in haut de ch'terril’, ‘Ch'méneu d'quévau’ , ‘La Parisienneou ‘La polka du Mineur’. Un de ses sketchs s’intitule ‘Le Mineur Piqué, plainte du galibot au Président de la République’, un texte comique contre la politique de Poincaré envers les mineurs.

 

Maryan Wisniewski

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            Maryan Wisniewski est né le 1 février 1937 à Calonne-Ricouart. Il a commencé le football à Auchel avant de rejoindre dès l’âge de 16 ans le RC Lens. Il est à l’époque le plus jeune joueur à être sélectionné dans l’équipe de France lors d’une rencontre face à la Suède le 3 avril 1955. Il avait dix-huit ans et deux mois.Il sera sélectionné à 33 reprises en équipe nationale.

            Il faisait partie de l’équipe nationale qui a été été demi-finaliste de la coupe du Monde 1958. Il reste également à ce jour le joueur lensois à avoir marqué le plus de but en championnat de France avec Ahmed Oudjani (93 buts).

            Après 10 saisons passées à Lens, il rejoint l’Italie et la Samptoria de Gênes puis revient en France, à Saint Etienne avant de finir sa carrière professionnelle à Sochaux puis à Grenoble en 1970.

            En 1971, il devient entraîneur d’abord à Carpentras puis au Pontet tout en étant représentant d’une grande marque d’équipements sportifs. Après s'être occupé d'une équipe suisse, il a pris sa retraite en 1996

 

Daniel Xuéreb, François Brisson, Didier Sénac

 

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            Aucun de ces trois footballeurs n’est né à Lens : Xuéreb est natif de Gardanne, Brisson de Saintes et Sénac de Saint-Denis (93) mais ils portaient les couleurs du Racing Club de Lens lorsqu’ils devinrent champions olympiques en 1984 à Los Angeles en disposant du Brésil en finale du tournoi par 2 buts à zéro. Les buts furent marqués par Brisson et Xuéreb, ce dernier terminant le meilleur buteur du tournoi.

            Didier Sénac et François Brisson intégrèrent l’encadrement du RCL après leur carrière de footballeur, l’un comme recruteur, le second comme entraîneur. Les trois joueurs eurent aussi l’honneur de porter le maillot de l’équipe de France A.

 

Omar Yagoubi

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            Omar Yagoubi est né à Lens le 24 décembre 1957 ‘’de l'union illégitime d’une jeune Polonaise pauvre et du fils d’un très riche Algérien’’ comme il l’a écrit lui-même.

            Son grand-père Djelloul Yagoubi, tirailleur algérien de l’armée française en 1914, s’installe dans le Pas de Calais où il créé une entreprise de travaux publics à Oignies.

            Plus tard, le père et l’oncle d’Omar reprennent l’entreprise paternelle. La voie semble alors donc toute tracée pour ce dernier mais sa passion pour la musique en décidera autrement.

            Encouragé par sa mère, il est admis après audition au Conservatoire de Douai  en 1970. En 1975, à l’âge de 17 ans, il donne son premier récital à Arras et débute une carrière de soliste dans laquelle il interprètera aussi bien du jazz que du classique.

            En 1980, il est repéré dans une émission de France-Musique  par Jean Darnel (celui qui a relancé les Chorégies d’Orange, le plus ancien festival d'opéra en France en 1971). Ce dernier le met en relations avec Aldo Ciccolini. Ce grand pianiste, également excellent pédagogue, devient son professeur.

Omar Yagoubi part habiter à Paris en 1980 où il rencontre entre autres Vladimir Jankélévitch, Claude Nougaro ou Pierre Prévert.

            En 1985 il compose l’indicatif de l'émission "Jazz sur le Vif"  que France Musique a toujours conservé depuis. En 1987, à 29 ans, il est nommé meilleur soliste français aux ‘Victoires de la Musique’.

En 1989, à la suite de sa transcription pour piano des hymnes des douze pays européens, François Mitterrand le reçoit à l’Élysée. Un an plus tard, ils'installe dans sa propriété du Moulin du Roy à Rémy, près de Vis-en-Artois, un domaine acheté par son grand-père en 1958.

            Il compose alors La Vie Eternelle, Le Cantique des Cantiques, Hadrien puis les Concertos pour percussions et pour piano, créés au Japon.

            Deux de ses grandes œuvres, le Stabat Mater pour soprano, chœur et orchestre et Poloniae Anima (marche funèbre) pour piano solo sont créées en mémoire de sa grand-mère et de sa mère décédées en 1999 et 2001.

            Omar Yagoubi travaille également pour le cinéma, créée aussi de la musique de chambre et des transcriptions pour orchestre des œuvres de Mozart et de Bach.

            En 2001, avec des paroles d’Alain Leprest, il compose l’Hymne de Wazemmes en l’honneur d’un quartier populaire de Lille puis c’est au "Val de Grâce" à Pairs qu’est créé en 2004 L’Oratorio sur Saint Augustin.

            Autre style en 2003 avec ‘’Résonance’’, pièce pour carillon et chœur d’enfants interprété dans les villes du Pas de Calais (Arras, Carvin …).

            En 2010, il compose à la demande du Conseil Régional du Nord – Pas de Calais la Valse de la Sensée qui devient le thème musical des "Chemins de mémoire’' (projet de découverte consacré à la Première Guerre Mondiale).

            En 2011, il sort Le Concerto pour accordéon et compose en 2012 une Toccata pour harpe, Les Météores pour piano ainsi que Le Testament, une cantate d’après l'œuvre du poète Taras Chevchenko.

            A Rémy, il désire créer une « Maison de l’eau », un site éducatif et touristique englobant le manoir, le moulin voisin, le pigeonnier, le parc et les chutes d’eau. « La Sensée c’est chez moi, je la connais depuis l’âge de 18 mois mais aujourd’hui je suis prêt à y inviter tout le monde ».

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04 janvier 2015

Les Bollaert, père et fils

Edouard Bollaert

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     Edouard Jacques François Bollaert nait le 26 décembre 1813 à Bailleul, ses parents demeurent  au 44 de la rue de l’Hôpital Militaire à Lille. Il est le second d’une famille de cinq enfants de Aloyse Bollaert ‘propriétaire, rentier’ comme le stipule son acte d’état civil et de Marie Augustine Derycke. Edouard Bollaert fait ses études comme pensionnaire au Mont des Cats puis au lycée de Douai qui en fait un bachelier en 1832.

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   Il entre ensuite à l’Ecole Polytechnique d’où il sort dans les toutes premières places et termine sa formation à l’Ecole des Ponts et Chaussées. Quand il en sort en 1839, il est nommé ingénieur à Saint-Lô dans le département de la Manche avant de rejoindre Avesnes puis Lille.

   Là, il participe aux études du tracé des voies ferrées des Chemins de Fer du Nord. En 1849, il est fait chevalier de la Légion d’Honneur à l’âge de 35 ans.

   Le 19 septembre 1850, il épouse Célina Tilloy, fille d’Amé Tilloy un riche industriel également co-fondateur de la société de recherches de Lens, entreprise chargée des sondages houillers. Le 13 août 1855, elle lui donne un enfant qu’ils prénomment Félix. C’est le second de la famille après Léon né en 1851 et avant Valentine et Elisabeth nées en 1858 et 1860.

   En 1853, Edouard Bollaert devient ingénieur en chef des ponts et chaussées pour le département du Nord.

   En 1856, quatre ans après la constitution de la Société des Mines de Lens, son oncle Jules Castelyn, président du Conseil d’Administration l’engage comme agent général, c'est-à-dire directeur de la société. La compagnie ne compte alors qu’une seule fosse en activité et à peine 300 ouvriers pour une production annuelle de 62 000 tonnes.

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   Edouard Bollaert s’installe alors à Lens. Près de la fosse 1 dite Sainte Elisabeth, il fait construire un grand immeuble qui accueille les bureaux centraux de la société près des quels la compagnie achète une maison pour y loger son agent général.

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   En 1860, Bollaert est élu conseiller municipal de Lens et le restera jusqu’à sa mort. Le maire est alors Guislain Decrombecque, le riche cultivateur du bourg.

   En 1866, Bollaert fait engager Elie Reumaux pour être son adjoint. Sous leur direction, la société des mines de Lens devient une ville dans la ville. Des corons sont construits en périphérie du bourg. On y voit apparaître des écoles, des centres de formation ménagers, des églises, des cercles d’activités, des terrains de sports. Tout est fait pour que le mineur et sa famille n’aient pas besoin de quitter le coron et soient totalement à la disposition de la compagnie. En 1877, la Société des Mines de Lens possède 1 085 maisons habitées et 257 en construction pour 5 100 personnes logées.

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   Très croyant, Edouard Bollaert associe l’église catholique à la vie dans les corons. Chacun d’entre eux est doté d’une église, les écoles privées dans les quelles doivent être obligatoirement scolarisés les enfants des mineurs sont dirigées par les prêtres. Les sœurs y enseignent ainsi que dans les centres ménagers, elles sont aussi présentes dans les dispensaires où elles assistent des médecins eux-mêmes salariés de la compagnie.

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    Le 1er juin 1889, le Président Sadi Carnot accompagné du ministre de l’industrie Yves Guyot sont en voyage à Lens. Ils se rendent à la fosse 5, modèle de modernisme et de production pour l’époque. Le Président est accueilli par Edouard Bollaert et Elie Reumaux. Dans son discours, il souligne ‘’la qualité de l’entreprise et la 'paternelle sollicitude' de ses dirigeants envers les mineurs’’ ainsi que  ‘'l'union et la concorde dans les corons’'.

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   Cette visite doit servir surtout à calmer la grogne sociale qui règne dans les compagnies minières. Peine perdue puisque le 10 octobre 1889, les mineurs de la société de Lens se mettent en grève, grève qui s’étale rapidement à l'ensemble du bassin.

   Car si Edouard Bollaert fait beaucoup pour la prospérité de la société minière, il est aussi celui qui réprime les grèves et punit les meneurs avec une grande sévérité. De 1860 à la fin de sa carrière, de nombreux mouvements sociaux ont lieu pour dénoncer les conditions inhumaines dans les quelles travaillent et vivent les mineurs et leurs familles. Pour leur répondre et bien que le droit de grève soit reconnu depuis 1864, les dirigeants n’hésitent pas à faire appel à la troupe, à licencier sur le champ les grévistes et à chasser leur famille de leur logement. Ainsi, après la grève de 1893, ce ne sont pas moins de 600 familles qui sont expulsées des corons.

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   Bollaert ne se fait pas que des amis. Les interventions de la troupe entraînent la démission du pourtant conservateur maire de Lens Auguste Frémicourt-Douchet en 1892. Ce dernier, vigoureusement opposé à l’utilisation des militaires contre les mineurs en grève avait répondu à un officier venu lui apporter un ordre de réquisition de logements pour ses soldats : ‘La ville n’a pas de locaux à vous donner. Allez demander à Monsieur Bollaert ‘. Mis en minorité au conseil municipal, il doit démissionner et est remplacé par Alfred Wagon, un ami de Bollaert et de la famille Decrombecque.

  Devant les énormes bénéfices réalisés par les actionnaires (le titre, émis à 1000 francs en 1852 en vaut 44 700 en mars 1875), les mineurs veulent une petite part du gâteau. Leur salaire horaire pour sept jours de travail par semaine qui était  de 3,55 francs en moyenne en 1852, n’est que de 5,70 francs en 1875 et les amendes, décidées par le chef-porion, sont importantes.

  En septembre 1882, à l’initiative d’Arthur Lamendin, mineur compagnie de Liévin, est créée la première chambre syndicale des mineurs à Lens et la loi du 21 mars 1884, dite loi Waldeck-Rousseau, accorde aux syndicats un statut légal reconnu. Bollaert a maintenant des interlocuteurs avec lesquels il doit composer.

  Quelques rares avancées sociales ont vu le jour sous l’aire Edouard Bollaert. En 1860, la toute première caisse de secours est créée ; alimentée uniquement par des cotisations ouvrières (retenue de 3 % sur les salaires), elle vient en aide aux mineurs invalides blessés en service. Ce n’est que le 29 novembre 1891 qu’elle est en partie à la charge de la caisse patronale.

  Le 29 juin 1894 voit la naissance de la caisse autonome de retraite des ouvriers mineurs de la société des mines de Lens.

  En 1896, alors qu’il est toujours en activité, le conseil d’administration de la société de mines de Lens donne le nom d’Edouard Bollaert à la fosse 12 et la paroisse du quartier est appelée Saint-Edouard.

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  Edouard Bollaert décède d’une congestion pulmonaire le 7 janvier 1898 à l’âge de 85 ans alors qu’il est toujours en activité. A cette date, la société regroupe plus de 10000 salariés et produit environ deux millions sept-cent mille tonne par an.

  Ses funérailles ont lieu le lundi suivant en l’église Saint Léger en présence de nombreuses personnalités et d’une foule importante composée surtout de mineurs en tenue. Après la cérémonie, un train spécial quitte la gare de Lens, emportant la dépouille d’Edouard Bollaert vers Lille où il sera inhumé.

  Après son décès, le maire de Lens qui est aussi son ami, Eugène Courtin, agent commercial de la compagnie de Liévin, propose au conseil municipal de renommer la rue où se trouvent les bureaux centraux des mines ‘rue Edouard Bollaert’.

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Félix Bollaert

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   Félix Flavien André Bollaert voit le jour le 13 août 1855 à Lille. Un an plus tard, ses parents rejoignent Lens où Félix passe son enfance. Après ses études qui le menèrent jusqu’au baccalauréat, il entre à l’école Polytechnique en 1876. C’est un étudiant moyen qui en sort deux ans plus tard, classé 119ème sur 258 élèves. Il rejoint alors l’école des Mines de Paris qui lui permet d’obtenir le 9 juin 1881 le titre d’ingénieur civil des mines.

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   Son père l’envoie se former aux métiers de la mine lors d’un stage de 5 ans en Belgique, à Mariemont et Bascoup dans le Hainaut. Le rapport qu’il en fait, diffusé dans ‘la Réforme Sociale’ en 1884, démontre que le développement des industries ne peut être effectif que si leurs dirigeants s’attachent à développer un bien-être social afin d'avoir de l'emprise et de l'autorité sur leurs ouvriers. Tout le long de sa carrière, il tentera d’appliquer ces méthodes.

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   A son retour en février 1886, il est nommé directeur du service commercial de la société des Mines de Lens.

  Le 3 mai 1887 à Lille, Félix Bollaert épouse Pauline Le Gavrian (qui se fait usuellement appeler par son troisième prénom Marthe), fille d’un député du Nord, riche industriel qui a fait fortune dans la construction de machines à vapeur. Le couple s’installe rue Carnot à Lens. Ils n’auront pas d’enfant. La famille de Marthe est si influente dans le nord de la France que Félix se fait souvent appelé ‘Bollaert-Le Gavrian’.

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   En 1902, après le décès de Léonard Danel, il rejoint le conseil d’administration mais reste attaché comme inspecteur à la société des mines de Lens dirigée par Elie Reumaux depuis la mort d'Edouard Bollaert. C’est à ce poste qu’il connait la grande grève de 1906 dans laquelle il reste pour le moins discret.

   Félix est chargé entre-autre de visiter les corons afin de s’assurer du bon entretien des maisons, de la propreté des rues et trottoirs, du soin apporté aux jardins. Il décide de l’attribution des récompenses aux meilleurs mais aussi des sanctions à d’autres.

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  Il fait aussi partie de bien d’autres conseils d’administration : la Compagnie des Chemins de Fer du Nord, celle des Forges et Aciéries du Nord et de l’Est, de compagnies minières en Belgique. Il sera aussi président de la Chambre de Commerce de Charleroi et membre de nombreuses associations.

  A Lens, le couple Bollaert-Le Gavrian fait dpnc preuve de paternalisme envers les ouvriers mineurs. Au tout début du 20ème siècle, la société des mines de Lens admet l’importance des œuvres sociales. Félix Bollaert, fort de son expérience belge, travaille à leurs réalisations.

  Lui et son épouse transforment peu à peu leur domicile en bureau de bienfaisance. Lorsqu’en 1902, le préfet du Pas de Calais dénonce la recrudescence de la mortalité infantile dans le bassin minier, ils créent le service de la "goutte de lait", afin de distribuer gratuitement soins et alimentation aux nourrissons aux familles. La première consultation de bébés à lieu dans la cité de la ‘fosse 3 de Lens’ à Liévin.

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  Le 24 janvier 1912, Félix Bollaert est fait chevalier de la Légion d’Honneur. Pendant la première guerre mondiale, il est mobilisé en tant que capitaine au premier régiment d'artillerie à pied  et rejoint le front de l’Artois mais, rapidement blessé, il, est appelé à Paris, au ministère de l’Armement avec le grade de Chef d’Escadron Territorial. Son épouse se consacre au secours des blessés sur le front et devient ambulancière. Elle reçoit en 1918 la médaille de la Reine Élisabeth.

  Félix Bollaert reçoit le grade d’officier de la Légion d’Honneur le  9 juillet 1919.

  Il n’a donc pas connu directement la destruction de la ville et des puits de mine de la compagnie.

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   Dès son retour dans un Lens en ruines, il fait élevé du côté de ce qu’il reste de la rue Diderot, un baraquement en bois qu’il offre aux catholiques afin d’en faire un lieu de culte pour la paroisse Saint-Léger.

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   Avec Ernest Cuvelette, le nouveau directeur de la compagnie minière lensoise, il participe à la reconstruction de la société minière. La priorité est donnée à la remise en route de l’exploitation par la réparation des puits de mine inondés par les allemands. Puis, en moins de quatre années, 12 000 logements entourés de jardins sont bâtis.

  L’idée de ‘la ville dans la ville’ est conservée : les cités de corons comprennent toutes des terrains de jeux, dispensaires, gouttes-de-lait, écoles élémentaires, ménagères et églises ou chapelles. Progressivement, une coopérative de consommation est mise en place, de même que des sociétés de musique ou des associations sportives. Le mineur habite au pied du terril, autour du puits de sa mine, se fait soigner au dispensaire de la mine, va à l'église de la mine, joue dans la fanfare de la mine, pendant que sa femme s'approvisionne à la coopérative de la mine et que son fils fait du sport dans le club de la mine, va au cathéchisme au cercle de la mine et étudie à l'école de la mine en espérant devenir... mineur!  C'est ce que l'on appelle le 'paternalisme catholique' car cette politique sociale voulue par la compagnie a aussi pour but de maintenir le mineur dans sa cité où il trouve tout ce qu’il lui faut pour travailler, vivre, se divertir et manger. Il est ainsi beaucoup moins astreint à fréquenter les estaminets où il risque d’entendre et de participer à des conversations revendicatives.

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  En 1922, après mort d’Elie Reumaux qui a cumulé pendant deux ans les fonctions de directeur et de président du conseil d’administration, Félix Bollaert prend cette dernière fonction. Il préside de nombreuses associations, encourage les fêtes, soutient les fondations d’aide aux anciens mineurs. Toujours accompagné de son épouse, il fait revivre les actions sociales et crée diverses fondations, un "prix de vertu sociale" ou encore un concours pour encourager le jardinage.

  Peu de grands mouvements sociaux ont lieu pendant la période où Félix Bollaert est le président du conseil d’administration des mines de Lens mais difficile de dire si la cause en est cette période de reconstruction ou l’attitude paternaliste de Bollaert envers les mineurs de la compagnie. Bollaert ne s'oppose pas aux syndicats. Il laisse cette tâche à Ernest Cuvelette et agit en marge des relations purement professionnelles, s'interresse plus à la vie dans les corons qu'à celle dans les fosses.

   Le couple Bollaert mène donc une vie caritative et mais aussi mondaine. Il possède un appartement à Paris, au n° 27 du quai d’Orsay, une grande demeure rue de l’Arcade à Chantilly, une autre Boulevard de la Liberté à Lille, le château de la Frégate à Cassel et une maison rue Decrombecque à Lens. Félix Bollaert est un grand et riche collectionneur. Il possède bon nombre d’objets et de meubles de l’époque napoléonienne. Cela attire les malfaiteurs comme en avril 1925 quand sa maison de Chantilly est cambriolée.

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   En 1928, Bollaert est président du comité pour la création de la statue en l’honneur du Maréchal Foch à Cassel qui est inauguré le 6 juillet par le président Poincaré.

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   En 1928 également commencent les travaux du symbole de la fin de la reconstruction des mines de Lens. Sur une butte du quartier Saint Laurent, près de la fosse 1 et de la gare Sainte Elisabeth sont édifiés les Grands Bureaux, le futur nouveau siège directorial et administratif de la compagnie.

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   En ce début des années trente, la compagnie ressent les effets de la crise de 1929  mais la Société des Mines de Lens reste une des plus riches entreprises de France. Bien que la vente du charbon se soit considérablement ralentie, la production continue mais ne sert qu’à constituer des stocks pour les jours meilleurs. Des grèves sont déclenchées pour protester contre la baisse des salaires. De nombreux mineurs sont mis au chômage.

   En 1929, Félix Bollaert décide de construire un lieu de sports et d’activités de plein air pour les familles des mineurs sur un terrain que la compagnie a acheté à l’ouest de la ville entre les fosses 1 et 9. Il fait venir pour cela les mineurs de la fosse 5 dont l’activité est totalement arrêtée. Ils sont ainsi cent quatre-vingt à rejoindre tous les jours le site de construction. Le stade des mines de Lens est inauguré en 1933. 

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  Les Grands Bureaux, le stade des mines : des chantiers qui veulent démontrer la puissance de la société minière face aux élus socialistes de la ville de Lens. Les maires de Lens Emile Basly puis Alfred Maës ont construit une belle mairie, un grand stade avenue Raoul Briquet ; un autre est projeté avenue de Liévin. Le syndicat des mineurs a fait reconstruire l'imposante maison syndicale rue Emile Zola. Bollaert contre-attaque avec les Grands Bureaux et le stade.

  Il ne s’arrête pas là. Il parvient à convaincre les dirigeants du plus grand club de football de la ville, le Racing Club Lensois, de céder la gestion du club à la compagnie. Alfred Maës qui en 1931 avait fêté les vingt-cinq ans du club en grandes pompes doit s’avouer vaincu, le RCL devient aussi le 10 mars 1934 l’un des symboles de la société des mines de Lens qui en fait aussitôt un club professionnel.

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  Marthe Bollaert-Le Gavrian décède le 10 juillet 1931. Bien que définitivement installé à Chantilly, son époux continue ses activités jusqu’à son propre décès, le 26 décembre 1936 à Paris à l'âge de 81 ans. Le couple est enterré au cimetière Bourillon de Chantilly.

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   Pour lui rendre hommage, la Société des Mines de Lens donne son nom à la fosse 13bis, un puits d'aérage construit en 1920 et situé à Bénifontaine. Le stade des mines deviendra mondialement connu sous le nom de Stade Félix Bollaert. La ville de Lens modifie le nom de la rue qui portait le nom de son père en ‘rue Bollaert’ afin s’associer les deux personnages.

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24 janvier 2014

Les Maires de Lens du 20e siècle : Guy DELCOURT

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           C'est avec Guy Delcourt à sa tête que la ville de Lens quitte le vingtième siècle. Il est le huitième ‘Premier Magistrat’ de ce centenaire et est resté 5344 jours à la tête de la cité. Lens 2000 n'a, bien sur, plus rien à voir Lens 1900 : la ville a été totalement reconstruite après la première guerre mondiale et ce qui faisait sa richesse essentielle, l'exploitation du charbon, a totalement disparu de l'activité industrielle.

          Guy Delcourt est élu Maire le 14 octobre 1998 lors d'une réunion extraordinaire du Conseil Municipal au cours de laquelle en préambule André Delelis a annoncé sa démission.

         Le Député-maire de Lens se présente lui-même sur son blog : ''Né le 13 juillet 1947 à Palaiseau dans l’Essonne, je suis marié et père de deux enfants. Après une carrière dans le secteur privé, une implication dans le secteur associatif et l’entrée dans la Fonction Publique Territoriale, j’ai exercé divers mandats politiques''.

          C’est à Palaiseau qui était à l’époque sous-préfecture de Seine-et-Oise que Guy Delcourt voit le jour. Son père, fils de mineur, ne voulant pas ‘descendre au fond’ comme le voulait la tradition familiale quitte le Nord après la seconde guerre mondiale pour la région parisienne où il se fait embaucher dans les pompiers de Paris. C’est là qu’il rencontre une jeune standardiste qui deviendra quelque temps plus tard la maman du petit Guy.

         Un an plus tard, le couple revient dans le Pas de Calais et s’installe à Noeux-les-Mines. C’est donc dans l’ambiance des corons et parmi les mineurs que Guy Delcourt est élevé. Il assiste souvent aux longs échanges passionnés entre ses quatre oncles et son père sur le travail à la mine, les patrons, les syndicats et la politique. Certains sont communistes, les autres socialistes et les discussions enflammées animent les après-midis dominicaux.

          Guy Delcourt, qui avoue être ‘un athée pur et dur’, a cependant été enfant de chœur ‘parce que, dit-il, dans les mines, c’était comme ça !’’. Dès l’âge de 16 ans, il devient membre de la SFIO.  C’est Arthur Notebart, un grand homme politique socialiste de la région lilloise, Député-maire de Lomme, qui lui met le pied à l’étrier.

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          En 1969, Guy Delcourt, muni d’un certificat d’études administratives, entre dans la vie active. Il trouve un emploi correspondant à ses idées puisqu’il travaille d’abord comme contrôleur, puis comme chef de magasin à la Société des Coopérateurs de Flandres et d’Artois.  Dès 1972, il est élu délégué syndical dans cette coopérative dont il devient en 1974 responsable du service ‘Vie associative et association de consommateurs’.

          La Société des Coopérateurs de Flandres et d’Artois était bien connue dans la région Nord-Pas de Calais pour ses magasins COOP puis, plus tard, ses supermarchés Rond-Point.

          En 1980, Guy Delcourt traverse la France pour se retrouver Directeur d’un village de vacances en Savoie. Membre de la Fédération Régionale du Tourisme de Savoie, il est président dès 1983 de la Société Coopérative de gestion des Karellis, une station de sports d’hiver se trouvant dans le village de Montricher-Albanne (Haute Savoie) ne comprenant que des villages de vacances ouverts aux familles modestes.

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       On retrouve Guy Delcourt à Paris en mars 1986 quand il est nommé Conseiller Technique à la Délégation à l’Economie Sociale auprès du gouvernement. Cet organisme, créé en 1981 par François Mitterrand, a pour mission d’aider au développement des mutuelles et des coopératives.

          Quatre ans plus tard, le jour de la Sainte Barbe, Guy Delcourt arrive à Lens. Il est chargé de mission au District Lens-Liévin créé en 1968 à l’initiative d’André Delelis.

          C’est à cette époque que, lors d’une mission au Liban en guerre pour France-Liberté, association dont il est membre, il y adopte la jeune Carine qui devient la petite sœur de son fils Fabrice.

          Au sein du District, il assume les charges de secrétaire général adjoint, puis de directeur des activités physiques et sportives. En 1992, il est intégré conseiller territorial et détaché au District. Dans le même temps, à la demande d’André Delelis, il anime avec son ami Jean-Pierre Hamon la section lensoise du Parti Socialiste qui regroupe 1200 membres.

          C’est donc sans surprise que le 11 juin 1995, il se présente sur la liste socialiste menée par André Delelis lors des élections municipales de Lens. Elue dès le premier tour avec près de 57% des suffrages exprimés, cette liste compte 31 conseillers municipaux. C’est pour Guy Delcourt, à 48 ans, le tout premier mandat électif. Aussitôt l’équipe mise en place, il se voit confier les fonctions d’adjoint au maire, chargé de la Culture, de la Jeunesse et de la Prévention de la Délinquance.

         Mission peu évidente au départ, au niveau national et malgré les nombreux efforts, Lens n’est toujours pas reconnue pour être une ville de culture. Pour beaucoup, le football est le seul loisir d’une majorité de la population. Son prédécesseur à la Culture, Christian Daubresse, confie que les soirs de match de football à Lens, les spectacles culturels présentés au Colisée perdaient plus de la moitié de leurs spectateurs.

           Aussi, c’est un peu à contre courant qu’à l’initiative de Guy Delcourt, la ville organise dès 1997 son premier salon du national livre consacré à la littérature pour la jeunesse. Ce salon prendra de plus en plus d’importance au fil des ans, changera plusieurs fois de thème pour devenir incontournable aujourd’hui sous le nom de ‘Salon du Livre Policier’. En 2007, la municipalité décide de doter cette manifestation d’un prix littéraire.

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            L’année suivante, le football est à l’honneur à Lens. L’équipe des ‘Sang et Or’ est championne de France pour la première fois de son existence et la ville organise quelques matches de la Coupe du Monde. Si le succès populaire de cette manifestation est énorme, les suites seront moins réjouissantes.

          Pour accueillir quelques rencontres, le stade Bollaert a été rénové. L'attribution du marché de construction des panneaux d'affichage du stade attire l’attention de la justice. Poursuivi avec trois autres prévenus pour délit de favoritisme (il sera condamné en 2004 à 30000 euros d'amende), André Delelis en est très affecté. Il décide alors de se retirer de la vie publique.

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          Le 14 octobre, l’ancien ministre convoque les élus municipaux à une réunion extraordinaire au cours de laquelle il annonce sa démission. Sur sa proposition, Guy Delcourt est élu Maire de Lens. Celui qui travaille alors au Centre National de la Fonction Publique Territoriale sera détaché sans traitement sur le mandat de Maire de Lens.

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          Au sein du Parti Socialiste, Guy Delcourt est élu membre du Conseil National le 26 novembre 2000.

          En 2001, deux échéances importantes figurant dans l’agenda du Maire de Lens auront lieu le même jour, le dimanche 18 mars. Les lensois sont  appelés aux urnes pour le premier tour (et le seul à Lens) des élections municipales. Sur les 14 364 votants, la liste présentée par le maire sortant en obtient 9786 soit plus de 70%.        

          On renouvelle aussi certains Conseillers Généraux comme celui de Lens Nord-Ouest où se présentent cinq candidats dont Guy Delcourt. Ce dernier est facilement élu avec près de 62% des suffrages exprimés. Au Conseil Général, il sera le rapporteur général du budget.

         En 2002, Guy Delcourt est le suppléant de Jean Claude Bois (à qui il remettra lui-même la Légion d’Honneur en 2009)  lors des élections législatives qui prennent une ampleur nationale lorsque Marine Le Pen se qualifie pour le deuxième tour. Le 16 juin, l’ancien professeur lensois est largement élu avec plus de 72% des voix.

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         Guy Delcourt devient cette année là vice-président de la Communauté d’Agglomérations de Lens-Liévin qui a succédé au District l’année précédente et dont le Président est Michel Vancaille, le Maire de Bully-les-Mines.

          La CALL permet à la ville de Lens de se développer dans les domaines de sa compétence : le renouvellement de quartiers, le développement des actions de formation, ouverture de la Maison de Justice et du Droit à la Grande Résidence, modification des dessertes de bus avec la création de TADAO sur Lens-Liévin et Hénin-Carvin, aménagement du Parc des Cytises en haute qualité environnementale, etc. …

          C’est à cette époque que le Ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon envisage de décentraliser certains musées parisiens. Metz accueillera une annexe du Centre Pompidou. Le Louvre ouvrira un second musée. La Région Nord-Pas de Calais est désignée. Mais entre Amiens, Arras, Béthune, Boulogne-sur-Mer, Calais, Lens et Valenciennes, la compétition est difficile. Le 29 novembre 2004, Jean Pierre Raffarin en visite à Lens annonce que la ville accueillerait l'antenne du Louvre.

          Le site est tout trouvé : l’ancien carreau de la fosse 9 à la limite de Liévin où de larges terrains vagues en friche ont remplacé l’activité minière disparue depuis les années 70.

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          Guy Delcourt, qui vient d’être élu Vice-Président du Conseil Général du Pas de Calais, annonce que la ville et l’agglomération vont devoir accompagner l’arrivée du Louvre. La mutation de Lens, la ville au 20% de chômeur, encore réputée pour être un désert industriel, va s’accélérer.

          A titre personnel, Guy Delcourt renonce à son poste de vice-président du Département pour suivre au plus près le dossier de l’implantation du Louvre et assurer la charge de responsable national du Parti Socialiste auprès de Daniel Vaillant.

          En 2006, la ville participe aux fêtes du centenaire du RC Lens. Depuis 2002, les rapports entre la ville et le club ont été clarifiées. La gestion du Stade Bollaert a été confiée au RC Lens par la signature d'un bail emphytéotique pour une durée de 50 ans. Contrairement à son prédécesseur, Guy Delcourt ne veut pas s’immiscer dans les affaires du club. ''Je suis fier de l’étendard Sang et Or, dit il, mais un élu qui représente des milliers de gens ne doit pas avoir de passion personnelle. J'estime depuis toujours que le RC Lens est une entreprise à part entière et que ce n'est pas le rôle d'un maire de s'immiscer dans ses affaires. Je ne m'éclate pas au foot.  Je ne vais quand même pas dire le contraire pour des raisons électoralistes !’’. Lorsqu'en 2012 celui-ci fait face à de graves problèmes financiers frôlant la faillite, il appuie cependant la reprise du club par le Crédit Agricole et le plan de sauvetage mis en place par les dirigeants de la banque.

          L’homme apprécie pourtant le sport, l’hippisme en particulier (’’Ce n’est pas pour cela que je vais construire un hippodrome à Lens’’ dira t-il). Mais c’est le rugby à quinze que la ville de Lens met en avant en septembre 2007 en participant à l'organisation de la sixième Coupe du Monde. Après avoir déjà accueilli le match amical entre l’Irlande et l’Argentine en 1999, ce sont cette fois trois rencontres (Angleterre – Etats-Unis le 8 septembre ; Afrique du sud – Tonga le 22 et  Géorgie – Namibie le 26) qui se déroulent au stade Félix Bollaert.

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       Sous l’impulsion de Guy Delcourt, Lens se transforme, se métamorphose, se modernise. ’’Nous n’avions pas le choix, dira t-il. Soit nous accompagnions la ville dans son déclin sans bouger et Lens deviendrait une cité fantôme comme certaines communes de l’est de la France, soit nous agissions pour qu’elle ne meurt pas. Même avant le Louvre, nous avions décidé de prendre le taureau par les cornes. C’était indispensable’’.

          Les lensois, qu’ils habitent au centre ville ou dans les cités, voient leur ville se transformer.  La richesse du patrimoine lensois reposant notamment sur les cités minières, nombre d’entre elles bénéficient de rénovations. Les remises en état des habitations sont réalisés par 'Maisons et Cités' (anciennement SOGINORPA). La ville a en charge l'entretien des 55 kilomètres de voiries dans la cadre des crédits du GIRZOM créé au début des années 70 à la demande de l'Association des Communes Minières présidée par André Delelis. Entre 2001 et 2012, plus de huit millions d’euros sont consacrés à ces rénovations dans plus d’une trentaine de rues.

 

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        De nouveaux logements sont créés dans les Résidences Georges Sand et Simone de Beauvoir de la cité 14. Sept cents habitations sont attribuées par an. La ville recense 62% de logements sociaux en 2002.

       D'autres transformations sont réalisées sur le Boulevard Basly, la rue Casimir Beugnet et dans les cités autour de la ville : début de la transformation de la Grande Résidence, de la résidence Sellier et de la cité Mongré. Dans le même temps, ce sont plus de cinquante espaces verts qui sont aménagés.

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          En ville, le quartier des gares subit d'importantes modifications : la gare routière a changé de place, la place du Général De Gaulle est entièrement piétonnière.

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         Dans le cadre de ces aménagements, Guy Delcourt s'est opposé aux architectes des Bâtiments de France au sujet des travaux à réaliser sur le site de l'ancien cinéma 'Apollo'. Finalement un accord est trouvé : la façade sera conservée et rénovée et le site transformé en un grand pôle hôtelier et commercial.

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          Lens se veut aussi être reconnue ville culturelle en attendant le 'Louvre-Lens'. Chaque année, de nombreux peintres, chanteurs, comédiens, musiciens ou acrobates se croisent dans les rues du centre ville, mettant ainsi l'art à la disposition de tous. Les artères de Lens reçoivent également de nombreux visiteurs lors des carnavals, des marchés du terroir, de Noël ou de la braderie.

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          Le 17 mars 2007, Lionel Jospin tient à Lens une réunion publique devant 350 personnes pour soutenir le candidat Delcourt, désigné par le PS pour succéder à Jean Claude Bois lors des prochaines élections législatives.

          Le 17 juin 2007, Guy Delcourt est élu Député de la treizième circonscription où se présentent 13 candidats. Il est arrivé en tête lors du premier tour avec 34,93 % des suffrages exprimés devant Béatrice Permuy (UMP) 22,34 % ; Bruno Troni (PC) 13,18 % et Freddy Baudrin (FN) 11,63 %. Il emporte le siège au second tour face à la candidate de l'UMP avec 64,22 % (23 514 voix contre 13 137).

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          En 2008, lors des élections municipales, la liste du PS n'obtient pas la majorité absolue dès le premier tour, ce qui n'était jamais arrivé à Lens, place forte du socialisme depuis 1900 et l'élection d'Emile Basly (à part l’intermède communiste de 1947 avec Auguste Lecœur). Avec 47,22 % des voix exprimées (moins de 50 % des inscrits ont pris part au vote), elle arrive cependant largement en tête. Cinq listes sont toujours présentes au deuxième tour. Avec 48,37 % et 5780 voix, la liste de Guy Delcourt emporte 30 sièges au Conseil Municipal (4 à l'UMP de Béatrice Permuy (18,88%), 2 aux Divers Gauche de Annie Saint Arnould (11,97%), 2 aux verts de Naceira Vincent (11,66%) et 1 au PC de Jean Michel Humez (9,12%).

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         Cette élection envenime les relations entre Guy Delcourt et André Delelis. Ce dernier intervient vigoureusement lors d'une réunion de la section locale du PS en clamant que ne pas être élu au premier tour, équivaut pour un socialiste lensois à une défaite. A. Delelis n'apprécie pas la manière avec laquelle Guy Delcourt conduit la ville et dira à qui veut bien l'entendre que dans sa carrière, il a fait peu d'erreurs mais que celle du choix de son successeur est la plus importante. Guy Delcourt se prononcera plus tard sur l'attitude de son prédécesseur : 'Un homme politique de cette grandeur ne doit pas donner de leçons. Son rôle est d'échanger et de donner des conseils aux jeunes générations. C'est quelque chose sur quoi je ne veux pas m'exprimer mais je ne peux pas oublier car cela m'a fait très mal à titre personnel et pour ma famille' (La Voix du Nord du 5 septembre 2012).

          Fin 2009, le Centre Albert Camus, ouvert le 28 février 1971 à l'initiative de Jean Claude Bois ferme ses portes. Ses locaux abritent désormais la Maison du Projet du Louvre-Lens. S'y trouvent une équipe chargée du pilotage du projet, la région Nord-Pas de Calais et Euralens. Les lensois peuvent y trouver tous les renseignements sur le futur Louvre et l'avancement des travaux.

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          Conjointement, les travaux se poursuivent en ville. La rue Jean Letienne est totalement transformée, ses immeubles rasés malgré l’opposition de quelques irréductibles propriétaires. Entre la gare routière et le carrefour Bollaert, un espace entièrement réservé aux piétons est aménagé. Les lensois voient disparaître des sites qui appartenaient à l’histoire de la ville comme le garage Lallain au carrefour Bollaert ou le stade vélodrome Maurice Garin laissant ainsi de l'espace à des investisseurs immobiliers dans le cadre des aménagements des abords du Louvre-Lens.

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          L’antique Pont Césarine construit après la première guerre mondiale subit un lifting : élargissement des trottoirs, barrières de protection des piétons, surveillance vidéo. Dans le secteur de l’ancienne fosse 9, les transformations sont spectaculaires. Des passerelles piétonnes franchissent les rues Paul Bert et Bernanos. L’ancien cavalier du chemin de fer des mines est transformé en sentier pour piétons. Ainsi, à terme, un itinéraire entièrement piétonnier permettra de rejoindre le site du Louvre-Lens depuis les quartiers des gares en une vingtaine de minutes.

            Du côté de l’avenue Alfred Maës, c’est le stade vélodrome Maurice Garin, inauguré en 1933, qui disparaît sous les assauts des pelleteuses. Cette destruction et celle de l’ancienne usine Zins libèrent une surface de trois hectares et laissera place à une esplanade agrémentée de programmes immobiliers hauts de gamme comprenant un hôtel ‘quatre étoiles’ de quatre-vingt sept chambres.

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           Il n’y en n’a pas que pour le Louvre. En 2011 est lancé le grand projet de rénovations urbaines. Lens devient ‘la ville aux dix-neuf grands chantiers’. Sont concernés outre le secteur du Louvre : celui de la Grande Résidence, le quartier des gares, la cité Mongré, la résidence Sellier, le secteur de la place de la République, le quartier Van Pelt, celui des Tréfileries (plus connu des lensois sous le nom des Laminoirs), les établissements scolaires et universitaires et le stade Bollaert. 

          Des écoles rénovées ou reconstruites ouvrent leurs portes lors des rentrées scolaires de septembre 2009 (Ecole Alfred Maës) et 2011 (Jules Vernes et Lapierre).

          Le site de l’usine Nexans, rue de Londres dans le quartier des Tréfileries, va donc être restructuré avec la construction de 381 logements et d’une surface commerciale.

          Le plus grand chantier de rénovation se trouve sans aucun doute à la Grande Résidence. De nombreuses tours datant des années soixante sont abattues et remplacées par des logements modernes dont certains en accession à la propriété. Des espaces publics, des commerces, des écoles sont créés.

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          L'aspect sportif n'est pas oublié avec la rénovation du Stade Léo Lagrange qui devient un fleuron pour l’athlétisme international (installation d'une piste d'athlétisme de huit couloirs et rénovation de la tribune) et d'importants travaux à la halle Coubertin et au gymnase Jean Jaurès. La piscine olympique sera également rénovée (par un partenariat public-privé) et équipée d'un grand bassin de balnéothérapie.

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          Ces rénovations ne se font pas sans heurts. Certains regrettent l'état d'abandon de certaines maisons de mineurs qui finiront par être rasées et non réhabilitées pour laisser place à des constructions neuves. Le Maire de Lens se trouve de nouveau opposé aussi aux Bâtiments de France au sujet de la maison du directeur de l'école Jean Macé de la cité 12. Jugeant que cette habitation est dangereuse pour la population Guy Delcourt n'hésite pas à se mettre hors la loi et commande une pelleteuse pour la démolir. Le secteur de la cité 12 comprenant l'église, les groupes scolaires et leurs alentours est classé aux Monuments Historiques et l'ordre de démolition stoppé par décision du préfet. Finalement, la maison sera remplacée par des logements pour étudiants. Dans le même secteur, un béguinage va voir le jour avec en contrepartie la réhabilitation de quatre maisons minières de la rue Brazza initialement vouées à la démolition. D'autres destructions laisseront la place à des logements pour personnes âgées.

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           Le 4 décembre 2009, jour de la Sainte Barbe, patronne des mineurs, est posée la première pierre de ce qui restera la plus grande des réalisations de la magistrature de Guy Delcourt. Cette symbolique cérémonie a lieu en présence de nombreuses personnalités politiques comme Daniel Percheron, Frédérique Mitterrand ou Martine Aubry, des architectes de l'agence japonaise SANAA mais aussi avec la participation de groupes d’anciens mineurs de la fosse 9, site sur lequel sera construit le musée du Louvre-Lens.

          Souvent provocateur pour faire avancer les choses, Guy Delcourt est critiqué pour ses positions dans plusieurs dossiers : sa façon de gérer l'hôpital Schaffner, sa proposition de privatiser la rocade minière, son idée de contrat ‘public-privé’ pour la gestion de la piscine municipale, sa décision de faire payer les places de parking en ville …

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            Il connaît aussi quelques problèmes avec certains membres de sa propre famille politique. En novembre 2008, il se présente à la présidence de la fédération Socialiste du Pas de Calais pour uniquement ’’casser le monopole Percheron’’. Sans réelle campagne, il est battu par l'arrageoise Catherine Genisson. Quelques mois plus tard, en juillet 2009, le maire de Lens décide de s'auto-exclure de la fédération du PS du Pas-de-Calais pour protester contre l'exclusion par la même Catherine Génisson de Pierre Ferrari (qui a été l’un des premiers à dénoncer le ‘système Dagongeville’ à Hénin-Beaumont)

          En avril 2010, en raison de divergences avec Michel Vancaille, le président PS de la CommunAupôle de Lens-Liévin (CALL), Guy Delcourt présente  sa démission de la présidence du groupe Socialiste, Vert et apparenté. Cette crise entraînera la démission de M. Vancaille et l'élection de Jean Pierre Kucheida.

          Puis c'est avec Arnaud Sanchez, son ancien attaché parlementaire, qui en novembre 2012 a battu Frédérique Masson soutenue par Guy Delcourt lors de l'élection du secrétaire de section de Lens du Parti Socialiste. De lui, le maire de Lens dira qu’il n’a ''plus rien à dire sur M. Sanchez. Il n’en vaut pas le coup''. (La Voix du Nord 25 Mai 2013).

           Cela ne l'empêche pas en juin 2012, lors de ces élections législatives qui suivent l'élection de François Hollande à la Présidence de la République, d'être élu Député de la troisième circonscription du Pas de Calais au deuxième tour avec 59,53 % des suffrages exprimés (25 286 voix) contre 40,47 % à son adversaire Freddy Baudrin. C'est la première fois à Lens qu'un candidat du Front National est qualifié pour le deuxième tour d'une élection.

          Deux semaines auparavant, Guy Delcourt était arrivé en tête du premier tour avec 33,80% devant Freddy Baudrin (24,68%), Bruno Troni (Front de gauche : 16,97%), Sophie Gauthy (UMP : 11,69%) et 7 autres candidats.

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          Avec lui, la ville de Lens continue d'évoluer au sein d'Euralens. Lens est maintenant le centre d'une métropole qui a pour but de définir et de mettre en œuvre un grand projet de mutation urbaine et paysagère du territoire dans le respect de l’histoire du Bassin Minier, ce Bassin Minier qui est depuis le 30 juin 2012 inscrit au Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Euralens est composé des villes de Lens, Liévin, Loos-en-Gohelle et des autres communes de la Communaupole.

          Le mardi 4 décembre 2012, le grand projet qui restera marqué à vie dans la carrière municipale de Guy Delcourt est réalisé : François Hollande inaugure, le jour de la Sainte Barbe, le musée du Louvre-Lens implanté sur l'ancien carreau de la fosse 9 des mines de Lens.

          Lens, renommée pour être une ville de labeur, de misère, de chômage va devenir aux yeux du monde entier une ville culturelle et touristique. Le maire de Lens déclare : ''Nous avons sorti Lens de son vieillissement naturel, nous l'avons empêché de mourir grâce à une mobilisation générale autour du musée du Louvre''.

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          Guy Delcourt a atteint son but. Cependant, il crée la surprise lorsqu'il annonce à son bureau municipal le jeudi 24 janvier qu'il démissionnera de son poste de maire en juin 2013. Pourtant, en juillet 2009, il déclarait dans une interview : ''Il n'a jamais été question que je quitte la mairie avant la fin de mon mandat. J'avais simplement dit que je ne me représenterai pas pour laisser la place aux jeunes.''  

           De ces quinze années passée à la mairie de Lens, Guy Delcourt en dira : ''Une phrase revient chez les gens qui reviennent à Lens : la ville s’est métamorphosée, on ne la reconnaît plus''.  Il ajoute : ''L'objectif de faire prendre en considération ce territoire à l'échelle nationale est atteint et symbolisé par le Louvre-Lens. Certains détracteurs disaient que cela était trop beau pour Lens. Aujourd'hui je leur envoie une carte postale avec une pyramide et un terril. Et cela ne fait que commencer : c'est le renouveau d'une ville qui va être capitale d'une nouvelle métropole".

          Quelques jours plus tard, il démissionne également de ses fonctions de vice-président de la Communaupole. Il est toujours à ce jour Député de la troisième circonscription du Pas de Calais.

          Lors de la séance du Conseil Municipal du 16 juin 2013, c'est son premier adjoint Sylvain Robert qui, à quarante ans, est élu et devient le nouveau Maire de Lens.

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          Cette date marquera donc la fin de la saga des 'Maires de Lens du vingtième siècle' commencé 113 ans plus tôt par un certain Eugène Courtin.

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30 avril 2013

Georges CARPENTIER, le plus lensois des liévinois

   Avant de commencer ce texte, un merci tout particulier à Madame Patricia Noal du service des archives de Vaires-sur-Marne pour tout le temps qu'elle a passé à faire des recherches pour répondre à ms questions.

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  Georges Benoit Carpentier naît à Liévin le 12 janvier 1894 au n°213 des corons de la fosse 3 de la Compagnie des Mines dans laquelle travaille son père Benoit. Sa mère, Angelina née Lepot 34 ans, reste à la maison pour s’occuper des enfants.

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  Benoit et Angélina se sont mariés le 27 septembre 1884 à Croisilles, un petit village de l'Arrageois où ils sont nés et ont vécu leur jeunesse. A la fin du XIXe siècle, Benoit, journalier dans les fermes, apprenant que les compagnies minières cherchent du personnel, emmène sa famille à Liévin.

  Mais malade, Benoit Carpentier ne peut pas rester mineur. Quelques mois après la naissance de Georges, son troisième enfant, il trouve un emploi de manœuvre dans la brasserie de Paul Sauvage puis de graisseur dans l'entreprise de construction d'Emile Kainscop, rue Thiers à Lens.

  La famille habite alors rue Querquemanne (ancien nom de la rue Eugène Bar). Georges est appelé, comme beaucoup d'enfants d'ouvrier à l'époque à devenir mineur. Albert, son frère aîné, est déjà embauché aux Mines de Béthune. Georges a aussi deux sœurs : Blanche, née le 26 mars 1888 à Croisilles et Suzanne, la cadette, née en 1896 à Lens.

   Sportif mais de frêle morphologie, Georges fréquente dès l'âge de neuf ans la salle de sports dirigée par François Descamps, directeur de la société de gymnastique 'La Régénatrice' où l'on pratique également la boxe française. Cet homme est un grand sportif. Tout jeune, il avait fait partie de la Société des Compatriotes d'Houplines, son village natal avant de s'engager à 18 ans pour rejoindre le Bataillon de Joinville où il reçut le diplôme de moniteur de sport en 1893.

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   Désirant devenir professeur de sport, il arrive à Lens et ouvre cette salle de sports rue Querquemanne. De nombreux gamins viennent y exercer la gymnastique, activité très en vogue à l'époque. Descamps raconte : '"Il est évident que les leçons de boxe n'étaient pas à l'usage des tout petits. Mais quand ceux-ci avaient le feu sacré, ils ne se privaient pas de boxer hors de ma présence. Et parmi les plus acharnés à ce jeu, il en était un, Georges. Il remportait d'ailleurs sur ses camarades du même age, de tels succès qu'il fallait mieux le distraire de cette société et lui faire exercer ses talents devant de jeunes gens moins fragiles".

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   Descamps prend alors le jeune Georges sous sa coupe. Leur collaboration durera jusqu’à la fin de la carrière du champion. "Jamais nous n’avons signé de contrat ensemble, tout n’était que paroles et ni l’un ni l’autre n’avons manqué à la notre", dira Georges Carpentier.

   Descamps découvre que le gamin peut faire une brillante carrière dans la boxe. En 1905 le jeune Georges commence à s'entraîner à la boxe française (appelée aussi savate car les coups peuvent être portés autant pas les pieds que par les mains). Après quelques séances, l’entraîneur demande aux parents Carpentier la permission de garder Georges avec lui en permanence. Selon Alfred Bucquet (Lens, son passé, ses houillères), le gamin a trouvé, en attendant d'avoir l'âge de descendre à la mine, un emploi de 'saute-ruisseau' (coursier) chez un notaire de Lens.

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   L'entraîneur et manager organise des réunions de boxe d'abord à Lens puis dans toute la région. Dès le 4 décembre 1906, il fait disputer à son jeune poulain son premier combat officiel contre le Caporal Legrand, instructeur d'escrime. L'homme pèse 71 kilos contre 35 à Carpentier mais est battu !

   L'année suivante, Georges Carpentier devient Champion du Pas-de-Calais à Béthune puis Champion du Monde de boxe française à l'âge de 14 ans. Descamps estime que son poulain est maintenant prêt pour une carrière de boxeur.

   Il en discute avec les parents du jeune prodige chez lesquels il est d'ailleurs locataire. Un accord est trouvé, Georges abandonne son emploi pour s'entraîner à plein temps. 'Je pus continuer mon entraînement parce que mon professeur consentit à verser à mes parents, qui étaient pauvres, le fabuleux salaire d'apprenti mineur : vingt sous par jour" avouera t-il plus tard. "Le père Carpentier, ce déraciné de la mine ne pouvait pas comprendre qu'à Lens on puisse vivre en donnant des coups de poings, ajoute François Descamps dans un interview à La Vie Sportive en juin 1913. Ici, tout le monde gagne sa vie en allant à la fosse, le gamin devait être galibot... Enfin, on trouva un compromis : pendant six mois, je garantissais de verser aux parents de Georges le salaire d'un galibot... Ces six mois furent tellement bien employés que le père Carpentier ne parla plus d'envoyer son fils à la fosse". Pour arrondir ses fins de mois, Descamps participe à des spectacles locaux dans lesquels il présente avec son poulain des numéros d'acrobatie et ... d'hypnotisme.

   A cette époque, la boxe française n'est qu'un sport confidentiel. La 'vraie' boxe, celle dont on parle beaucoup en ce début de siècle, c'est la boxe anglaise, celle que l'on dispute uniquement avec ses poings. François Descamps, prévoyant un avenir prometteur dans cette discipline pour son poulain, le dirige dans cette direction. Et en plus de s'occuper des autres, il devient lui-même boxeur professionnel.

   En 1908, c'est surtout dans les environs de Lens que se produit Georges Carpentier. Ainsi, le 18 avril, le Cercle de boxe Lensois organise une soirée où le combat principal oppose le jeune lensois à Emile Wetinck, le champion du Nord.

  L'hebdomadaire de l'époque 'L'Action Syndicale', journal du Jeune Syndicat extrémiste de Benoit Broutchoux, nous apprend que Carpentier, bien que champion de France et du Monde de boxe française n'a jamais été honoré par Emile Basly et la ville de Lens, tout au moins avant la première guerre. Selon un journaliste, c'est parce que 'le camarade Descamps' comme il l'appelle, n'a jamais caché son soutien aux anarchistes opposés au Maire de Lens. Descamps organise d'ailleurs plusieurs galas pugilistiques à la Maison du Peuple, rue de Paris, siège du Jeune Syndicat.

  Le 1er novembre 1908, une occasion se présente à Georges Carpentier de disputer son premier combat professionnel. Un jockey britannique nommé Ed Salomon, doué pour la boxe, lance un défi à tous les boxeurs français de moins de 45 kilos. Descamps saisi l'occasion pour son boxeur. C'est la première fois que Carpentier dispute un combat pour de l'argent. M. Lawrence, l'organisateur et entraîneur hippique, lui signe un contrat de 150 francs.

  C'est dans la salle du Café de Paris, sur l'avenue Longueuil de Maisons-Lafitte que le lensois donne ses premiers coups de poings de boxeur professionnel. Il est déclaré vainqueur par disqualification de Salomon pour coup non autorisé. Le lendemain, dans un article du journal 'les Sports' on peut lire : "Carpentier a conquis ses galons de grand sportif car, en vérité, c'est un grand pugiliste que ce petit bout d'homme de 15 ans... D'ici quelques années, Carpentier sera, cela est indiscutable, un champion, un vrai champion qui, à son poids, pourra se mesurer avec n'importe quel boxeur du monde".

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  En ce début de siècle, les combats peuvent durer vingt rounds de trois minutes et il arrive fréquemment qu'un boxeur dispute deux combats lors de la même soirée afin d'avoir un cachet un peu plus important. François Descamps cite un gala organisé en rencontres de vingt rounds dans lequel lui est Carpentier sont à l'affiche, l'organisateur leur propose 150 francs pour les deux. Une fois retiré les frais de déplacement (par le train en troisième classe) et d'hébergement, il ne leur reste que 30 francs chacun.

   La carrière professionnelle de Carpentier continue cependant par deux défaites, l'une lors de la revanche contre Salomon et l'autre contre un certain Gloria qui le met KO au septième round. Ce sera le dernier KO de Carpentier avant un certain 2 juillet 1921 à Jersey aux Etats Unis.

   Dès lors, les victoires s’enchaînent. Le 15 octobre 1909, Georges Carpentier rencontre pour le titre de Champion de France des poids coq le redoutable Paul Thil. Après quinze rounds, les deux boxeurs se séparent sur un match nul qui ne satisfait pas Carpentier puisque le règlement fait que cette décision permet au champion tenant de conserver son titre. Carpentier demande un second combat. Deux mois plus tard, Carpentier envoie Thil au tapis au septième round et devient, à 15 ans, Champion de France professionnel.

  En 1910, il boxe à Croisilles, le village de ses parents, contre un adversaire anglais dans la salle du café Godart, situé sur la place du village,

  Les titres s'accumulent : à 17 ans, il est Champion de France des poids welter en battant Marcel Moreau puis devient le premier français Champion d'Europe le 23 octobre 1911 en pulvérisant la star anglaise Joseph Young.

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   C'est le moment où François Descamps et Georges Carpentier quittent Lens pour s’installer à Paris. Il commence à côtoyer les vedettes du monde du spectacle comme Tristan Bernard qui deviendra un ami.

   Celui que l'on surnomma 'le galibot de Lens' (bien qu'il n'ait jamais mis les pieds dans une mine) est devenu un 'gentleman'.

  Il s'attaque à plus en plus fort. En 1912, il bat l'ancien champion du monde américain Harry Lewis puis le 1er juin 1913, à Gand devant 50000 personnes, il est opposé au géant britannique Billy Wells, surnommé le Bombardier. Carpentier le bat et devient Champion d'Europe des poids lourds. Le britannique veut une revanche à Londres. Mal lui en prend car il est mis KO dès la première reprise.

   La boxe fait rapidement de Carpentier (et de son manager) des hommes riches. Si en 1909, ses gains sont de 900 francs puis de 2300 francs en 1910, ils atteignent 22 000 francs en 1911 et bondissent à 180 000 francs en 1912. Carpentier avoue lui même à l'aube de la première guerre posséder plus de 350 000 francs sur son compte bancaire. Mais le garçon reste simple d'après son entourage. Sa fortune naissante lui permet de faire sortir ses parents de la misère : il leur achète un café sur la Place de la République, le bar des Sports.

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   C'est sa rapide célébrité et sa popularité qui font qu'en 1913, on tourne à Lens un film muet sur sa vie, 'Le Roman de Georges Carpentier' avec comme figurants des mineurs de la fosse 4 heureux de revoir le boxeur dans la ville de sa jeunesse. Il n'a pas encore vingt ans qu'il compte 73 combats professionnels et 67 victoires.

   Tous les organisateurs veulent Carpentier quelle que soit la manière de le faire venir. Ainsi, le vendredi 31 octobre 1913, il rencontre à Genève, le champion écossais Jim Lancaster qu'il bat par KO au troisième round. Cette victoire trop facile contre un adversaire annoncé très redoutable conduit des journalistes à enquêter sur ce Lancaster. Et le résultat est surprenant : Jim Lancaster n'a jamais existé ! L'organisateur du combat qui voulait absolument Carpentier a fait signer à Descamps un contrat où il est spécifié que le lensois rencontrera 'le boxeur de la catégorie des poids mi-lours qui lui sera présenté'. Et c'est en réalité un entraîneur de boxe parisien Max Abbat qui s'était fait passé pour un champion écossais virtuel ! Descamps savait-il ? On ne le prouva jamais et ni lui, ni Carpentier ne furent sanctionnés dans cette affaire.

   La carrière du lensois semble toute tracée lorsque survient la première guerre mondiale. Georges Carpentier est 'engagé volontaire pour la durée de la guerre' le 8 août 1914. Il effectue son service au centre de Saint-Cyr, dans le 1er groupe d’aviation sous numéro matricule n° 2211.

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   Breveté pilote le 24 mai 1915, il est nommé caporal le 10 juin 1915 puis sergent le 16 juillet 1915. Là aussi, il prouve sa bravoure en participant notamment à la bataille du fort de Douaumont à Verdun en 1916 aux commandes d'un appareil de liaison et de bombardement. Il est décoré de la Médaille militaire et de la Croix de Guerre avec cette mention : "S’est particulièrement distingué pendant l’attaque du 26 octobre 1916 en survolant les lignes à une très faible altitude pendant près de 4 heures malgré les conditions atmosphériques très défavorables". Blessé, il passe de nombreux mois dans les hôpitaux avant d'être affecté comme moniteur au bataillon de Joinville.

   Pendant ce temps, Lens est sous le feu des bombardements. La ville est sur la ligne de front et les dégâts sont considérables. En 1917, les derniers habitants sont évacués. Beaucoup, comme le maire Emile Basly, prennent le chemin de la Belgique. La famille de Georges Carpentier au complet se rapproche du fils qui est alors à Joinville-le-Pont dans ce qu'on appelle alors le bataillon de l'Air et s'installe à 20 km de là, à Vaires-sur-Marne. Albert Carpentier y ouvrira un grand complexe sportif.

  A la fin du conflit, habitant Paris au 35 rue de Brunel (17e), Carpentier reprend les compétitions sportives. On le retrouve à Paris dans une équipe de .... rugby ! Il dispute le championnat universitaire pendant une saison au sein du Sporting Club Universitaire de France mais revient rapidement à la boxe.

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  Le 4 décembre 1919, il bat Joe Beckett au Holborn Stadium de Londres, KO en 74 secondes, pour conserver son titre européen des lourds. Cette année là, l'Académie des Sports lui remet le prix Henry Deutch.

   Le Tout-Paris de l'après-guerre idolâtre ce jeune boxeur de 25 ans. Tous veulent être vus avec lui : Mistinguett, Raimu, Tristan Bernard, Maurice Chevalier (avec qui il avait croisé les gants quelques années plus tôt). Est ce toujours pour ses qualités de boxeur ? Rien n'est moins sur.

   Le 8 mars 1920, Georges Carpentier épouse Georgette Elsasser, une jeune hollandaise, à la mairie du 8ème arrondissement de Paris. Ses témoins sont F. Descamps et l'humoriste Tristan Bernard. Une foule considérable attend les jeunes mariés à la sortie de l'hôtel de ville. De cette union naîtra une fille, Jacqueline le 21 décembre 1920.

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   Pour leur voyage de noces, les époux partent aux USA où on leur fait un accueil enthousiaste. Carpentier y fait une tournée d'exhibitions très rémunératrice. Les Américains adorent celui qu'ils surnomment 'l'homme à orchidée' en raison des fleurs qu'il porte toujours au revers de sa veste. Descamps a signé un contrat cinématographique : son boxeur participe au tournage d'une série "The Wonder Man". Il tourne dans huit épisodes. Descamps fait une apparition dans l'un d'entre-eux.

  Mais le lensois est là aussi pour signer le contrat relevant le défi qui lui est lancé par Battling Levinski, titre mondial des mi-lourds en jeu. Un bref retour en France du 10 juillet au début septembre lui permet de prendre quelques jours de repos dans sa maison de Dieppe.

   Le 12 octobre 1920, au Bowl Park de Jersey City, Barney Lebrowitz dit 'Battling Levinsky', tenant du titre des mi-lourds depuis quatre ans, n'a été mis KO qu'une seule fois en 232 combats... par le redoutable Jack Dempsey.

   Au 4e round du combat l'opposant à Carpentier, celui-ci lui assène une terrible série de coups et le met à son tour KO. Ce titre fait de lui le premier français champion du monde de boxe anglaise.

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   Le 5 novembre 1920, avant d’embarquer sur le bateau du retour, il signe au Claridge Hôtel de New York le contrat pour le 'match du siècle' qui doit l’opposer l'année suivante à Jack Dempsey. Le promoteur Tex Rickard, organisateur du combat, fixe ce choc au 2 juillet 1921 à New Jersey City.

   Après une préparation rigoureuse, le 20 mai 1921, Carpentier et sa 'suite' embarquent au Havre sur le transatlantique Savoie. Le Français, qui a laissé Georgette et sa petite fille à Paris, n’a en tête qu’un objectif: mettre KO celui qui est surnommé 'le colosse de Manassa'.

   Pour ce combat, Dempsey a reçu 300 000 dollars et Carpentier 200 000. Et ce 2 juillet 1921, 80 183 spectateurs payants laissent aux guichets une recette de près de 1,8 millions de dollars !

   Au deuxième round, Carpentier, d'un coup au visage, fait vaciller Dempsey. mais il se casse le pouce en frappant. Ne pouvant résister ainsi à l'américain, le français est mis KO au quatrième round.

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  De retour en France, le lensois est accueilli en héros. Après un repos bien mérité, il remonte sur le ring pour enchaîner plusieurs victoires à Londres. Mais il veut aussi profiter de sa nouvelle renommée en menant grand train et s’entraîne de moins en moins.

   On le rappelle dans les studios de cinéma pour jouer dans le film "The Gypsy Cavalier" de Stuart Blackton avec Mary Clare.

   Le 24 septembre 1922, devant 40 000 personnes au stade Buffalo de Montrouge il combat contre un Sénégalais, Louis Mbarick Fall dit Battling Siki, un boxeur largement à sa portée dans le but de conserver facilement son titre mondial des mi-lourds. Le match est arrangé: Siki doit laisser la victoire à un Carpentier hors de forme. Mais la fierté de l'Africain l'empêche t-elle d’obéir ? Dès le quatrième round, il frappe violemment son adversaire. A la sixième reprise, Carpentier vacille et s’écroule, sans forces. Surpris, dans un premier temps, l’arbitre disqualifie le boxeur sénégalais pour coup illicite mais devant la broncha des spectateurs, les juges, après de longs conciliabules annoncent que Battling Siki est déclaré vainqueur par KO et devient ainsi le premier champion du monde africain de boxe.

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  En 1923, Carpentier gagne quelques combats. Au lendemain d'un gala à Lille, il est de passage à Lens pour les fêtes de Sainte Barbe.

   Lens où il revient le 13 avril 1924 avec François Descamps. Il participe à un match-exhibition à la Maison Syndicale lors des fêtes dont la recette ira à la construction du monument aux Morts. Puis il repart aux USA l'été suivant où il est battu, le 24 juillet 1924, par Gene Tunney, en 15 rounds.

   Celui que l'on n'ose pas encore appeler 'l'ancien champion' s'éloigne peu à peu des rings, il ne dispute aucune rencontre en 1925. En 1926, il retourne aux USA pour de qui sera la tournée d’adieu d’un boxeur en fin de carrière.

   Sa dernière rencontre a lieu le 15 septembre 1926 et se termine par une victoire par KO au troisième round contre Rocco Stramaglia. Georges Carpentier compte alors 109 combats, dont 88 victoires, 5 nuls, 15 défaites et une non-décision.

  Fini les rings, Carpentier trouve vite une reconversion qui lui va bien : le show-business. Il habite maintenant dans le 16ème arrondissement de Paris au 55 rue Pergolèse. En 1927, il participe à une revue avec 300 artistes sur la scène du Palace "Très femme, très sport". Celui qui aurait du devenir galibot repart en tournée dans toute l’Europe puis à Hollywood où il s'affiche avec les stars de l'époque. Il tourne trois nouveaux films en 1928 dont 'Toboggan', une comédie-dramatique sur l'histoire d'un champion déchu et vieillissant.

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  Mais Carpentier a joué beaucoup d'argent en bourse. Il est quasiment ruiné par le crash de Wall Street en octobre 1929. Il a aussi investi dans une entreprise de fabrication de batterie de cuisine 'Paris-Aluminim' Boulevard du Temple à Paris qui a fait rapidement faillite.

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En 1933, il revient de nouveau d'Amérique pour assister à la mort de son frère Albert à Vaires sur Marne, Celui ci est, selon 'la Culture Physique, journal référence de l'époque, d'un "surentraînement" (voir plus bas).

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  Janvier 1934, Georges Carpentier envisage, selon le journal 'La Boxe dans le Nord' de remonter sur le ring. Il se rend chez François Descamps et reprend l'entraînement. Mais quelques jours plus tard, le 25 février, son mentor et ami décède d'une congestion en assistant à une rencontre de football du club de la Guerche dont il était le Président. Cette mort anéantira tout espoir de revoir un jour Carpentier enfiler les gants.

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  Il dépense ses dernières économies dans l’achat d'un bar à cocktails à Paris, rue du Presbourg, qu'il appelle simplement 'Chez Georges Carpentier' et qu’il inaugure le 15 mars 1935.

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  Sa popularité est toujours aussi grande, il est l'invité dans de nombreuses manifestations, sportives ou artistiques. On le voit dans toutes les grandes soirées parisiennes où il se présente avec les stars de l'époque celui qui est devenu son ami, Georges Dempsey.

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  Durant la seconde guerre, Georges Carpentier est de nouveau mobilisé à l'aéroport militaire du Bourget le 15 mai 1939 puis est muté dès le 29 septembre au Bataillon de Joinville, au poste de moniteur-chef d’éducation physique. Il est démobilisé le 25 juin 1940.

   Le 7 septembre 1948, il est nommé ambassadeur du sport français à l’étranger et publie en octobre 1954 "Mon match avec la vie" chez Flamarion.

  Le 25 octobre 1955, son divorce d'avec Georgette Elsasser est prononcé par le Tribunal Civil de la Seine. Le 23 février 1956 à la mairie du 16ème arrondissement de Paris il se remarie avec une directrice de maison de couture Brigitte Massis (dont le véritable prénom est Huguette) de 30 ans sa cadette.

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  Georges Carpentier est devenu l'incontournable invité des grandes occasions parisiennes. Le 27 octobre 1957, il participe à la première de '36 Chandelles', l'émis-sion télévisée de Jean Nohain. En 1958, toujours à la télévision, il interprète en duo avec Maurice Chevalier 'Le p'tit Quinquin'. Retour dans les studios en 1964 pour participer au tournage de "La chance et l’amour" de Claude Berri toujours avec son ami Maurice Chevalier.Il est élu en janvier 1965 président d’honneur du comité national de boxe française et sera fait officier de la Légion d’honneur le 30 mars 1972.

  Mais il n'oublie par pour autant sa région et ses origines. En avril 1963, il participe à une cérémonie organisée par la mairie de Lens à l'occasion du cente-naire de l'une de ses tantes. Une autre fois, on le rencontre au Stade Bollaert où, en compagnie de MM. Schaffner, Maire de Lens et Michaux, Directeur du groupe Lens-Liévin des HBNPC, il assiste à une rencontre de football. Madame Ginette Haÿ, dans le dossier de Gauheria 'Lens en cartes postales anciennes' nous apprend que peu avant son décès, le 25 mai 1975, Georges Carpentier était encore à Liévin pour donner le départ d'un marathon.

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  Lors de ses nombreux séjours à Deauville, il assiste aux entraîne-ments de sa fille Jacqueline qui sera une joueuse de golf de niveau national.

  C'est chez elle, dans le 17ème arrondissement de Paris que le lundi 28 octobre 1975 Georges Carpentier succombe d'un infarctus à l'âge de 81 ans. Une foule nombreuse de célébrités et d'anonymes assiste à la cérémonie funèbre en l’église de la Madeleine à Paris. Selon sa volonté, Georges Carpentier est inhumé au cimetière de Vaires-sur-Marne dans le caveau familial.

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   La ville de Lens a honoré le souvenir de Georges Carpentier en donnant son nom à un stade situé dans la cité minière de la fosse 9.

   A Liévin, c'est une salle polyvalente rue Ampère qui porte son nom. Dans cette salle, un autre ancien champion de boxe liévinois Guy Caudron entraîne de jeunes gens (et de jeunes filles) au 'noble art' au sein du Boxing Club.

   A Paris, Boulevard Massena (XIIIe Arrondissement), une des plus grande salle polyvalente de sport porte le nom de 'halle Georges Carpentier'. Pouvant accueillir plus de 4000 spectateurs, elle est utilisée à la fois pour des compétitions sportives internationales et par les scolaires du quartier. Elle possède dans son hall d'entrée une statue du célèbre boxeur.

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  Dans son livre 'Mes 80 rounds' (Editions Orban) paru en 1976, Georges Carpentier avait écrit : "Je n'ai pas à me plaindre, ni de la vie, ni de ma vie. Elle aura été magnifique de bout en bout avec ses hauts et ses bas, ses joies et ses tristesses... Je peux partir sans avoir rien à me reprocher, sans avoir rien à regretter".

   Georges Carpentier fut, c'est certain, le boxeur français du 20ème siècle le plus célèbre dans le monde .

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Albert Carpentier, le grand frère aux multiples idées

  Albert Nicolas Auguste Carpentier est né à Croisilles le 2 janvier 1887. Après un passage à Liévin, il suit ses parents lorsqu'ils déménagent pour Lens en 1896.

   Il est alors employé comme ouvrier du jour aux Mines de Béthune et s'entraîne, comme son jeune frère, à la boxe dans la salle de François Descamps, rue Eugène Bar.

   Il tente également une carrière professionnelle. On le retrouve souvent à l'affiche des soirées organisées par Descamps. Il lui arrive parfois de disputer des matches-exhibition contre son jeune frère comme à Dunkerque le 2 août 1913.

   N'ayant pas le talent de son cadet, il abandonne rapidement la carrière de boxeur mais reste dans le milieu sportif en devenant à la fois professeur d'éducation physique, manager, arbitre et organisateur de combats.

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   Il ouvre de nombreuses salles de spectacles sportifs appelées 'Wonderland' dans le Nord (Lens, Béthune, Lille, Roubaix …) et devient une figure incontournable de la boxe dans la région.

  En 1917, la ville de Lens, située sur la ligne de front de la Première Guerre, est totalement évacuée. La famille Carpentier, le père, la mère, Albert et ses  deux sœurs, se rapproche de Georges qui est alors au Bataillon de l'Air à Joinville-le-Pont et s’installe à une vingtaine de kilomètres de là, à Vaires-sur-Marne.

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  Albert sillonne la France pour appliquer ses idées 'révolutionnaires' sur le sport. Professeur d'éducation physique, il enseigne à Paris, à l'école militaire de Saint-Cyr, à Evian, à Dinard, à Biarritz …. Très exigeant, il exige de tous ses élèves le dépassement de soi, les records, les meilleures performances. Dans le même temps, il écrit des articles dans les journaux sportifs dans lesquels il vante ses propres méthodes souvent décriées par la majorité des adeptes du culturisme. Pour lui, tous les jeunes qui veulent faire du sport doivent commencer par de la culture physique, seul moyen de préparer son corps aux difficultés d'un sport de compétition.

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  Adepte du sport total ''nu et en plein air'' par tous les temps, il écrit en 1923 que ''Les femmes ne sont pas faites pour les exercices de force et de résistance.'' avant de continuer : ''S'il y a des femmes qui accomplissent des performances supérieures à la moyenne des hommes, c'est que ce ne sont pas des femmes !''. Il ajoute par ailleurs qu'il est 'ridicule' pour un homme de plus de 70 ans de faire de la course à pied. (Source ''Vaires-Sur-Marne de 1914 à 1939'' par le Club d'Histoire du Collège René Gosciny aux Editions Amatteis en 1987).

  Il se permet aussi de traiter les dirigeants culturistes de l’époque de charlatans.

  Au milieu des années 20, il achète une salle de sports à Paris près de la gare de l'Est et faire construire un grand complexe muti-sports à Vaires-sur-Marne, au 56 Boulevard de Lorraine avec un terrain de tennis et une école d'éducation physique destinées aux adultes des deux sexes et aux enfants qui est inaugurée le 9 mai 1926.

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  Mais est ce pour avoir adopter pour lui-même ces principes extrêmes qu'il tombe malade au début des années 30 ? Certaines journaux l'affirment comme 'La Culture Physique', journal référant en la matière de l'époque : ''Le frère du boxeur est mort, victime du surentraînement, le 31 mars (1933) à 46 ans. Aujourd'hui, le Docteur Rouhet (dont Albert Carpentier avait souvent critiqué les méthodes) est un octogénaire vigoureux et en parfaite santé et l'athlète Carpentier disparaît à la fleur de l'âge''.

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  Albert est inhumé dans le tombeau familial du vieux cimetière de Vaires-sur-Marne où il est décédé.

 

 

 

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21 mars 2013

Elie Reumaux, directeur des Mines de Lens

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Elie Edouard Henri Jérémie Reumaux nait le 13 novembre 1838 à Wemaers-Cappel, un petit village blotti sur les pentes occidentales du Mont Cassel. Issu d'une très ancienne famille de Flandre, il passe toute sa jeunesse dans cette région. Fils de Benoît Henri Reumaux, exploitant agricole à Wemaers-Cappel et de Virginie Sophie Winckeel, il compte parmi les frères, Pierre Géry Reumaux qui fut directeur de l'Ecole de l'artillerie.

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D’une famille de sept garçons et deux filles. Elie Reumaux en est le second et l'aîné des fils. Voulant donner à ses enfants une éducation supérieure, son père l’envoie en 1849 au collège d'Hazebrouck, institution dirigée par l'abbé Dehaene. Elie Reumaux y reste huit ans et en sort avec le baccalauréat ès-lettres. Il rejoint alors à Dunkerque le collège des Dunes, pour y préparer le baccalauréat ès-sciences qu’il obtient en 1867 à Lille, devant un jury présidé par Louis Pasteur à l’époque Doyen de la Faculté des Sciences.

En 1858 il part à Paris et entre au lycée Charlemagne dans le but de se présenter à l'École Polytechnique mais doit abandonner ce projet pour raisons de santé. Il se tourne alors vers l'École Nationale Supérieure des Mines où il entre le 10 novembre 1859. La même année, afin de ne pas effectuer de service militaire, il se fait remplacer comme l’autorisait la loi à l’époque. Le 30 mai 1863, Elie Reumaux reçoit le "brevet" du Conseil de l'École qui deviendra plus tard le diplôme d'ingénieur civil des Mines.

C’est Ignace Plichon, député du Nord, qui lui avait déjà apporté son aide au cours de sa jeunesse, qui le fait entrer à la Compagnie des Mines de Béthune. Il la quitte un an après pour celle de Cauchy-à-la-Tour.

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C’est l’époque où le bassin houiller du Pas-de-Calais commence à prendre de l’importance. Parmi les entreprises qui se développent, on trouve la Compagnie des Mines de Lens, qui fut créée en 1852 par des industriels lillois. L’agent général des Mines de Lens Edouard Bollaert, qui désire embaucher un collaborateur chargé de la direction des travaux du fond s’adresse à Daubrée, le Directeur de l'Ecole Nationale Supérieure des Mines. Celui-ci lui recommande le jeune Ingénieur Reumaux

Le 1er mai 1866, à l’âge de 27 ans, Elie Reumaux est nommé ingénieur en chef de la compagnie lensoise. A la mort de d’Edouard Bollaert en 1898, il prend sa succession et poursuit son œuvre, faisant des Mines de Lens l’entreprise la plus importante du bassin.

En 1866, la production de Lens est de 350.000 tonnes en 1866, de 500 000 tonnes en 1872 et de 3 000 000 en 1900. Lors de l’Exposition Universelle de Paris Remaux est élevé par Millerand, Ministre des Travaux Publics, officier de la Légion d’Honneur. Il avait été fait Chevalier en 1879 et sera Commandeur en 1910.

Pour charger le charbon dans les péniches au canal de la Deûle à Pont-à-Vendin, Elie Reumaux y fait construire un quai d'embarquement qui est opérationnel en 1873.

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Il invente des appareils de criblage et de triage, des taquets hydrauliques qui seront utilisés dans tout le bassin minier. Il crée et réalise de nombreux dispositifs destinés à assurer la sécurité des mineurs lors des descentes ou des manœuvres ou des déplacements dans les galeries ; la plupart des Compagnies les adoptent.

Un gisement important est trouvé entre Lens et Avion dans un terrain où se trouvent de nombreux et profonds marais. Difficile d’exploiter, les installations risquent de manquer de stabilité. Reumaux fait de nouveau preuve d’ingéniosité pour y installer la fosse 5 qui débute son exploitation en 1876. La fosse est majestueuse : les machines modernes d’un mètre de diamètre construites spécialement, les cages à deux niveaux avec quatre chariots par étage, un système novateur decriblage et de nettoyage du charbon. Les bâtiments et chevalets sont à la mesure du reste : immenses. Placée au sommet d’une butte à la limite des deux communes, la fosse est visible de loin et la fierté de tous les collaborateurs d’ Elie Reumaux,

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Elie Reumaux habite une maison rue Bollaert, près des Grands Bureaux de la Compagnie et est alors Conseiller Municipal à Lens dont le maire est Eugène Courtin, l’un de ses grands amis, administrateur à la Compagnie des Mines de Liévin.

Cependant, la période est difficile. Les mineurs sont exploités et vivent dans la misère. De nombreuses grèves éclatent dont celle qui fait suite à la catastrophe des Mines de Courrières qui a fait près de 1100 morts. Lors de ces évènements, Reumaux est le représentant des Directeurs de Compagnies dans les négociations avec le Vieux Syndicat d’Emile Basly.

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Cette grève est dure et longue tant les mineurs sont excédés par leurs conditions. Mais Reumaux et les Compagnies ne veulent rien céder. Clémenceau, le ministre de l’Intérieur envoie des troupes dans le bassin minier pour réprimer les manifestations. La violence est quotidienne, la maison de Reumaux est saccagée et ce dernier reçoit l’assurance de Clémenceau d’être protégé en permanence par les soldats.

Finalement, affamés, les mineurs reprennent le travail sans avoir obtenu de grandes satisfactions.

Reumaux découvre que utilisation de l'énergie électrique peut être produite par les gaz disponibles des fours à coke et fait acheter par la Compagnie des Mines les compagnies de distribution d'électricité que sont la Société de Halage Électrique et la Compagnie Électrique du Nord. Il crée aussi le Comptoir des Benzols et le Comptoir des Sulfates.

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Pour développer la production de coke certaine, il crée avec la Société de Commentry- Fourchambault et Decazeville, la ‘Société Métallurgique de Pont-à-Vendin’ qui construit à Wingles une grande usine qui devait ouvrir au printemps de 1915.

En 1913, la production est de 4.000.000 de tonnes et possède 16 puits. La Compagnie emploie 16.000 ouvriers qui habitent dans les 8.000 logements construits par elle. Reumaux apporte des perfectionnements incessants au matériel mais aussi la création de cités ouvrières avec leurs églises, leurs écoles, leurs dispensaires, leurs jardins. Il crée aussi les écoles ménagères pour les épouses ‘afin que les mineurs se sentent bien à la maison et n’aient pas l’envie d’aller boire dans les estaminets’. Il développe les associations de médaillés, d'archers. Ceci dans le double but d’apparaitre à la fois comme un homme tourné vers le social et un dirigeant qui veut pouvoir disposer des mineurs à tout moment.

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Arrive alors le 4 octobre 1914 et l’invasion allemande. La production est immédiatement arrêtée. Reumaux ne change rien à ses habitudes : chaque matin il se rend à son bureau. Il vient en aide aux lensois comme il le peut, aidé de son gendre Léon Tacquet, petit fils de Guislain Decrombecque. Il collabore aussi avec Emile Basly, son adversaire d’hier, à l’organisation du ravitaillement des habitants restés à Lens. 

Pour palier au manque de numéraire, il fait émettre des bons au nom de Compagnie des Mines de Lens remboursables à la fin du conflit.

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En septembre 1916, les combats font rage aux abords de la ville. Les Allemands organisent l’anéantissement systématique des fosses avec la destruction par l’explosif des cuvelages des puits pour noyer entièrement les galeries.

Elie Reumaux proteste contre ces destructions inutiles au point de vue militaire mais les Allemands ne l’écoute pas. Ils ont chargé des ingénieurs venus spécialement de Westphalie de diriger la destruction par l'explosif des cuvelages des puits pour noyer entièrement les travaux souterrains.

Le 23 octobre les Allemands l’obligent même à assister personnellement au dynamitage de la fosse 13 qui porte son nom.

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Les malheurs continuent pour la Compagnie : début 1916, un obus met le feu aux archives et en l'espace de 4 heures, il ne reste plus des Grands Bureaux que des ruines et quelques pans de mur.

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Il quitte finalement Lens en Mai 1916 pour Valenciennes où il est hébergé chez le Directeur Général des Mines d'Anzin. Il commence à travailler à un plan de reconstitution des Mines de Lens. Il est ensuite évacué vers la Suisse où il s'occupe aussitôt des commandes nécessaires au dénoyage.

A la fin de la guerre, il rentre à Lens. La ville, les cités minières et les puits de mine ne sont que ruines. En regardant ce qu’il reste des chevalets, il déclare : «Dans dix ans, les mines de Lens seront reconstituées». Désirant que ce travail soit suivi de bout en bout par le même homme, il abandonne ses fonctions de Directeur Général qu’il transmet à Ernest Cuvelette le 1er janvier 1919.

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Le Conseil d'Administration, désireux de s'attacher un concours plus précieux que jamais et en souvenir des 52 ans de services de M. Reumaux, appelle son ancien Directeur Général au siège laissé vacant par Albert Motte et 2 ans plus tard, à la mort de Théodore Barrois, il le nomme Président. Cette année là, il a la douleur de perdre son épouse.

Il siège aussi alors aux Aciéries du Nord et de l'Est et à la Compagnie du Chemin de fer du Nord et est nommé Président du groupement des Houillères Sinistrées et du conseil de celui de Sarre et Moselle où il parvient à augmenter la production de 50% en deux ans.

Le 28 octobre 1922, se rendant à Carling, Elie Reumaux tombe du train en pleine voie et est tué sur le coup. Ce sont les employés de la gare d'Ars-sur-Moselle qui le retrouvent sur la voie. L’enquête ne permettra pas de connaître les circonstances de l’accident.

Ses funérailles ont lieu à Lens le 4 novembre 1922, au milieu d’une affluence considérable. Le maire de Lens Emile Basly, l'évêque d'Arras, le Chanoine Henneguet, archiprêtre de Lens, de nombreux dirigeants de grandes entreprises et les porions en tenue de travail rendent les derniers honneurs à celui qui avait tant contribué à sa prospérité de la Compagnie et de la ville chez M. Léon Tacquet, son gendre, où le corps a été déposé. Des trains spéciaux avaient été organisés de Paris et de Lille.

La brigade de gendarmerie de Lens, la police municipale, la Fanfare Ouvrière, la Compagnie des Sapeurs-Pompiers, l'Union des Mutilés et Anciens Combattants, l'Union du Commerce et de l'Industrie, de nombreuses sociétés musicales, la Société de Secours Mutuels "La Fraternelle", les enfants des écoles, les Médaillés du Travail, l'Harmonie des Mines de Lens mènent le cortège.

Puis arrive le corbillard suivi suivi des religieuses franciscaines de Lens et de la famille, les membres du Conseil d'Administration de la Compagnie des Mines de Lens et des Conseils d'Administration dont le défunt faisait partie Elie Reumaux, le délégué du Préfet et le Sous-Préfet de Béthune, le Conseil municipal de la ville de Lens au complet, la délégation du Bureau de Bienfaisance et des Hospices, les Directeurs des Compagnies Houillères, les Ingénieurs et Chefs de Service des Mines et de nombreux mineurs lensois en tenue de travail.

La cérémonie religieuse a lieu dans la chapelle provisoire Saint Edouard. Puis la dépouille d’Elie Reumaux est inhumée au cimetière est de Lens.

Quelques temps après son décès, l’avenue du 4 septembre prolongée qui vient d’être percée et passe devant les nouveaux Grands Bureaux des Mines de Lens est baptisée ‘Avenue Elie Reumaux’. En France, dans plusieurs communes comme à Merlebach, des rues ou édifices portent aussi son nom.

chapelle

 

Les titres d’Elie Reumaux :

 

  • Elève de l'École Supérieure des Mines de Paris (promotion 1860)

  • Commandeur de la Légion d'Honneur le 15 mai 1910, Officier de l'ordre de Léopold de Belgique,

  • Successivement Ingénieur, Ingénieur en Chef, Directeur Général, Président du Conseil d'Administration de la Société des Mines de Lens,

  • Président du Conseil d'Administration de la Société Houillère de Sarre et Moselle,

  • Administrateur de la Compagnie du Chemin de fer du Nord,

  • Président d'Honneur de la Société des Ingénieurs Civils de France,

  • Vice-Président du Comité Central des Houillères de France,

  • Administrateur honoraire de la Société de l'Industrie Minérale et Président d'Honneur du District Nord,

  • Membre d'Honneur des Associations de Liège, Mons et Louvain,

  • Ancien Membre du Comité Consultatif des Mines, de la Commission du Grisou, du Conseil de Perfectionnement de l'École Supérieure des Mines de Paris,

  • Grand Prix aux Expositions Universelles de Paris 1889, Hors Concours en 1900,

  • Vice-Président aux dernières Expositions de Louvain, Liège et Bruxelles.

Principaux brevets déposés par Elie Reumaux :

 

  • 1873 : Système d’embarquement pour les charbons

  • 1877 : Système d’appareil de triage et de câblage

  • 1886 : Système d’enclenchement des taquets avec les sonneries et les barrières d’accrochage de fond.

  • 1888 : Appareil d’arrêt automatique des machines d’extraction.

  • 1889 : Système de taquets à effacement par rotation autour d’un axe excentré.

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19 février 2013

Casimir Beugnet

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   Le 12 février 1861 à Sars-le-bois près d'Avesne le Comte (Pas-de-Calais), Sophie Hermance Godart, 22 ans, met au monde son premier fils qu'elle prénomme Jean Baptiste Joseph Casimir. Le père, Evariste Azarie Beugnet (28 ans), qui est garde barrière pour la Compagnie du Nord à Brebières, l'épouse quelques jours plus tard et reconnait l'enfant.

   En 1872, on retrouve les Beugnet à Grenay après un séjour à Sainghain-en-Weppes (Nord). La famille de Jean Batiste, dont l'histoire ne conservera que son troisième prénom Casimir, demeure à la station des chemins de fer de la route de Bully où le père est à cette période 'marchand colporteur'. Evariste et Sophie auront huit enfants : quatre garçons d’abord qui travailleront tous à la mine puis quatre filles.

   En 1874, Casimir a treize ans lorsqu'il se fait embauché par la Compagnie de Béthune. Il commence à travailler à la fosse 1 de Bully. Il y reste jusqu'à ses dix-huit ans, âge auquel il s'engage dans l'Armée et part au Sénégal.

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  Sa période militaire dure quatre ans et quatre mois dont plus de trois ans dans les colonies. Sergent volontaire dans le 1er Régiment colonial, il fait partie de la première expédition sur Madagascar en 1881.

   Mais, mal préparés, beaucoup d'hommes sont victimes du paludisme. Revenu malade, fiévreux, Casimir retourne chez ses parents qui habitent maintenant dans la cité des Brebis à Bully-en-Gohelle (qui deviendra Bully les Mines en 1925) où son père a trouvé un emploi de charpentier. Son état de santé l'empêche de reprendre son métier de mineur de fond.

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  Il ouvre alors un commerce à Bully mais ne réussit pas à en vivre et doit l'abandonner rapidement.

   Il reprend ensuite son travail à la mine en même temps qu'une carte au 'Vieux Syndicat' d’Émile Basly et Arthur Lamendin. En 1890, il est élu délégué des mineurs, chargé de la sécurité à la fosse 2 (située à la limite de Bully et de Mazingarbe), charge qu'il assurera pendant neuf ans. Au fur et à mesure que son rôle syndical devient important, il devient la cible des dirigeants de la Compagnie.

  Le 27 novembre 1891, il fait partie de la délégation de mineurs élue pour participer à la convention d'Arras où, avec les dirigeants des compagnies et le préfet Alapetite, sont définies certaines règles pour le travail dans les mines du bassin (salaires, représentation syndicale, sécurité sociale...). Les autres délégués sont Paris de la Compagnie de Dourges, André Jouveneau de l'Escarpelle, Arthur Lamendin et Emile Basly.

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  Le 11 juin 1892 à Bruay, Casimir Beugnet se marie à Berthe Toulouse agée de 22 ans avec qui il aura 5 enfants (trois filles et deux garçons, Louis et Henri qui immigrèrent aux USA en 1904) et est élu Conseiller Municipal à Bully.

   Toujours à la tête des mouvements, le 24 octobre 1893, en compagnies d'autres mineurs, il est arrêté par la gendarmerie devant la fosse 2 pour entrave à la liberté de travail.

   Après cette grève pendant laquelle il fait voter par le Conseil Municipal une aide de 2000 francs au Comité de Grève, il est licencié par la Direction de Béthune et ouvre alors un estaminet à Mazingarbe dans le Coron de la fosse 2. Pendant quatre ans, il est conseiller municipal dans  cette  localité. 

   Peu de temps après, il doit quitter  Mazingarbe et reprendre son métier de mineur de fond à la Compagnie d'Ostricourt dans l'une des fosses de Oignies.

   En 1898, il est nommé trésorier du Syndicat de Mineurs du Pas-de-Calais puis responsable du service du contentieux de ce syndicat. Il est aussi membre successivement du Parti Ouvrier, du Parti Socialiste Français puis de la S.F.I.O.

  Il devient alors permanent du syndicat et ne descendra plus jamais au fond. Il intervient devant les tribunaux pour que les mineurs et leur famille, en application de la loi du 9 avril 1898 bénéficient du régime spécial d'indemnisation en cas d'accidents du travail.

   En 1900, il emménage à Lens où il est aussitôt élu conseiller municipal sur la liste d’Emile Basly. Avec son épouse, il tient un café sur la Place Verte qu'il quitte pour un autre rue Decrombecque, près des magasins Marchand-Frères.

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   Dans le même temps, il est toujours le trésorier d'un syndicat des mineurs dont le fonctionnement demande de plus d'argent. Aussi, selon le journal 'L'Action Syndicale' du 'Jeune Syndicat' de Benoit Broutchoux, Beugnet n'hésite pas à se rendre sur les carreaux des fosses les jours de quinzaine pour alpaguer les mineurs qui ne sont pas à jour de leurs cotisations.

  En octobre  1902, il participe ainsi aux négociations conduisant à la retraite dès 55 ans après 35 années de travail pour les mineurs.

   A Lens, il devient Président des Pupilles Socialistes et administrateur de la fanfare ouvrière qui vient de devenir municipale à la demande d'Emile Basly. Il collabore aussi aux journaux syndicaux et socialistes (La Voix du Mineur et Le réveil du Nord).

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  Franc Maçon, en 1903, il est initié à La Fidélité à Lille et en 1904 entre à Union-Travail de Lens dès sa création le 26 juin.

   Vif, remuant, grand orateur et meneur d'hommes, c'est à Casimir Beugnet que le syndicat confie souvent la tâche de mener les réunions publiques. Avec les partisants du jeune syndicat, elles sont souvent houleuses mais l'homme a de la répartie. Il est en tête de ligne avec Basly et Lamendin lors des grèves de 1906 qui ont fait suite à la catastrophe des mines de Courrières. Face aux violences de certains grévistes, il dit lors d'une réunion à Lens le 22 avril : ''La grève continue mais je crains qu'avant peu, elle ne soit écrasée par les bottes des gendarmes''.

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   Au Congrès des Mineurs de mai 1908, il demande que soit proposé au Gouvernement une loi pour empêcher que ce soient les médecins des compagnies qui déterminent seuls les causes des accidents du travail.

    En janvier 1909, il se présente aux élections sénatoriales sous l'étiquette du Parti Socialsite Unifié mais est battu par le candidat du parti républicain.

  Lorsque le Syndicat des Mineurs décide d'ériger  la Maison Syndicale de Lens, c'est à Casimir Beugnet que revient la tâche de trouver l'argent nécessaire à la construction du bâtiment.

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  Casimir Beugnet est un bon vivant : il aime les bons repas, les bons cigares et aussi la dive bouteille. Cela nuit parfois à sa réputation. Ainsi, Gabriel Alapetite, Préfet du Pas de Calais lors de la Convention d'Arras en 1891 écrivait : ''Aux Mines de Béthune, je fus trouvé enveloppé par une foule de grévistes conduite par un membre influent du syndicat du nom de Beugnet... Beugnet sortait du cabaret, il était très échauffé, parlait très haut avec une loquacité intarissable mais il n'y avait ni ordre, ni clarté dans son discours''.

   Le vendredi 1er juillet 1910, il assiste à une réunion à la maison du peuple à Liévin. De retour chez lui, il est victime d’une attaque cardiaque et décède vers 21 heures. La vie trépidante qu'il a mené et les excès sont certainement la cause de sa mort à l’age de 49 ans.

  Le lundi suivant, la ville de Lens et le Vieux Syndicat lui font des funérailles grandioses, des milliers de personnes suivent le convoi funèbre et les adeptes de la loge franc-maçonnique forment un groupe devant le char funéraire. A la porte du cimetière-est où il est inhumé, de nombreuses allocutions sont prononcées et c'est à Emile Basly que revient le devoir de faire son éloge funèbre.

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  Il est enterré dans un caveau dominé par une obélisque près de celui des maires de Lens. Sur sa tombe, un livre de pierre, symbole de la franc-maçonnerie, où est gravé ce texte d'Emile Basly : ''Sa vie fut un continuel exemple de bonté, de générosité, de dévouement, d'énergie. Se battre et toujours se battre pour le peuple, cela fut la devise de celui que nous perdons. Que cet exemple serve à ceux qui viendront après nous et qu'ils gardent de Casimir Beugnet un impérissable souvenir''.

  Le journal 'l'Action Syndicale' écrit : ''La mort de Casimir Beugnet sera un véritable deuil pour la région minière. Plusieurs fois, nous avons eu l'occasion de nous attraper avec Beugnet. Mais il faut reconnaître que c'était un adversaire franc, loyal, courageux, spirituel et puissant... Sur la question des accidents du travail, il était d'une compétence indiscutable et rendit de nombreux services à la classe ouvrière''.

  En sa mémoire, le syndicat des mineurs érigea une statue à son effigie dans la cour de la Maison Syndicale de Lens et la municipalité rebaptisa la rue du Creusot (où se trouve cette Maison Syndicale) en 'rue Casimir Beugnet'. Une vingtaine de communes du Pas de Calais ont aussi donné son nom à une rue ou un lieu public.

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25 janvier 2013

Hommage à Raymond DELABY

   En réponse à l'article dans lequel j'écris que la ville de Lens n'a pas, à ce jour, honoré la mémoire de Raymond Delaby, M. Christian Daubresse, ancien adjoint au Maire chargé de la Culture a tenu a apporté cette précision :

   Le 6 janvier 1982, une cérémonie d'hommage à ce grand savant avait lieu à l'Académie de Pharmacie. M. Daubresse s'y est rendu accompagné de son ami Jean Bourriez qui n'est autre que l'auteur d'ouvrages historiques sur les personnalités locales comme 'Lens, les Maires : G. Decrombecque, E. Basly, A. Maës, e. Schaffner' (1979) ou 'Lens, trois savants oubliés : Auguste Béhal, Amand Valeur, Raymond Delaby ' (1981).

   M. Daubresse m'autorise à diffuser cette photo où on le voit saluer Madame Delaby en compagnie de Jean Bourriez.

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