Le Lensois-Normand Tome 4

28 janvier 2012

Avertissement

  Suite à des abus, je suis désolé de préciser que les articles figurants dans ce blog ont été écrits après plusieurs semaines de recherches et de mise en page. Il ne peuvent donc être reproduits, que ce soit par écrit ou sur Internet, sans avoir obtenu au préalable l'autorisation de l'auteur et en citant clairement les sources. Toute utilisation commerciale est strictement interdite.

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27 janvier 2012

Les Maires de Lens du 20ème siècle

  PREAMBULE :

   Je commence aujourd'hui la publication des articles sur 'Les Maires de Lens du XXème siècle'. Mes recherches ont été faites sur Internet bien sur où foisonnent des milliers d'informations pour ceux qui ont la patience de fouiller. Je recommande d'ailleurs le site de la Bibliothèque Nationale de France, GALLICA, où l'on peut consulter et même télécharger de nombreux documents anciens. J'ai aussi obtenu des renseignements dans des ouvrages tels :

  • 'Les Dossiers de Gauheria' avec l'aimable autorisation de Monsieur GHIENNE,

  • 'Lens, son passé, ses houillères' d'Alfred BUCQUET,

  • 'Le Martyre de Lens' d'Emile BASLY

  • Deux ouvrages écrits par Jean BOURIEZ : 'Quelques noms du syndicalisme minier' et 'Lens, les maires', et qui m'ont été confiés par M. Christian DAUBRESSE

  • Le RC Lens et les Gueules Noires de Marion Fontaine aux Rivages des Xantons

  • 'Mémoire en Images' de Gérard Leclercq aux éditions Alan Sutton

  • 'Mineur de fond' d'Augustin Viseux aux éditions Terre Humaine 1992

  • 'Les Canadiens à Lens' de Christian Duquesne aux éditions YSEC 2007

  • 'Liévin -3000 +2000' (1970) et 'Arthur Lamendin' (1978) de Jean Pierre Roger édités par Artois 2000

  • "La destruction et la reconstruction des Mines de Lens", Conférence d'Ernest Cuvelette 1922

  • Face à la persécution: 991 Juifs dans la guerre de Nicolas Mariot et Claire Zalc aux Editions Odile Jacob
  • Des articles de presse de 'L'Action Syndicale', 'La Voix du Nord', 'Nord Matin', 'Nord Eclair', 'L' Avenir de l'Artois', 'l'Unité", "Le Patriote", "La Nation Socialiste", "Le Parisien"

  • Les brochures municipales : 'L'oeuvre d'une municipalité socialiste 1919-1929', 'L'oeuvre de la Municipalité socialiste de 1929 à 1935' sous Alfred Maës; 'L'œuvre de la municipalité depuis 1935' signée Paul Sion; 'Le Bulletin Municipal' du bilan de la municipalité communiste en 1947; 'L'œuvre de la municipalité de 1947 à 1953 sous le mandat d'Ernest Schaffner'; 'Lens, Ville dynamique' (1970) et 'Lens, cité d'accueil' (1975).

  • Brochure de la Foire Commerciale de Lens de 1938

  • Saison d'Alsace n°31 de 1969

 Un grand merci également à

- Aurélie DAVID Responsable du Service des Archives de la Ville de Lens et sa collègue Dorine CORROYER qui me transmettent toujours gentiment les renseignements et documents que je leur demande.

- Maurice Dhédin qui est mon 'correspondant particulier' à Lens et grâce à qui je peux diffuser certaines photos récentes.

- Catherine, petite fille d'Alfred Maës et Bernard Schaffner, fils de l'ancien Député-maire de Lens.

- Les services d'Etat Civil des communes que j'ai contacté (Lens bien sûr mais aussi Cauchy-à-la-Tour, Lille, Strasbourg, Saint Omer, Crissey, Châlon sur Saöne, Marquillies).

- Et toutes les personnes qui ont accepté de répondre à mes questions en particulier Marion Fontaine et Bernard Ghienne.

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26 janvier 2012

Les Maires de Lens du 20è siècle : Eugène COURTIN

  Quand on évoque les maires de Lens du XXème siècle, on doit obligatoirement commencer par Eugène COURTIN, bien qu'il n'ai laissé un souvenir impérissable lors de son mandat. C'est avec lui que le bourg qu'était Lens à l'époque bascule dans le 20ème siècle même s'il quittera son siège 4 mois plus tard. Il a succédé en 1896 au pharmacien Alfred Wagon.

  Selon le bulletin de naissance n°36 de Lourches de 1857, Eugène Courtin y est né le 21 avril à 1 h 00 du matin. Il est le fils de Jean François Courtin, cultivateur dans ce village et de Victoire Forest de Briastre. Son père est aussi, depuis 1856, l'un des principaux promoteurs de la société de recherche de la Compagnie de Liévin avec un certain Jean Baptiste Defernez.

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  Après avoir fait son service militaire en 1876 comme 'engagé conditionnel' qu'Eugène Courtin, licencié en droit, devient représentant de la Compagnie de Liévin puis Directeur du Conseil d'Administration (fonction qui l'amènera à s'opposer à un syndicaliste futur Maire de Liévin, Arthur Lamendin) avant de se faire élire Maire de Lens (Il habite à l'époque rue Carnot). La mairie n'est alors qu'une grande demeure construite en 1822 et mitoyenne avec la ferme Roussel.

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 Lens est alors un paradoxe entre le bourg semi-rural implanté à l'intérieur de ce que furent les remparts et l'industrialisation des terrains limitrophes appartenant à la Compagnie Minière. Lorque Courtin est élu Maire, la ville compte plus de 17 000 habitants. Il y en aura près de 24 000 à la fin de son mandat.

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  Le 24 novembre 1898, au nom de la Municipalité, il accueille le Président Félix Faure lors d'une visite éclair et surprise à la fosse 11 des Mines de Lens. A cette occasion et tout en regrettant que le Président ne passe pas à l'Hôtel de Ville, il prononce devant la gare un bref discourt préparé à la hâte et résumé dans cet extrait du 'Petit Journal' du 25 novembre :

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  On retiendra quelques unes des actions faites sous son mandat : agrandissement de l'hospice auquel il a fait voté par le Conseil Municipal une subvention annuelle de 6000 francs et aussi une subvention 'exceptionnelle' de 25 000 francs du …. Pari Mutuel (dont fait parti son grand ami Léon Tacquet, grand éleveur et notaire à Lens) et aussi mise en place d'une caisse de retraite pour les employés municipaux.

  Il est aussi Président de la Caisse d'Epargne de Lens de 1896 à 1924 et membre de la Commission Supérieure des Caisses d'Epargne. C'est sous son mandat de Maire en 1897 qu'est construit le bâtiment de la Caisse d'Epargne, Place Verte (Place de la République) sur un terrain acheté à la ville : depuis 1843, les services fonctionnaient dans une salle de la mairie.

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   A la fin de la Première Guerre, il rouvre la Caisse d'Epargne à Berck avant de la ramener dans un premier temps à Bruay-les-Mines puis de nouveau à Lens, dans des 'abris de fortune de la Place du Cantin' d'abord puis de nouveau Place de la République en 1923, lors de la reconstruction du bâtiment. Le bâtiment est inauguré le 12 octobre. Eugène Courtin a voulu que cette cérémonie soit 'simple et intime'. Son discours, au cours duquel il relate l'historique de la caisse d'Epargne de Lens, est d'ailleurs le seul de la journée. (Source dossier Gauheria n°8, 'La Renaissance de Lens' de Ginette Haÿ)

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  Eugène Courtin fait de nombreux voyages d'études en Europe et en Algérie. Il est encore aujourd'hui le dernier «Maire conservateur» à avoir gérer la ville de Lens.

  Il est le frère de Paul Courtin qui était propriétaire d'une brasserie au lieu-dit 'La Coulotte' à Avion.

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  Dans son livre 'Le Martyre de Lens', Emile Basly évoque Eugène Courtin lorsqu'il parle de l'union sacré des responsables lensois dès 1914 devant l'ennemi allemand : 'M. Courtin, mon ancien adversaire politique que j'avais remplacé à la mairie, me tendit, en arrivant, cordialement la main'.

  Réfugié à Lille dès le début de cette guerre, il est rappelé à Lens par les Allemands en 1915, avant d'être emmené comme otage à la fin de l'année. Léon Tacquet, dans son journal publié sous le nom 'Dans la Fournaise de Lens' par Gauheria (dossier n°7 paru en 2004), écrit à propos de lui : 'Eugène Courtin est de plus en plus déprimé : nous ne savons comment le remonter. Il tombera certainement malade si les hostilités durent encore quelque temps'.

  A la fin de cette guerre, alors que Lens n'est plus que ruines, il habite quelques temps à Paris, rue Décamps dans le 16è. De retour dans sa ville, il prend les fonctions de Président de la Société Civile Coopérative de Reconstruction de la Ville de Lens. Il a ainsi l'occasion de travailler avec Emile Basly, celui qui l'a battu aux élections municipales de 1900. Cette société est dissoute le 30 novembre 1930 : elle a permis la reconstruction de plus de 800 maisons. Le solde positif présenté par Eugène Courtin d'un montant de 200 000 francs est versé aux œuvres de bienfaisance. (source Gauheria dossier n°8, «La renaissance de Lens» par Ginette HAY).

  Courtin est aussi connu pour avoir participé activement au développement de la prévoyance sociale dans le bassin minier.

  En septembre 1920, il est fait Chevalier de la Légion d'Honneur puis Officier cinq ans plus tard. Il m'a été impossible de trouver une représentation d'Eugène Courtin. Par contre, voici un extrait d'une lettre qu'il a écrite et où, à la suite de sa signature, il indique ses deux adresses en 1925.

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  Puis Eugène Courtin disparaît de la vie publique. Selon certaines sources, il serait décédé en décembre 1945 dans la Sarthe où il s'était retiré.

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05 décembre 2011

Les Maires de Lens du 20è Siècle : Emile BASLY (1)

  C'est le 1er mai 1900 qu'Emile Basly est élu Maire de Lens. A cette date, cela fait 10 ans qu'il y réside. Depuis 1891, il est Député de la circonscription de Béthune mais c'est surtout son rôle syndical qui a marqué le début de sa carrière publique.

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BASLY, le syndicaliste d'Anzin

  Il nait le 29 mars 1854 à Valenciennes dans la maison familiale; son père est tonnelier et sa mère hercheuse à la Compagnie des Mines d'Anzin. Son enfance n'est pas des plus heureuse puisqu'il devient orphelin de père et mère dès son plus jeune âge. En 1864, il est donc placé à l'Hospice de Valenciennes et y reçoit une instruction religieuse très stricte de la part des Sœurs de la Doctrine Chrétienne.

  Placé ensuite dans une famille de mineurs, il est embauché comme galibot à 12 ans à la fosse Villars de la Compagnie des Mines d'Anzin à Denain. Il gravira les échelons du métier de mineur de fond pour devenir d'abord hercheur puis abatteur. Il travaillera au fond jusqu'à l'age de 30 ans.

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la fosse Villars

  Basly n'apprécie pas d'être sous la tutelle des Religieuses de Valenciennes jusqu'à sa majorité. Les nombreux conflits qu'il occasionne et l'éducation sévère qu'il reçoit lui fond naître des sentiments anticléricaux profonds.

  C'est donc avec soulagement qu'il part ensuite au service militaire. Lorsqu'il en revient en 1875, il épouse la sœur d'un de ses compagnons de la mine, Joséphine Fournier.

  1880, Basly a 26 ans. Une grève soudaine est déclenchée aux Mines d'Anzin : il prend l'initiative de mener le combat à la tête ses camarades.

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Basly à cette époque

  Mais les conséquences sont importantes : il est immédiatement licencié et se retrouve sans travail. Il ouvre alors à Anzin un estaminet, 'Le Café du XIXème siècle' qui devient vite un lieu de réunions syndicales et de grandes discutions.

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  Sa notoriété naissante suscite un intérêt croissant chez les journalistes. Un hebdomadaire de l'époque écrit un article sur le jeune Basly cabaretier et meneur de grève.

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  En 1883, il participe à la création de chambres syndicales dans la région de Valenciennes et devient Secrétaire général du Syndicat des Mineurs d'Anzin. Il est aussi élu Conseiller Municipal à Denain

  Un an plus tard, il est de nouveau le leader d'une grève qui va durer 55 jours. Ce mouvement se termine par un échec puisque Basly ordonne la reprise du travail sans avoir obtenu d'avancées significatives. Cependant, cette grève a fait de lui une 'vedette de l'actualité' : des journalistes parisiens viennent le voir dans son café et lui dédient de nombreux articles !

  Dans les corons, c'est le contraire, Basly est tenu pour responsable de l'échec de la grève. Un article du journal 'L'Aigle' dit de lui le 6 avril 1884 : 'Monsieur Basly se promène d'Anzin à Paris et de Paris à Anzin, avec la douce satisfaction du marchand de vins qui voit prospérer ses affaires. Allons, mineurs, ouvrez donc les yeux à la fin!'

  Preuve de sa notoriété politique nouvelle, en 1885 il se présente aux élections législatives (sur une liste radicale menée par Zéphirin Camelinat, Ministre des Finances et Georges Clémenceau) dans la capitale et est élu par près de 200 000 Parisiens qui ne le connaissent pas ! Il écrit en 1888 dans le journal radical 'L'Eclaireur' un article sur 'les sans-gite', dénonçant la politique de l'Etat vis à vis de ceux qu'on appelle aujourd'hui les SDF ! Article qui nous démontre que plus de 120 ans plus tard, peu de choses ont changé sur ce sujet. En juillet 1888, à l'Assemblée nationale, il prend la parole dans la discussion sur le travail des mineurs et des femmes dans les manufactures et demande en vain la limitation de la journée à huit heures de travail.

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  Cependant il perd de plus en plus de sa notoriété dans les cités minières. Le 6 octobre 1889, il est battu de peu aux élections de 1890 par Paulin MERY (5.806 voix contre 5.784). Il pense avoir une nouvelle chance après que cette élection soit invalidée mais le 16 février 1890, il est de nouveau battu par le même homme plus largement cette fois (5.707 voix contre 5.510).

  Pour des besoins d'argent, il collabore alors au journal 'Le Réveil du Nord'. Il rejoint son ami Lamendin, au Syndicat des Mineurs de Lens-Liévin. Le 22 février 1891, une élection partielle a lieu dans la première circonscription de Béthune (Pas-de-Calais). Emile Basly est candidat et, cette fois, il l'emporte aisément, dès le premier tour de scrutin, obtenant 8.895 suffrages contre 5.477 à son concurrent le mieux placé, M. Wagon

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Arthur Lamendin, le futur Maire de Liévin

  Il n'abandonne pas pour autant le syndicalisme puisque, après avoir mener une nouvelle grève, il prend, en 1891, la tête du 'Syndicat des Mineurs du Pas de Calais' qui vient d'être créé notamment par Arthur Lamendin et qui regroupe 30 000 adhérents. Il devient ensuite secrétaire de la Fédération Nationale des Mineurs en 1896. Le siège de ce syndicat se trouve au café de Félicté Carpentier, rue de la Paix où Basly a pris pension avant d'achetre une maison rue Diderot.

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Le café Carpentier

  Dès 1892, Basly et son syndicat interviennent auprès du Sénat pour que soit étudié les cas des mineurs. Deux ans plus tard paraissent les lois sur les caisses de Secours et de Retraite et l'année suivante celle sur les accidents du travail.

  Basly et Lamendin sont les deux leaders du syndicat. Ils vont connaître les nombreuses grèves des mineurs du Nord-Pas de Calais comme en 1891 à Marles les Mines et en 1893 à Lens. Préférant la négociation, ils sont opposés à ces mouvements mais la majorité des mineurs décide de cesser le travail. Après la grève de 1893 et la répression patronale qui a suivi (expulsion des délégués des corons, licenciements, attaques en justice ...), le syndicat est affaibli et ne comprend plus que 10 000 adhérents. C'est à ce moment que Basly rejoint la franc-maçonnerie (source Gauheria dossier 54, 'Union et Travail de Lens : Cent ans d'une loge maçonnique au cœur du bassin minier').

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03 décembre 2011

Les Maires de Lens du 20è Siècle : Emile Basly (2)

  BASLY, l'homme politique lensois :

  Au début des années 1890, l'homme politique prend souvent le pas sur le syndicaliste. Ainsi en 1894, il adhère au groupe socialiste de la Chambre des Députés pour en démissionner un an plus tard ! Pourtant, en 1898, c'est de nouveau sous l'étiquette socialiste qu'il se représente aux élections législatives. On a entendu à l'époque dire de lui qu'il changeait de vêtements dans le train reliant Paris à Lens afin d'avoir une tenue appropriée pour ne pas choquer ses électeurs en arrivant sur les quais de la gare de Lens.

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Dessin du Journal l'Illustration en 1884

  De plus en plus politique et de moins en moins syndicaliste, Basly s'oppose même à son ami Florent Evrard. On lui reproche de plus en plus son attitude trop autoritaire au sein du syndicat.

  En mai 1900, face à Eugène Courtin son prédécesseur, Emile Basly est élu Maire de Lens. Basly Premier Magistrat de la ville, c'est l'image de Lens qui va changer.

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Basly en 1900 (dessin du Progrès Illustré)

  A l'époque, Lens n'est qu'un gros bourg où sont implantées de nombreuses fermes mais la ville compte près de 25 000 habitants avec les constructions de corons en périphérie.

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Les corons du Grand Condé vers 1900

  Basly va moderniser la commune pour qu'elle réponde aux besoins de cette population grandissant rapidement suite à l'essor des Compagnies Minières. Développement du réseau des égouts, réfection de la voirie, création de groupes scolaires, de crèches, d'un hôpital et d'un hospice pour les personnes âgées (administré par Florent Evrard).

  Basly veut que l'on soit heureux à Lens : de nombreuses manifestations et festivités ont lieu comme les grandes fêtes organisées pour le couronnement des Muses de 1901 et 1913 ou les Fêtes de la Gymnastique de 1905 et 1907. Sous Basly, Lens est devenue la Capitale du Pays Minier et son Maire sera surnommé: 'Le Tsar de Lens'. Cela contribue à sa popularité : en 1906, il est réélu Député sans problème avec 12 330 voix sur 17 880 votants.

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Basly avec la Muse des Mineurs de 1901

  Basly décide de se concentrer plus sur sa ville qu'à son action syndicale bien qu'il soit toujours à la tête du 'Vieux Syndicat'.

  Vieux syndicat pourquoi ? Parce que c'est en 1902 qu'un dénommé Broutchoux arrive à Lens et forme avec Goudemetz un syndicat révolutionnaire dans les mines appelé aussitôt le 'jeune syndicat'. Jusqu'en 1907, ce sera une lutte haineuse entre les deux organisations ouvrières comme le prouve ces extraits du journal 'L'Action Syndicale' des amis de Broutchoux.

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Journal action syndicale

  Cela ne l'empêche pas en 1902 d'être réélu Député avec 15225 voix contre 792 à son adversaire Norange et les dirigeants du vieux syndicat ne restent pas inactifs. Ils réclament même dès 1903 la nationalisation des houillères.

  1904, Basly est réélu sans problème Maire de Lens. Sur sa liste, on trouve Casimir Beugnet, Florent Evrard, François Huleux, Alfred Van Pelt, ses compagnons de lutte mais aussi Lucien Duvet, brasseur Place du Cantin, Victor Lefebvre 'rentier' qui vit des loyers de ses 28 maisons lensoises, Arthur Masquelier, un des plus gros entrepreneur de la ville, Fernand Popot, le plus grand épicier de Lens ou encore Auguste Hoëlle, grand architecte. Quatre de ses colistiers avaient fait parti de l'équipe d'Eugène Courtin lors d'un précédent mandat.

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L'épicerie de Fernand Popot se trouve en face du café Carpentier, siège du syndicat des Mineurs

  Cela déclenche de nouveau la haine des membres du 'Jeune syndicat'. Le 'Vieux Syndicat' des Basly, Lamendin, Evrard, etc... est accusé de n'en vouloir qu'aux cotisations des mineurs et de connivences avec les Directions des Compagnies Minières. Les adhérents du vieux syndicat sont surnommés 'les baslycots'.

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Caricature parue dans 'L'action Syndicale' en 1908

  Les 12 et 13 juin 1905 sont deux jours de grandes fêtes à Lens. Emile Basly inaugure le monument en l'honneur de G. Decrombecque sur la Place du Cantin et la Maison des Associations, Boulevard des Ecoles. A cette occasion, il fait venir à Lens les ministres radicaux Jean Bienvenu-Martin et Joseph Ruau à qui il offre un banquet de 500 convives. Puis, après leur avoir adroitement fait tenir des promesses sur les réformes des retraites des mineurs, les emmène à la fête de la gymnastique sur la Place Verte. Le poète mineur Jules Mousseron figure aussi parmi les invités.

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La statue Decrombecque, la rue de la Gare lors de la fête

La Maison des Associations, la tribune officielle

  En 1906, c'est la catastrophe de Courrières, Emile Basly joue un rôle très important dans la grève qui suit bien que coincé entre son rôle de Maire avec ses devoirs vis à vis de Clémenceau et ses responsabilités de leader syndical. Dès le 14 mars, premier jour de la grève, Basly se met au service des mineurs pour lesquels il tente de négocier avec les Compagnies en prenant à témoin les autorités. Il fait de nombreux aller-retours entre Lens et Paris et effectue après chaque voyage un compte rendu à la foule constituée par les mineurs en colère. Au Parlement, il réclame en vain la déchéance des dirigeants de la Compagnie de Courrières.

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Basly rend compte de ses entretiens devant la Mairie de Lens

  Cependant la grève tourne mal, de nombreuses violences sont commises et Clémenceau décide d'envoyer les troupes à Lens pour tenter de ramener le calme , ce qui ne fera qu'exacerber encore plus les mineurs grévistes, surtout ceux du jeune Syndicat de Broutchoux.

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Les troupes arrivent à Lens

 Finalement la grève est un quasi-échec : peu de propositions ont été acceptées par les Compagnies et les mineurs, affamés, reprennent le travail fin avril, déçus. De nouveau, on en veut beaucoup à Basly et à son syndicat.

  Il s'oppose toujours au jeune Syndicat et est tenu responsable du peu de résultats obtenus à la fin du mouvement. Il refuse la réunification des deux syndicats décidée au niveau national ; le syndicat du Pas de Calais vit alors isolé pendant plus de deux ans. Après que certains amis de Basly aient rejoint la CGT en 1908, il faudra attendre 1911 la réunification. Le nouveau siège se trouve alors à la Maison Syndicale de Lens.

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La Maison Syndicale

  Réélu à la Chambre lors des élections des 24 avril et 8 mai 1910 avec 15 739 voix contre 6210 à Rouzé, Basly serpente entre ses rôles de Maire de Lens et de député qui l'obligent à avoir de bonnes relations avec les notables comme les Directeurs des Compagnies Minières et le syndicalisme où il se doit de venir en aide et de soutenir les mineurs dans leurs revendications. La ville continue de se moderniser. L'Hôtel de Ville, qui a d'abord été agrandi avec l'achat par la ville de la ferme Roussel mitoyenne et la modification du perron...

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… a ensuite été démoli pour faire place à un nouveau bâtiment commencé en 1912 mais qui ne sera jamais terminé.

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02 décembre 2011

Les Maires de Lens du 20è Siècle : Emile BASLY (3)

 BASLY, de l'épicier au Tsar de Lens

   En 1914, alors que l'ennemi est aux portes de la France il doit de nouveau s'expliquer sur son attitude lors du Congrès d'Amiens du Syndicat et s'engager à 'travailler à l'unité minière'. Son attitude gène aussi chez les socialistes dont les journaux le qualifie de 'notable égoïste'. Il semble vaciller. Ses carrières politiques et syndicales semblent arriver à leur terme. Mais un grand malheur va servir sa cause : le 3 septembre 1914, devant des lensois médusés, les troupes allemandes s'installent à Lens.

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   Basly, qui vient d'avoir 60 ans devient alors par la force des choses l'interlocuteur privilégié des troupes d'occupation. Il doit utiliser tout son savoir faire pour, à la fois, ne pas contrarier les Allemands sous peine de graves représailles et venir en aide à la population qui subit de plus en plus les affres de cette guerre.

  Devant l'adversité, il constitue une coalition d'union sacrée face aux autorités allemandes regroupant Eugène Courtin, son adversaire conservateur lors des élections municipales, Elie Remaux, Directeur des Mines de Lens, Léon Tacquet, Notaire et gendre du précédent, Thellier de Poncheville, brasseur, Boulanger, entrepreneur, le chanoine Ocre, curé de St Léger. Dans un premier temps et devant l'urgence de la situation, ils transformèrent les écoles Campan et Michelet en hôpital.

  Basly assiste, impuissant, au sabordage des puits de mine puis au pillage de la ville. Lorsqu'il se rend compte que les derniers meuniers de Lens sont partis, il décide, pour éviter la famine, de demander aux femmes de moudre elles-même le blé. Plus tard, il décide, pour partager les vivres qui restent en ville, de créer une 'épicerie' dans la loge du concierge de la mairie. Au début de 1915, l'épicerie est transférée dans la salle du Trésor de la Banque de France et accueille plus de 400 clients par jour. Tout cela, il le raconte dans son livre 'Le Martyre de Lens', paru en 1918 aux Editions Plon.

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 Les Allemands imposèrent à la ville des 'contributions de guerre', la première de 900 000 francs et une autre de 800 000. Basly n'eut d'autres ressources que de demander à la population de participer à cet effort. Pour pallier au manque de numéraire, la ville a émis des bons communaux signés du Maire et échangeables en francs à la fin de la guerre.

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  Basly tente de soulager les lensois des conséquences de cette guerre. Il reste à la tête de sa ville jusqu'au 11 avril 1917, date à laquelle il est déporté en Belgique avec les derniers lensois restés sur place.

  Lorsque l'armée allemande se replie enfin le 4 octobre 1918, la ville n'est plus que ruines, rien n'est reconnaissable. Lens n'est plus qu'un énorme tas de gravas! Le 19 décembre 1918, à la tribune du Palais Bourbon, le Député Louis Dubois rend compte de sa visite à Lens: 'Il ne reste plus une maison debout, pas même un pan de mur. C'est un massacre effroyable, c'est un hachis de maisons. Il est impossible de reconnaître l'emplacement de l'Église .... '. Le 24 octobre, Emile Basly est cité à l'Ordre de la Nation pour son rôle et son courage pendant la guerre.

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  Dès la fin du conflit, il reprend la vie politique. Les réunions du Conseil Municipal Lensois se déroulent au 6 rue de Hanovre à Paris. Basly se rend aussi parfois à quelques réunions du Syndicat des Mineurs du Pas de Calais qui se tiennent depuis 1915 à Bruay-en-Artois sous la direction de son ami Alfred Maës.

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La Rue de Hanovre à l'époque

 Mais c'est la reconstruction de Lens qui reste sa priorité. Dans son livre, Basly écrit : 'C'est l'existence d'une ville que j'ai voulu faire revivre'. Il consacrera les 10 dernières années de sa vie à la faire renaître Lens de ses cendres.

 En novembre 1919, les réunions du Conseil Municipal peuvent se tenir de nouveau à Lens dans des locaux provisoires construits à la hâte sur la Place du Cantin. Près de là sont installés les services communaux dans des baraquements et des demie-lunes servent aussi d'habitations Avenue du 4 Septembre.

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  Emile Basly se rend compte lui-même des dégâts et du travail qu'il reste à faire pour refaire de Lens une ville. Pour sa conduite et son œuvre, il reçoit la Légion d'Honneur. C'est le Président de la République Raymond Poincaré, lui même, qui vint à Lens le 28 décembre 1919, lui remettre cette haute distinction

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  Réélu lors du scrutin municipal et aux législatives de 1919 (avec 65.740 voix sur 125.137 votants), il se battra jusqu'au bout de sa vie pour faire revivre Lens. Il crée la 'Société Civile Coopérative de Reconstruction de la Ville de Lens' dont la Présidence sera assurée par Eugène Courtin, épaulé de Louis Barthelet, Directeur des Travaux communaux et de Jean Goniaux, un architecte douaisien.

  Les cités hollandaises et Chouard vont servir à reloger les sinistrés revenus à Lens. La cité hollandaise, permettant de loger 335 familles, a été appelée ainsi car elle a été construite grâce au don du gouvernement hollandais de 3 millions de Florins. Son inauguration le 12 juin 1921 a été l'occasion pour Basly de dénoncer à la Chambre des Députés la lenteur des actions du Gouvernement envers les régions sinistrées (source Dossier Gauheria n°8, la Renaissance de Lens 1918-1932).

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  L'hôpital provisoire (avec l'aide de l'Union des femmes de France), la Caisse d'Epargne, les écoles et collèges (du Grand Condé, Michelet-Campan, Carnot, Berthelot et Paul Bert pour lesquels la municipalité avait contracté un emprunt de 4 millions), la nouvelle gare, l'abattoir, la caserne des pompiers, la Maison Syndicale, l'église Saint Léger et l'Hôtel de Ville seront construits ou reconstruits sous son mandat avec un budget de 10 millions de francs dont 3 à la charge de la commune. Mais d'autres travaux moins visibles étaient aussi nécessaires : la voirie, les égouts, la distribution de l'eau, du gaz et de l'électricité.

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La reconstruction de la gare

  En 1922, alors qu'elle renait à peine de ses cendres, Lens reprend l'habitude de faire la fête. C'est avec le concours de la Municipalité que l'Union du Commerce organise le premier carnaval d'été le 31 juillet. Reprenant ses habitudes d'avant guerre, Emile Basly couronne la Reine Lucie Boulanger qui défile en ville sur un char offert par la Compagnie des Mines de Lens à la tête d'un cortège impressionnant. Tout ce beau monde se regroupe sur la Place de la république pour assister à un concert.

 En 1924, il est réélu député puis Maire de Lens l'année suivante. Ceci le consolera d'avoir été battu aux élections sénatoriales la même année. En 1927, pour venir en aide à un club de football local qui a des difficultés financières, il fait voter une subvention de 8400 francs. Ce club s'appelle le Racing Club de Lens qui bénéficiera aussi de la gratuité pour l'utilisation du nouveau Stade de l'Est, avenue Raoul Briquet. A cette époque, le club n'appartient pas encore à la Compagnie Minière.

  Le 24 mai 1925, Emile Basly invite Edouard Hérriot à Lens pour inaugurer le monument aux morts dont la construction a été adoptée par décision du Conseil Municipal le 22 juillet 1921. Plus de 10 000 personnes se sont massées Place du Cantin. (A voir sur ce sujet toutes les photos de la visite de Henri Herriot dans le dossier de Gauheria n°8, 'La Renaissance de Lens 1918-1932 de Ginette Haÿ).  Autre fête à Lens le 5 octobre : la première braderie sur le Boulevard des Ecoles attire plus de 20 000 personnes.

 La dernière grande sortie officielle d'Emile Basly a lieu le 16 septembre 1926, jour de l'inauguration de la nouvelle maison Syndicale, rue Casimir Beugnet. Le vieil homme fatigué de 72 ans est fier de son oeuvre et aime montrer sa ville en exemple.

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 A la fin de l'été 1927, Basly est malade. Pour la première fois, il est absent de plusieurs réunions de Conseil Municipal. Le 7 février 1928, il fait une hémorragie cérébrale et en reste totalement paralysé. Il décède le 11 à son domicile, 12 rue Urianne Sorriaux. Sa dépouille est exposée dans le hall de l'Hôtel de Ville drapé de noir où une multitude de lensois vient lui rendre hommage.

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  Il est inhumé le 15 février et enterré dans le tombeau des Maires de Lens au cimetière Est devant une foule considérable. Toutes les associations sportives, musicales, les enfants des écoles lensoises, les organisations ouvrières et syndicales suivent le convoi funèbre.

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 Devant les portes du cimetière Est, une foule immense s'est aglutinée pour écouter les personnalités, dont Léon Blum prononcer quelques mots en mémoire de celui qu'on surnomma 'le Patriarche de Lens'.

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 Le 7 avril, le Conseil Municipal de Lens, sous la présidence de son nouveau maire, Alfred Maës, décide de renommer le Boulevard des Ecoles pour lui donner le nom de Boulevard Emile Basly. D'autres communes utiliseront aussi son nom pour nommer une rue ou un emplacement en sa mémoire, que ce soit dans le pays minier ou même en région parisienne (Asnières, Gennevilliers). 

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  En même temps, une souscription est ouverte pour faire ériger un monument en son honneur. Quelques années plus tard, une statue sera sculptée par Augustin Lesieux, représentant Emile Basly dans sa célèbre posture et exposée, d'abord au carrefour Bollaert puis déplacé à l'entrée de Lens, rue Alfred Maës, près du Pont Césarine. Haute de 2,50 m et pesant près de 700 kg, elle est portée par un socle sur lequel figurent trois bas-reliefs représentant la mine, la Mairie de Lens et la Chambre des Députés.

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01 décembre 2011

Les Maires de Lens du 20è Siècle : Alfred MAES (1)

En mémoire de "Papa Alfred"

             Ton arrière petite fille, Catherine.

Alfred Maës, le Délégué des Mineurs

   A Saint Omer, l'acte de naissance n°335 de l'année 1875 nous apprend que le 15 juillet de cette année là à 16h30, nait Jacques Alfred Wilfrand MAËS, fils légitime de Emile Fidèle Isidore Maës, 32 ans, né à Renescure (59), aide-brasseur et de Delphine Marie Declémy, 25 ans, née à Louches (62), qui se sont mariés le 27 juin 1871 à Arques (62).

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    Le 27 mai 1883 à Saint-Martin-au-Laërt (62), Emile Maës décède laissant une veuve et quatre jeunes enfants. Alfred (qui ne veut pas qu'on l'appelle Jacques de peur de moqueries), n'a que 8 ans et il n'a d'autres ressources que d'aller travailler aux champs avec sa mère pour subvenir aux besoins de la famille.

   Dès 13 ans il est attiré par la Mine et le travail assuré et, après avoir obtenu brillamment son certificat d'études, il part travailler aux Mines de Lens où il est embauché à la fosse 2 d'abord puis à la fosse 11.

   En 1895, il est appelé sous les drapeaux à l'escadron du train des équipages militaires, stationné dans la caserne Saint Ruth à Lille

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   Démobilisé le 20 septembre 1899, il est réembauché aux Mines de Lens, à la fosse 1 'Saint Élisabeth' cette fois. Il adhère aussitôt au 'Vieux Syndicat' d'Émile Basly et d'Arthur Lamendin. En juin 1904, il est élu “Délégué à la sécurité” à la fosse où il travaille. Parallèlement, il est aussi élu Conseiller Municipal sur la liste de son ami Basly.

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La fosse 1 des Mines de Lens en 1900

   Le 30 juillet 1900 à Salperwick, un petit village de l'Audomarois, il épouse Marie Irma LEBLOND, cuisinière de son état qu'il a certainement connu alors qu'elle travaillait dans l'estaminet de son père à St Omer.

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   Ils auront trois enfants nés à Lens :

      - Marthe, Elise, Delphine née le 18 octobre 190

      - Elise, née le 1er novembre 1902

      - Voltaire Emile Louis MAËS né le 17 mars 1904 à Lens et décédé le 04 mars 1929 à Fort Archambault (Congo) alors qu'il y travaillait comme ingénieur agronome. Alfred Maës fit revenir la dépouille de son fils pour le faire inhumer civilement à Lens, dans le caveau familial du cimetière Est. Il ne s'est jamais remis de la mort précoce de son seul fils.

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   La famille habite Avenue de la Fosse 12 puis Avenue du 4 Septembre, puis enfin 20 rue Anatole France, à l'angle de la rue Victor Picard, où Marie Maës tient un estaminet. L'endroit abrite aujourd'hui une agence d'assurance. Son jeune frère Fidèle l'a suivi à Lens. Il travaille également à la fosse 1 et habite rue Bollaert avec sa femme Mathilde et ses filles Delphine et Marie.

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   Alfred Maës participe activement aux grandes grèves de 1906 qui ont suivi la catastrophe de Courrières. Le 16 avril, il préside une réunion devant 3000 sympathisants dans la cour de l'école Condorcet, Boulevard des Ecoles où il prêche pour l'union de tous. Partisan de la discussion plutôt que de la révolution, il déclare: 'Si la révolution éclat à l'heure actuelle, j'en pleurerai'. Bien que cette grève n'apporte pas de résultats satisfaisants pour les mineurs, elle instaure tout de même une nouveauté importante : le 17 avril, une loi rendra les allocations de retraite réversibles par moitié pour le conjoint survivant et non remarié. 

  Comme ses amis Basly et Beugnet, Alfred Maës est la cible des articles de presse du jeune Syndicat révolutionnaire de Broutchoux qui l'accuse surtout de n'en vouloir qu'aux cotisations des mineurs.

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  Dès cette époque, il se bat déjà contre la «médecine patronale» et réclame des médecins libres et non plus salariés des Compagnies minières.

  Il est réélu le 7 février 1909 comme délégué à la Sécurité dans les Mines de Lens. Celles ci posent une requête en annulation devant le Conseil de Préfecture se basant sur le fait qu'en plus de son salaire de mineur, Maës exploite un estaminet. Cette requête est acceptée dans un premier temps puis rejetée en appel par le Conseil d'Etat lorsqu'il prouve que ce commerce est au nom de son épouse.

  Toujours à l'écoute de ce qui se passe dans le monde, en décembre 1909, il organise avec ses amis Beugnet et Evrard une conférence à l'Alcazar de Lens au cours de laquelle intervint un membre du Parti socialiste de l'Inde anglaise, Krishna.

  En 1910, il succède à Casimir Beugnet, décédé, à la tête du Contentieux des Mineurs. Il s'occupe particulièrement des accidents du travail, de l'application des conventions de retraite.

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Réunion de délégués dans une fosse de Lens

   Le dimanche 22 mai 1910, la Fédération Syndicale des Mineurs du Pas-de-Calais organise une grande conférence publique et contradictoire à Liévin, sur le thème de l'unité syndicale dans la région minière. Les orateurs représentant le Vieux Syndicat sont Alfred Maës, Séraphin Cordier et Léon Dégreaux, le futur Maire de Liévin. C'est le début de la réunification entre les syndicats de Basly et de Brouchoux qui sera officialisée l'année suivante.

   Maës écrit dans 'La Voix du Mineur' des articles où il dénonce la main mise des Compagnies sur la médecine sociale et les médecins salariés qui les soutiennent lors des accidents du travail. Il demande que ce soit le Conseil d'Administration de la Caisse de Secours et non plus les Compagnies qui nomment les médecins.

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   Il défend farouchement le Docteur Hemery à qui la Compagnie des Mines de Lens a intenté un procès. C'est avec lui qu'il crée dans les mines un 'Secrétariat Ouvrier d'Hygiène' chargé d'enquêter 'librement' sur les accidents du travail et de venir en aide aux mineurs accidentés. 

   En 1910, toujours avec Basly, il est réélu Conseiller Municipal. Deux ans plus tard, il devient secrétaire du Syndicat des Mineurs du Pas de Calais. C'est cette année là que sont appliqués le journée de 8 heures et le repos hebdomadaire obligatoire.

  Arrive alors la première guerre et l'invasion de Lens par les Allemands. Maës doit quitter sa ville car il est mobilisé au 1er escadron du Train de Bergerac le 4 octobre 1914.

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   Le 17 janvier 1915, il revient dans le Bassin Minier où l'Armée l'affecte comme mineur de fond à Noeux les Mines. Il réside chez son ami Henri Mailly avec lequel et Henri Cadot il réorganise aussitôt le syndicat des Mineurs qui se réunit à Bruay en Artois. Dans un tract lancé à la population minière, il n'hésite pas à écrire : 'Nous avons décidé de réorganiser les mineurs jusqu'au jour où nos régions seront débarrassées de la présence de l'ennemi.'. A lire sur ce sujet le dossier de Gauheria n°76 de mars 2011 :'Registre du conseil d'administration du syndicat des Mineurs du Pas de Calais 1916-1919' édité par Bernard Ghienne.

  Malgré le conflit, il contribue à faire payer aux mineurs et à leur famille les pensions des retraites selon la loi votée le 25 février 1914 qui institue la caisse autonome de retraite des mineurs. 

   En avril 1916, les délégués syndicaux que sont Maës, Mailly et Cadot signent, avec l'Etat représenté par le Sous-préfet Bonnevoy-Sibour et les Compagnies Minières, une convention attribuant au mineur 5 sous par enfant et par journée de travail : petite prime, grands effets car il s'agit là de la naissance des allocations familiales !

  En décembre 1916, c'est la crise du charbon, l'Etat veut augmenter la production dans les Mines. Le ministre des Travaux Publics du gouvernement d'Aristide Briand, Marcel Sembat lance un appel aux mineurs pour leur demander d'accepter de travailler jusqu'en mars 1917 une heure de plus par jour. Alfred Maës, fait une contre proposition : pour intensifier réellement la production, il propose de mettre à la disposition des mines tous les ouvriers mineurs des classes 1899, 1900 et 1901 ainsi que ceux qui ont quitté la mine avant le 1er janvier 1910 et qui justifiaient de dix ans de service au fond.

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Marcel Sembat

 Maës, Le Député Syndicaliste

   Après la Grande Guerre, Alfred Maës reprend sa place au sein de la vie politique lensoise. En 1919 on lui propose de se porter candidat à la députation. Il hésite à se présenter. Au Syndicat des Mineurs qui désire le conserver comme secrétaire et lui propose même d'aligner ses appointements de délégué sur ceux d'un député, il répond : 'Pour moi, aucune question d'argent ne me préoccupe. Ce qui me préoccupe le plus, c'est l'intérêt général de notre corporation' (Source Gauheria n°76 cité ci dessus). Finalement, il se présente sur la liste socialiste avec Basly, Cadot, Evrard,etc... Il recueille 63.305 suffrages sur 125.137 votants. Il défendra ardemment les travailleurs de la Mine au Palais Bourbon qu'il fréquentera jusqu'à sa mort en 1941. Pour être sur place lors des sessions, il loge dans un appartement au 17 rue Gerbert dans le 15è arrondissement.

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Alfred Maës pose fièrement devant l'Assemblée Nationale

   En juin 1919, des pourparlers sur la question des salaires ont lieu. Les sections syndicales des mineurs du Pas-de-Calais, du Nord et d'Anzin tiennent une réunion à Béthune sous la présidence d'Émile Basly. Alfred Maës y relate les résultats obtenus lors des négociations et regrette l'attitude des Compagnies qui traînent à appliquer les décisions gouvernementales. Contre toute attente, les mineurs de Marles décident d'une grève immédiate en dehors de toute assistance de la Fédération. Ce mouvement ne sera pas légitimé par le Syndicat. 

   L'année suivante, il est élu président de l'Union Régionale des caisse de secours du Nord et du Pas de Calais. 

  Le 22 juillet 1921, lors de la séance du Conseil Municipal a lieu la délibération sur la construction d'un monument aux Morts. Les élus communistes y sont opposés . A. Maës déclare: 'Plus tard, quand nos ruines auront disparu, rien ne rappellera la guerre. Mais il faut que les générations de demain sachent ce qu'elle nous a coûté pour la haïr davantage'. La proposition d'une dotation de 100 000 francs est acceptée par 11 voix contre 5.

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  En janvier 1922, il assiste à la réunion au cours de laquelle les dirigeants des Compagnies Minières annoncent aux syndicats qu'en raison de la concurrence étrangère, des baisses de salaires de plusieurs francs par jour seraient appliquées. Bien entendu, les syndicats rejettent la proposition et menacent une nouvelle fois de faire grève. L'Etat prend cette menace au sérieux. Yves Le Trocquer et Daniel Vincent, les ministres des travaux publics et du travail du gouvernement d'Aristide Briand reçoivent une délégation conduite par Basly, Cadot, Goniaux, Lefebvre et Maës. 

  Malgré cette opposition, les compagnies diminuent les salaires horaires de 2,00 F puis de 1,25 F au 15 avril alors que le salaire moyen en janvier était de 19,25 F plus 5,25 F de vie chère soit 25,50 F; le chômage s’installe (2 jours par quinzaine). 

  En février 1922, Lens et les autres villes minières du Pas-de-Calais accueillent le ministre des régions libérées du gouvernement Poincaré, Charles Reibel. Ce sont Basly et Maës qui sont chargés de le diriger. 

  En février 1923, Alfred Maës rencontre un autre ministre, Albert Peyronnet. Il relance les discussions sur l'amélioration des retraites des mineurs et de leurs veuves. Ce débat sera discuté à la Chambre le 20 décembre. 

  Le 11 mai 1924, il se représente sur la liste socialiste et est réélu Député dès le premier tour avec 70.278 suffrages sur 149.106 votants

  Sous la direction d'Ernest Cuvelette, l'effort de reconstruction des Mines de Lens est très important; dès 1925 la production a atteint 28 500 000 tonnes.

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La fosse 2 du Grand Condé en 1925 

   Pour y parvenir, une convention d’émigration est signée entre la France et la Pologne. Près de 75 000 mineurs étrangers, Polonais pour la plupart, arrivent à Lens. Leurs conditions d’accueil sont pour le moins spartiates, l’État les tient à l’écart et ne leur attribue ni prime de naissance, ni droit à l’enseignement. Leur arrivée rend aussi méfiants les mineurs qui craignent une diminution de leur salaire pour les ajuster à ceux des immigrés. Maës convainc le Syndicat que ces hommes sont des ouvriers comme les autres et ont donc le droit d'être aidés et défendus. Il n'hésite pas à faire des voyages en Pologne pour confirmer l'amitié Franco-Polonaise ouvrière. En octobre, il fait partie d'une délégation de parlementaires français en visite à Wejherowo en Porémanie, près de la Mer Baltique. Sur la photo ci dessous, des enfants de Sibérie posent avec les autorités franco-polonaises.

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  Depuis 1919, dans l'ombre de son ami Emile Basly, il apporte sa contribution à la reconstruction de Lens. Le 14 août 1927, il inaugure avec lui la nouvelle gare des Chemins de Fer du Nord et l'Hôtel de Ville.

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  Son activité syndicale n'est pas de tout repos. En effet, le 15 avril 1927, en raison des difficultés économiques, les compagnies décident une nouvelle réduction des salaires de 2,60 F pour l’ouvrier base. Les syndicats se trouvent devant le fait accompli.

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30 novembre 2011

Les Maires de Lens du 20è Siècle : Alfred Maës (2)

 Alfred Maës, Député-Maire de Lens

   Le 11 février 1928, Emile Basly décède. Son premier adjoint et ami de toujours Alfred Maës lui succède : le 1er avril le conseil municipal de Lens au complet procède à son élection au premier tour avec 29 voix et une abstention. Il doit maintenant gérer une grande vile de plus de 32 500 habitants. En avril 1928 il est également réélu député dès le 1er tour en tant que membre des socialistes unifiés à une écrasante majorité (11 054 voix contre 3514 à son adversaire communiste).

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Alfred Maës, Député-Maire de Lens 

   L'année suivante sont organisées de nouvelles élections municipales. Il est réélu triomphalement avec 3377 voix sur 5853 votants. Quelques jours plus tard, il reçoit à Lens le général Gouraud, gouverneur de la ville de Paris pour une grande fête patriotique au cours de laquelle sont remis les drapeaux et médailles aux associations des évadés de la 1ère guerre.

   Dès 1929, Alfred Maës et son Conseil Municipal, persuadé qu'on ne fait jamais trop pour l'éducation populaire, consacrent cinq millions et demi à l'agrandissement des écoles publiques : 12 classes supplémentaires à l'école Berthelot (rue Auguste Lefebvre), 6 à Jeanne d'Arc, 3 à Campan. L'école du Grand Condé (future école Basly) est l'une des plus modernes de France avec 13 classes dont trois de maternelles. En même temps s'ouvre l'école professionnelle supérieure de Condorcet où, dans de vastes ateliers, plus de 200 apprentis s'initient chaque soir de 18h00 à 20h00 au maniements des outils de forgeron, ajusteur, mécanicien, etc...

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Maës a toujours été favorable à l'éducation populaire laïque 

   Maës s'active toujours autant du côté syndical: lors d'une réunion avec les responsables des Compagnies minières le 20 septembre, il obtient une augmentation des salaires des mineurs de base qui passent à 41,12 francs de l'heure et des primes qui passent de 17 à 25%. 

   Mais dès 1930, la mévente du charbon entraine ta chute des prix, des entreprises sont mises en liquidation, le nombre de chômeurs s'accroit. Les compagnies minières sont réduites à constituer des stocks ; les ouvriers sont mis au chômage partiel ; leur salaire est diminué. Le lundi 6 octobre 1930 une grève générale de protestation de 24 heures est déclenchée. 

   Devant cette crise, A. Maës fait voter au Conseil Municipal le 16 décembre 1929, une décision d'octroyer aux lensois sans travail, une allocation journalière de 7 francs à la quelle s'ajoute 4 francs par personne à charge de plus de 16 ans et 2 francs pour les moins de 16 ans. Le nombre d'allocataires passe de 239 en 1932 à 353 en 1934.(L'œuvre de la municipalité 1929-1935) 

   Le 31 mars, C'est la 'guerre' entre socialistes et communistes. Ces deniers accusent le Syndicat de Maës d'être responsable de la baisse des salaires. Lors d'une réunion organisée à la maison Syndicale par la SFIO en faveur de la paix dans le monde, des militants communistes se joignent au cortège et font le coup de poing avec les socialistes. Paul Sion, Conseiller Municipal est gravement blessé à la tête et on tire à balles réelles sur deux ouvriers MM. Delvat et Liévin qui, gravement atteints, sont transportés à l'hôpital.

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   Mais tout n'est pas noir en cette année 1930 : début juin, la ville de Lens organise la 32è fête-concours des Gymnastes du Nord-Pas de Calais sur la Place Jean Jaurès avec la participation de tous les enfants des écoles de Lens, la fanfare municipale et toutes les sociétés de gymnastique de la région. Plus de 5000 personnes assistent à cette fête de trois jours.

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  Puis en novembre 1930, Maës voit l'un de ses plus grands projets se réaliser : les malades, blessés, le personnel et la direction de l'hôpital quittent les baraquements provisoires pour occuper le nouvel établissement, Route de La Bassée. Construit sur un terrain acheté à la Compagnie des Mines de Lens, cet édifice est l'un des plus grands et des plus modernes de France. Cet hôpital deviendra le fief d'un grand médecin qui, arrivé à Lens de son Alsace natale depuis juin 1928, est responsable des dispensaires antituberculeux d'hygiène sociale de la région de Lens. Il s'appelle Ernest Schaffner.

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L'höpital en 1930 

  Le 16 février 1931, la caisse de secours des ouvriers des mines de Lens dispose d'un dispensaire leur permettant d'offrir aux mineurs et à leur famille une médecine gratuite. ( Voir le lensois normand tome 3 ) Ce grand édifice est situé entre les rue Eugène Bar et le Boulevard Basly sur un terrain acheté à la Ville. Il comprend une pharmacie, des laboratoires d'analyse, des salles de soins et d'examens, des appartements, une grande salle de réception, un garage pour les véhicules d'intervention et le bureau d'Alfred Maës qui fait ouvrir également de nombreux centres de soin dans les cités minières.

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   Le 12  mars 1931, le syndicat des travailleurs du sous-sol lance un ordre de grève général. Alfred Maës rencontre Pierre Laval, le président du conseil et Ernest Cuvelette, Directeur des Mines de Lens pour discuter de la baisse des salaires et de l'aggravation du chômage. Les Compagnies acceptent de 'repousser' la baisse des salaires à une date ultérieure. Le 23 novembre, deux grandes manifestations ont lieu dans le Pas-de-Calais, l'une à Bruay et l'autre à Lens en signe de protestation contre la baisse des salaires et le chômage. À Lens à la tête du cortège se trouve Alfred Maës, Jacques Louart, député-maire de Sallaumines, Just et Florent Evrard et de nombreux délégués des syndicats et des organisations ouvrières. Un grand meeting s'en suivit et le discours fut prononcé par Alfred Maës.

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Avec ses camarades du Syndicat des Mineurs du Pas de Calais

  Entre temps, le 14 juin a été fêté le 25e anniversaire du club de football local, le Racing Club Lensois (qui joue au Stade Raoul Briquet terminé en 1929). Après avoir déposé une gerbe au Monument aux Morts, les dirigeants et joueurs sont reçus par Alfred Maës et la municipalité qui leur offrent ensuite un grand banquet de 150 invités dans la salle de l'Alhambra. Y participent Georges Renoult, président du RCL, Henri Jooris, président de la ligue du Nord. La municipalité s'intéresse de plus en plus à ce club amateur de haut niveau régional.

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 Plaquette souvenir ayant appartenu à A. Maës 

   Le sport 'pour tous' est important pour la municipalité. De nouveaux équipements sont construits : le Stade Garin, Route de Liévin, la piscine près de la Route de Douai, des subventions sont allouées aux 'groupements sportifs qui font preuve d'activité'. 'L'instruction populaire' est aussi une des priorités d'Alfred Maës : sous ses premiers mandats de Maire, les écoles Berthelot, Jeanne d'Arc et Campan sont agrandies et le groupe Emile Basly, cité du Grand Condé est créé. En 1929, une école professionnelle est ouverte au collège Condorcet, sur le Boulevard Basly.(L'œuvre de la municipalité 1929-1935).

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  La ville s'embellit; les reconstructions entreprises après la guerre se terminent, la voirie aussi a été refaite partout, les grands axes sont pavés et une signalisation lumineuse est installée aux carrefours. (Source L'oeuvre de la Municipalité Socialiste de 1929 à 1935). 

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  Le 15 février 1932, devant la crise du chômage qui n'en finit pas, le Conseil Municipal décide d'embaucher une cinquantaine de chômeurs pour assurer le terrassement du futur Hospice, près de l'hôpital (source Gauheria). En même temps, la baisse de salaire des mineurs est appliquée

  Le 8 mai dans 3éme circonscription de Béthune, A. Maës est réélu député mais au second tour cette fois, avec 7.029 voix contre 4.115 au candidat conservateur Wacrenier, son suivant immédiat après retrait du candidat communiste.

  Le grand hôpital de la Route de La Bassée, dont la construction avait été décidée par le Conseil Municipal le 11 octobre 1922, est officiellement inauguré le 23 octobre 1932, deux ans après son ouverture. Cet évènement est relaté par la presse nationale.

1932 inaugCHL 

  Maës reçoit de nouveau à Lens Edouard Herriot (qui était déjà venu en 1931 pour le cinquantième anniversaire de l'école laïque). Cette venue est considérée «à risques» et devait avoir lieu sous les sifflets et injures des "communistes" qui sont loin d'approuver la politique du gouvernement et accusent Maës d'être de connivence avec les radicaux. C'est peut être pour cela que tous ceux qui attendaient le Président à la descente du train, le virent arriver …. en voiture vers 11 heures sur la Place de la Gare. Après un dépôt de gerbe en gare au Monument en mémoire des Cheminots Morts pour la France, tout le monde s'achemine dans un grand défilé (composé notamment de 103 sociétés musicales) vers la Place du Cantin et le Monument aux Morts.

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  Henri Herriot pose la 1ère pierre de l'hospice

   Puis le cortège se dirige en direction de la Route de La Bassée pour l'inauguration de l'hôpital et de la maternité et la pose de la première pierre de la maison de retraite voisin. C'est l'occasion pour Ernest Schaffner (qui conduisit la visite des lieux) d'être présenté au président Herriot par Alfred Maës. Puis tout le monde se rend à l'école Berthelot toute proche où un banquet de près de 700 couverts est servi sous le préau. Au désert, Alfred Maës salua en H. Herriot: 'L'homme sur qui reposent les destinées du Pays à un moment où l'avenir apparaît si plein de dangers et de menaces'. Il en profita pour demander au Président d'orienter ses efforts vers une politique charbonnière et d'encourager les consomateurs à 'acheter français'. En réponse, Le Président Herriot déclara: 'C'est seulement une visite d'amitié que je vous fais'.

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 A l'hôpital de Lens avec sur la droite, le Dc Schaffner 

   Le 26 avril 1933, son frère cadet Fidèle décède à l'âge de 57 ans. 

   Le 18 juin 1933, c'est l'inauguration du nouveau Stade des Mines de Lens entre les fosses 1 et 9. Aucun représentant municipal n'est invité : le stade est propriété des Mines et seules les sociétés sportives dépendant de la Compagnie y sont admises (gymnastique, course à pied, basket-ball). La construction du stade est critiquée par les syndicats comme le souligne 'la Tribune des Mineurs' qui dénonce «des dépenses folles et inutiles» (Source 'le RC Lens et les Gueules Noires' de Marion Fontaine).

   C'est cette même année que la ville inaugure son Stade de l'Ouest (qui deviendra la Stade Maurice Garin) qui est ouvert pour sa part 'à toutes les sociétés subventionnées qui sont invitées à l'élaboration du calendrier sportif' et aux enfants des écoles. (L'œuvre de la municipalité socialiste 1929-1935).

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  Maës s'intéresse aussi à la musique: le 1er janvier 1934, l'école de musique municipale ouvre. Elle est dirigée par M. Bétrancourt, directeur de l'harmonie ouvrière municipale. 127 élèves y sont inscrits dès la première année.

  Avec ses camarades du syndicat, Alfred Maës est réélu le 29 juillet 1934 au poste d'administrateur de la Caisse de Secours des Mines à laquelle les retraités ont enfin droit à la suite du vote au parlement d'une loi présentée par lui. Dans une affiche électorale parue à l'occasion, il invite la population minière à voter pour le 'Vieux Syndicat', nom donné au Syndicat des Mineurs du Pas de Calais depuis le début du Siècle.

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  La même année, les dirigeants du RCL sous la direction de Jules Antoine Van den Weghe, cèdent le RC Lens à la Compagnie Minière dirigée par Félix Bollaert qui nomme comme Président un ingénieur de la Compagnie, Louis Brossard. Le club passe alors professionnel et quitte alors le Stade Raoul Briquet, qui vient d'être pourtant rénové, pour le nouveau Stade des Mines de la cité 9 (qui deviendra quelques années plus tard, le Stade Bollaert). Le maire-syndicaliste Alfred Maës refuse d'assister aux matches du club pour ne pas être accusé de 'fraterniser' avec les dirigeants de la compagnie minière.

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Lors d'un match du Racing Club Lensois au Stade des Mines vers 1930

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29 novembre 2011

Les Maires de Lens du 20è Siècle : Alfred Maës (3)

Du Front Populaire à l'Occupation

  En 1935, le journal 'l'Echo des Mines et de la Métallurgie' relate les propositions du syndicat des mineurs face à la crise : arrêt des importations, de la spéculation... Il s'oppose aussi au licenciement des mineurs étrangers (essentiellement des polonais obligés de rentrer au pays) qu'envisagent les Compagnies. Les partis de Gauche s'unissent alors; C'est cette année là qu'Alfred Maës est réélu au second tour Maire de Lens sur une liste du Front Populaire où figurent aussi entre autres ses successeurs Marcel Hanotel, Paul Sion et le Docteur Ernest Schaffner.

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  Le 4 août, les Députés, Maires, Conseillers Municipaux du Pas de Calais se retrouvent à Bruay pour «la Journée des Elus». Alfed Maës pose au centre de la photo souvenir.

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  Le 1er décembre, une grande manifestation de 10 000 mineurs à Lens pour fêter la réunification de la CGT avec la CGTU.

  Le 7 avril 1936, Alfred Maës écrit un article dans la presse dans lequel il annonce que l'Assemblée Nationale a adopté la création d’une «allocation temporaire» de 5500 francs aux ouvriers mineurs ayant atteint l'âge de 50 ans : le principe d'obtention de la retraite à cet âge est donc établi. Il conclue qu'il appartient aux Syndicats de faire appliquer cette loi par les Compagnies Minières.

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   Au même moment à Lens a lieu le congrès extraordinaire du syndicat uni présidé par Alfred Maës. Les mineurs de toutes les Compagnies du Nord-Pas de Calais votent la grève générale. Le 1er mai, Maës appelle avec les responsables syndicaux Chopin (Union départementale), Belin (Secrétaire de la CGT) et Jesionowski, représentant les mineurs polonais, à un grand rassemblement. Le centre de Lens, du Rond Point Bollaert à l'Hôtel de Ville, verra des milliers de personnes manifester contre le fascisme et les menaces de guerre mais aussi pour obtenir la retraite à 50 ans pour tous et des congés payés.

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    Le 24 mai, Maës devient aussi membre du Conseil d'Administration de l'Union Nationale des Sociétés de Secours Minières.

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   Le 7 juin 1936, c'est la signature des accords de Matignon : les mineurs, comme tous les autres salariés, obtiennent deux semaines de congés payées, 38 h de travail hebdomadaires (pour les ouvriers du fond) et l'institution des délégués du personnel. Alfred Maês résume les accords les accords de Matignon devant 20 000 personnes massées devant l'Hôtel de Ville. Victime d'une syncope, il s'effondre en plein discours. Le 12, le travail reprend dans les mines.

   Alors que les mineurs employés par la Compagnie de Lens représentent 73,4% des habitants de la ville (Marion Fontaine), le 3 mai ils font de nouveau d'Alfred Maës leur Député au second tour, avec 10.533 voix sur 15.113 votants, après retrait du candidat communiste.

   Le 11 octobre, dans l'euphorie générale, Léon Blum est reçu triomphalement à Lens : 50 000 personnes l'acclament dans les rues. Après avoir déposé une gerbe au Monument aux Mort de la Place du Cantin, le cortège se dirige vers la Route de La Bassée pour inaugurer le tout nouvel hospice. A 12h30, un 'banquet fraternel' de près de 700 couverts est servi sous le préau de l'école Berthelot.

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  A 14h30, le défilé en ville commence: un cortège de 2 km avec plus de 30 groupes musicaux de la région jouant l'internationale. Il y a tant de monde que le défilé doit emprunter deux itinéraires pour rejoindre le Stade Municipal de l'Avenue Raoul Briquet où Léon Blum prononce son allocution après qu'Alfred Maës ai confirmé l'attachement des élus socialistes lensois au Front Populaire.

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  Entre A. Maës et L. Blum, les rapports sont très cordiaux et même amicaux. Les deux hommes s'apprécient énormément..

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 C'est en souvenir de cette époque, qu'à l'Hôpital Ernest Schaffner, une stèle rappelle les visites inaugurales de Herriot et de Blum.

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   C'est dans ce climat de liesse populaire que s'ouvre le 19 juin 1937 et ce pour une durée de 21 jours, la première foire-exposition de la Ville de Lens ( voir ici l'article dans le tome 3 ). C'est un comité créé pour l'occasion et présidé par Clotaire Dengreville, adjoint au Maire qui est l'instigateur de cette grande fête. Alfred Maës, qui patronne l'évènement, inaugure officiellement cette foire le dimanche 20 juin. A cette occasion, Yolande Aubry en est élue Reine. La foire qui aura lieu également en 1938 et 1939 avant d'être interrompue par les évènements.

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   En 1938, c'est toujours l'euphorie. Dans 'L'Humanité', un article relate le Congrès Extraordinaire des Mineurs du Pas de Calais qui s'est tenu à la maison Syndicale de Lens sous la Présidence d'Alfred Maës. au cours duquel est adopté le principe d'une augmentation de la semaine de travail à 62 heures pour soutenir l'activité charbonnière française.

   Fin décembre, la Commission des Mines de l'Assemblée Nationale adopte une motion présentée par le député Maës : le retraite entière est portée à 8000 francs; les mineurs retraités pourront bénéficier des allocations familiales, le service militaire est pris en compte dans le calcul de retraite.

   Dans le même temps, la municipalité de Lens distribue les premières aides financières pour les familles nombreuses, précédant ainsi la création au niveau national des allocations familiales.

   Le 3 septembre 1939, la guerre est déclarée : dès le 26 octobre, Maës fait parti du tout nouveau 'Comité d'Entraide aux Mobilisés' qui permettra à chaque soldat de recevoir pour Noël un colis alimentaire et une somme de 20 francs.

   Au début de 1940, la Fédération des Municipalités et des Élus Socialistes du Pas-de-Calais se réunit à Lens. Il y est discuté des mesures à prendre face à la guerre pour les allocations militaires, la rémunération du personnel mobilisé et l'organisation de la défense passive. Alfred Maës donne l'exemple de sa ville où les mineurs mobilisés continuent de toucher leur salaire. Avec les élus socialistes, il dépose une proposition de loi (qui sera refusé par le gouvernement de Vichy) pour que le régime des allocations militaires soit revalorisé.

   Alors que le gouvernement de Vichy, sur demande des autorités allemandes, décide que le 11 novembre ne sera plus ni férié, ni commémoré, à Lens, le Maire et les élus locaux vont malgré tout fleurir et se recueillir devant le Monument aux Morts.(source Gauheria 'Lens et le seconde guerre mondiale, journal d'Alfred Bucquet', septembre 1997)

   Mai 1940, Maës voit avec tristesse les troupes allemandes envahir Lens. Les souvenirs affreux vécus 25 ans auparavant ressurgissent. Le maire assiste impuissant à l'exode de sa population et au pillage des magasins et des maisons particulières par des réfugiés de passage.

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  Maintenu à son poste (surtout pour ne pas heurter une population minère dont les autorités allemandes ont besoin pour assurer la production), il refuse de participer au vote des pouvoirs constituants au maréchal Pétain, à Vichy, au Congrès du 10 juillet 1940. Dans les notes ajoutées au 'Journal d'Alfred Bucquet : Lens et la seconde guerre mondiale' édité par Gauheria en septembre 1997, on peut lire que les Allemands ne cherchèrent pas à démettre systématiquement les maires en place après mai 1940. Il est noté aussi: 'Alfred Maës fut maintenu alors qu'il était notoirement franc-maçon'. En fait, rien ne prouve l'appartenance d'Alfred Maës à la franc-maçonnerie : il ne figure pas parmi les adeptes de la Loge de Lens. Cependant, son arrière petite fille, Catherine nous dit : 'Je sais qu'il a fréquenté des personnes de la franc-maçonnerie comme par exemple l'ancien Sultan du Maroc "Moulay Abd al-Hafid" accueilli par le Gouvernement Français en résidence à Enghien-les-Bains jusqu'à son décès. Pour remercier mon arrière grand-père de son aide (j'ignore de quel ordre), ce Sultan lui a offert 2 vases. Il a du très certainement connaître de très prés des" frères 3 points" mais je n'ai pas connaissance qu'il ai fait parti d'une Loge ou d'une autre. C'était un sujet qu'il n'a jamais abordé je crois, comme un secret.'

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   Les Allemands lui interdisent, en tant que Maire de quitter la ville sans autorisation. Son épouse est aussi limitée dans ses déplacements comme l'indique cette carte d'identité établie en février 1940 sur laquelle sont inscrites les localités qui lui sont interdites.

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   Comme il le peut du fait de ses obligations, Alfred Maës commence à résister à l'ennemi. Malgré la visite du préfet venu le sermonner, il refuse d'appliquer les ordres de Vichy qui lui dictent d'écarter certains conseillers municipaux: 'S'ils partent, je pars aussi'.

    'Il n'admettait pas qu'on puisse collaborer avec l'Allemagne' dira de lui un journaliste qui le citera: 'Je suis Français avant tout' et 'Ils partiront un jour de chez nous plus vite que des lapins et on ne sera pas les derniers à leur f... le pied quelque part'. Son attitude stricte engendre quelques sérieux incidents avec les autorités allemandes.

   Ainsi, alors qu'à la suite d'une explosion accidentelle, les Allemands, croyant à un attentat, veulent fusiller les sœurs franciscaines de l'hôpital, il prend leur défense et a une discussion violente avec un officier au péril de sa vie. Une autre fois, il répond à un lieutenant qui lui donnait des ordres : 'Vous oubliez que je suis français et que je ne peux obéir à des ordres semblables'.

   Quand les Allemands décidèrent d'occuper l'hôpital, profitant de son laisser-passer, il organise des déménagements de nuit pour mettre à l'abri à la mairie des vivres, médicaments et divers objets. Dénoncé aux occupants, il est arrêté lors du dernier voyage. Seule sa notoriété de Maire et sa popularité évitent qu'il ne soit fusillé.

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   Le 30 mai 1941, malgré l'interdiction des autorités allemandes, Alfred Maës organise une sortie en ville pour commémorer la Fête Jeanne d'Arc comme l'avait demandé sur ses ondes la BBC.(Source : L'Occupation en France et en Belgique 1940-1944: Volume 1 Par Étienne Dejonghe). Ce ne sera que trois ans après son décès que la presse socialiste, censurée pendant l'occupation, pourra honorer son attitude.

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  Maës connait sa dernière grande grève en juin 1941 : pour protester contre les décisions des Allemands, 80% des mineurs du bassin cessent le travail. Ce sera le dernier grand événement vécu par Alfred Maës. Usé par les années de lutte, fatigué par les événements, malade du cœur, il décède à Lens le 17 août 1941 dans sa maison familiale, rue Anatole France.

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   Sa dépouille, recouverte de son écharpe de Député, est exposée dans le hall de l'hôtel de ville. Le 21 aout, malgré l'Occupation, de nombreuses personnalités politiques ou syndicales accompagnent tous les responsables d' associations, les dirigeants des corps constitués ainsi qu'une foule immense lors de son son enterrement civil. Selon ses dernières volontés, aucune allocution n'est prononcée. La presse unanime (tout au moins, celle qui a le droit de paraître) lui rend hommage.

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   Il est inhumé au cimetière Est, Route de Douai, dans le caveau familial auprès de son fils Voltaire.

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   Le 28 janvier 1942, le Préfet approuve la décision du Conseil Municipal lensois de donner à l'avenue de Liévin le nom d'Avenue Alfred Maës. Il se trouve ainsi honoré au centre des deux cités n° 4 et 9 des Mines de Lens. Plus tard, sur cette avenue, une école portera aussi son nom.

  Après la libération, une grande cérémonie est organisée par les socialistes sur sa tombe en 1945. C'est son ami Henry Mailly qui lui rend un vibrant hommage. Devant une foule nombreuse, il dit d'Alfred Maës : 'Ma fierté la plus grande est d'avoir été son ami et son collaborateur de tous les instants … Il était aussi un grand patriote... Maës a été un bon père de famille, un militant honnête et généreux, un homme d'élite'. Alfred Maës restera aussi pour avoir été un homme public qui s'est beaucoup dépensé pour l'instruction populaire laïque des enfants et l'accès aux soins gratuits pour tous mais aussi un homme qui , dans la vie privée, adorait et protégeait les siens.

  Le 23 septembre 1956, une stèle en son honneur est inaugurée dans la cour d'honneur de l'hôpital de Lens. Ernest Schaffner, Député-Maire de Lens, Guy Mollet, Président du Conseil et M. Quintin, Président d'honneur du Syndicat des Mineurs FO du Nord assistent à la cérémonie.

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 Laissons la conclusion à Catherine, son arrière petite fille: « J'ignore de qui mon arrière grand-père tenait cette fibre, hormis la politique : son si haut sens de l'honneur, de la famille, de la justice, de la patrie, son courage de travailleur infatigable, son fort caractère et son profond sens de l'humanité ».

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28 novembre 2011

Les Maires de Lens du 20è Siècle : Marcel Hanotel

   C'est le 3 janvier 1880 à 15h00 à Cauchy-à-la-Tour, près d'Auchel que nait Marcel Hanotel, fils de Aimé Hanotel, né le 27 février 1831 dans cette commune, cabaretier et de Alvina Leroy, 38 ans, son épouse légitime. Ce bourg limitrophe d'Auchel avait déjà vu la naissance du Maréchal Pétain en 1856 et verra celle d'André Delelis en 1924.

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    L'acte de naissance de Marcel, Eugène, Joseph iHANOTEL précise que les témoins de la idéclaration de naissance sont MM. MOREL iZéphyr, charron et François PATINIER, icultivateur, domiciliés à Cauchy et est signé du iMaire Auguste Cambronne.

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   Cauchy-à-la-Tour était le siège d'unei petite compagnie d' exploitation charbonnière: 'La Compagnie des Minesi de Cauchy-à-la-Tour'. Elle a été créée eni 1856 mais n'exploite qu'un seul puits situé sur le territoire la commune. Ellei esti rapidement mise en faillite et cessei son activité dès 1868. La Compagnie dei Ferfay la rachète en 1870 et la fossei située à Cauchy devient sa fosse 4. Plusi tard, elle deviendra propriété de lai Compagnie de Marles puis du groupei d'Auchel des HBNPC.

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La fosse 4 à Cauchy vers 1900

   C'est peut être cet environnement qui a poussé Marcel Hanotel à devenir mineur de fond, métier qu'il exercera pendant 27 ans. « Dès son plus jeune âge, il prend part aux luttes ouvrières du bassin minier, nombreuses en cette fin de siècle. » nous dit le bulletin municipal de la ville de Lens paru en 1929 qui ajoute: « Son tempérament ardent, sa fougue généreuse l'ont porté toujours au premier rang dans la bataille ». Il a dix sept ans lorsqu'il perd son père. En 1899, il entre au Parti Ouvrier Français et adhère à la SFIO dès le pacte d'unité en 1902.

    Le 23 novembre 1901, à Barlin, il épouse Blanche ROBIN, âgée de 17 ans, fille d'un maçon et d'une cabaretière. L'année suivante nait son fils, Marceau, qui sera aussi mineur.

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   On retrouve Hanotel à Lens après la première guerre mondiale bien qu'il n'ait jamais travaillé pour la Compagnie des Mines de Lens. Il est alors 'commerçant' comme beaucoup d'anciens mineurs exclus des Compagnies pour fait de grève.

   Il s'occupe d'œuvres sociales et prend part à la reconstitution de 'l'Amicale Laïque de Lens' dont il est nommé Président.  Le 25 mars 1925, Secrétaire Général de la section de Lens de la SFIO, il est élu Conseiller Municipal sur la liste d'Emile Basly qui le nomme aussitôt Adjoint au Maire. Il est alors cabaretier rue François Gauthier mais se dit toujours 'ouvrier mineur'. Son commerce sert d'ailleurs de siège à plusieurs associations.

   En 1929, Hanotel devient le Président de la 'Fanfare Ouvrière Municipale'. En 1933, à la demande de M. Alfred MAES, Député Maire de LENS, un projet de fusion avec l'Harmonie des Enfants de la Plaine est soumis au conseil d'administration des deux sociétés et approuvé. Le 21 Juillet 1933, au cours d'une assemblée générale groupant les musiciens des deux sections, la fusion est adoptée à l'unanimité. Cette nouvelle société prend le nom d' "Harmonie Ouvrière Municipale" dont Marcel Hanotel devient logiquement le Président.

   Il s'occupe beaucoup d'associations et d'œuvres laïques. On le voit souvent accompagner Alfred Maës lors de cérémonies officielles.

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   Veuf depuis 3 ans, le 18 avril 1933 à Lens, il épouse en seconde noces Suzanne Olivier, une dame divorcée de près de 15 ans sa cadette.

    Il est aussi Président de la caisse des écoles publiques. C'est à ce titre qu' il crée les colonies de vacances pour les élèves des écoles de Lens. Le premier centre est ouvert à Ambrines près d'Aubigny-en-Artois.

    Hanotel se dépense beaucoup pour la collectivité et est un militant actif de la SFIO. Dans les années 30, il est élu Délégué Cantonal et est également Vice-Président de la Commission des Hospices Civils de Lens et Président de section locale de la Ligue des Droits de l'Homme et du Citoyen.

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 Marcel Hanotel à la Commission des Hospices à la droite d'Alfred Maës

   Le 23 octobre 1932, alors qu'Alfred Maës semble s'amuser de la situation, on aperçoit Marcel Hanotel concentré sur le Président Herriot lors de la pose de la première pierre de la Maison de Retraite.

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   En 1935, il est fait Officier d'Académie par le ministre de l'Education Nationale en tant que Président de l' Amicale Laïque des Anciens et Anciennes Élèves de Lens (lui qui n'a jamais été scolarisé dans cette ville !).

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   La même année, il est réélu Conseiller Muni-cipal sur la liste conduite par Alfred Maës. Il est également élu Conseiller Cantonal.

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   Contrairement à Basly, Maës ou d'autres et bien qu'ancien mineur de fond, on ne trouve pas son nom parmi les membres du 'Vieux Syndicat'. Hanotel n'est pas un syndicaliste mais un politique, son rôle est de s'occuper de la vie publique et des œuvres laïques et sociales de la ville. Lors de la visite de Léon Blum à Lens en 1936, c'est encore lui que l'on aperçoit sur la photo entre le Président du Conseil et le Député-Maire Alfred Maës.

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   En mai 1940, Lens est de nouveau occupé. Si certains conseillers municipaux comme Paul Sion ou Ernest Schaffner marquent leur opposition immédiate au régime de Vichy, Hanotel choisit une autre voie, celle de l'obéissance au maréchal Pétain et aux autorités allemandes. Il prend alors les fonctions de Président du Comité d'entraide aux prisonniers.

  Le 17 août 1941 Alfred Maës, que les Allemands avaient laissé en place pour sa popularité parmi les mineurs, décède. Lors des funérailles, Hanotel, comme le préfet Buissière et des représentants de mineurs, fait parti des notables choisis pour « tenir les cordons du poêle » comme l'écrivait la presse à l'époque.


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   Le poste de Maire de Lens est donc libre. Depuis la proclamation de la loi du 16 novembre 1940, le régime juridique des communes est modifié. Les maires ne sont plus élus, mais nommés par le Gouvernement de Vichy. Les conseils municipaux sont formés à partir d'une liste composée et proposée par le maire. Proposé par le Sous-préfet de Béthune Brisset, Hanotel est désigné par le Préfet Amédée Buissière (qui deviendra Préfet de Police de Paris) pour assurer cette fonction. Pour ceci, il doit attester sur l'honneur ne pas faire et n'avoir jamais avoir fait parti de la Franc-Maçonnerie. Pourtant, dans un rapport du Commissaire Spécial au Sous préfet le 8 novembre 1941, il est écrit: "'Le bruit court à Lens que M. Hanotel …. appartenait (avant la guerre) à une loge maçonnique et que la déclaration affirmant le contraire ne serait pas de sa main mais de celle de l'ancien secrétaire général de la mairie". Le Commissaire Spécial ajoute que Hanotel lui a confirmé ses écrits et déclare que l'auteur de ces rumeurs (Paul Sion) était seulement 'furieux de sa nomination à la mairie'.

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   Le 15 octobre 1941, Pierre Pucheu, le ministre de l'Intérieur de Pétain, signe l'arrêté le nommant officiellement Maire de Lens. Le 3 décembre, le préfet édite un arrêté nommant les 20 Conseillers Municipaux proposés par Hanotel.

   C'est lors de la séance du 22 décembre que le nouveau conseil municipal s'installe. A cette occasion, Hanotel prononce un discours dans lequel, après avoir rendu hommage à Alfred Maës, il affirme que les membres du Conseil « justifieront la confiance qu'a mise en eux le gouvernement et le préfet ». Il ajoute « Beaucoup de consciences françaises sont dans le désarroi. Nous avons pour devoir de prendre courageusement position , de relever les esprits chancelants dans un idéal purement français pour la rénovation et la grandeur de notre patrie ».

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   Est ce pour être nés tous deux dans le même village que Hanotel adopte les idées de Philippe Pétain ? Curiosité : on trouve dans la généalogie de Philippe Pétain le nom de Hanotel. (renseignement obtenu sur le site web: 'Généalogie et Biographie du Maréchal Pétain Philippe (1856-1951)' (Url : http://proussel.voila.net/history/petain.htm#ascendancevoir dans la rubrique Ascendance, ligne 31). Dans un courrier qu'il adresse au Préfet Buissière le 8 septembre 1941, le Sous Préfet Brisset parle de Hanotel ainsi : 'Originaire de Cauchy-à-la-Tour d'une famille en relations étroites avec le Maréchal, M. Hanotel professe pour la personne du Chef de l'Etat, une respectueuse admiration'.

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    Pendant ce temps, la résistance s'organise à Lens et le 11 avril 1942, trois mineurs communistes Charles DEBARGE, Moïse BOULANGER, Marcel LEDENT abattent deux sentinelles allemandes près du Pont Césarine où une plaque rappelle cet évènement.

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   En représailles, des mesures strictes de couvre-feu sont prises par les autorités allemandes et 20 otages seront fusillés.

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   C'est aussi sous son mandat qu'a eu lieu la rafle des juifs de Lens le 11 septembre 1942. Alors qu'elle a lieu dans l'indifférence quasi-générale, Hanotel est sur le point de partir pour Vichy où il rencontrera Pétain quelques jours plus tard. (source : Face à la persécution: 991 Juifs dans la guerre de Nicolas Mariot et Claire Zalc aux Editions Odile Jacob).

   Comme dans beaucoup de communes, la Municipalité n'est pas directement impliquée dans cet événement. Dans le texte 'Acteurs, pratiques et problèmes de l’identification des Juifs lensois (1940-1944)', Nicolas Mariot et Claire Zalc parlent surtout de 'passivité' dans l'attitude des élus locaux et de la participation des services municipaux à l'élaboration des listes de juifs habitant Lens comme celle intitulée «Ville de Lens. Population juive venue après la date du 15 décembre 1940».

  A Lens, il possède son propre groupe de sympathisants qui se réunissent au café Mathé-Hussen, rue Paul-Bert. Bien que sa ville soit occupée, fin avril 1943, il emmène la Fanfare Municipale donner un concert à Vichy pour les fêtes organisées en l'honneur de l'anniversaire du Maréchal.

 

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Hanotel en aparté avec le Maréchal lors du concert de la Fanfare Municipale (Document INA)

   En juin 1943, Hanotel reçoit à Lens avec les honneurs Hubert Lagardelle, Ministre du Travail du gouvernement Laval, un ancien syndicaliste d'extrème-gauche devenu Pétiniste.

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   Alfred Bucquet écrit dans son journal sur la seconde guerre mondiale à Lens (paru aux éditions de GAUHERIA , n° 38 en septembre 1997) que Radio Londres, qui annonce la fin de la guerre prochaine, lance aussi «des menaces de vengeance à l'endroit de ceux qui ont servi le gouvernement de Vichy, nommément M. Hanotel, maire de Lens, et le Dr Brun, adjoint».

    Le maire de Lens est aussi cité comme ''à signaler'' par le ''Le Patriote'' en février 1944, journal clandestin du Front National (union de partis politiques et d'associations de résistance dont le Parti Communiste et les Gaullistes).

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     Le 21 juin 1944, après les bombardements qui ont occasionné beaucoup de dégâts et de victimes, un accord entre la Municipalité et la Compagnie Minière prévoit la construction d'abris souterrains en ville. Le programme comprend trois réseaux de galeries : en centre ville du Rond Point Van Pelt au collège Condorcet et la Place de la République; un second dans le quartier de la Place du Cantin et le dernier entre la gare Ste Elisabeth (rue Bollaert) et l'avenue du 4 Septembre. Le Conseil Municipal décide également la réutilisation d’un égout abandonné lors de la reconstruction entre les rues Uriane Soriaux et du Quatorze Juillet.

    Au total, 2,5 kilomètres sont prévus pour un coût estimé à quatre millions de francs. Le but est que tous les habitants du centre ville soient à moins de 100 mètres d’un abris.

    Les plans ont été dessinés par l’architecte municipal Pantigny. Les travaux ont immédiatement débuté avec l'apport de la Compagnie des Mines de Lens mais ne seront pas achevés au moment du bombardement du 11 août 1944.

    Le 3 juillet 1944, pour tenter d'éviter les pillages des maisons abandonnées lors des bombardements, Hanotel fait prendre au Conseil Municipal la décision de recruter des gardes auxiliaires chargés de «la surveillance et la sauvegarde des biens des populations».

   Le lundi 14 août 1944, il assiste, en compagnie d'Alexandre Pujès, Préfet du Pas de Calais depuis février, Roger Pinel, sous préfet, Maxime Bucher, Directeur des Mines de Lens et d'autres personnalités aux funérailles des 114 victimes du bombardement du 11 aôut. Le chanoine 'pétiniste' Emile Henneguet lit en chaire la liste des victimes et «ne manque pas de dénoncer la barbarie des Alliés» (Gauheria n°48, Lens au XXème siècle d'Aurélie David et Nathalie Fortunato)


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    Le 2 septembre 1944, Lens est libéré. Un comité local de Libération est installé avec à sa tête Paul Sion. Le Conseil Municipal est aussitôt dissous. Selon Alfred Bucquet,Hanotel est arrêté le 3 septembre et incarcéré à la prison de la Gendarmerie. Son premier adjoint, le docteur Brun sera condamné aux travaux forcés à perpétuité.

   Hanotel est aussitôt exclu de la SFIO lors du Congrès de Paris de novembre 1944. Il disparait alors totalement de la vie publique et politique.

   Retiré avec sa seconde femme au 28 Rue de la Paix, il décède à l'Hôpital de Lens le 17 mai 1953 à l'âge de 73 ans. Il est inhumé au Cimetière Est auprès de sa première épouse.

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   Aujourd'hui, peu de traces subsistent de la vie publique de Marcel Hanotel à Lens et beaucoup d'archives le concernant ont disparu. Cependant, son nom (en tant que vice-président de l'Hospice Civil) est toujours inscrit sur la stèle de l'hôpital qui rappelle les inaugurations effectuées par Henri Herriot et Léon Blum en 1932 et 1936.

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