Raymond DELABY

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   C'est le 20 septembre 1891 que nait à Lens, rue de la Gare, Raymond Marie Florent Delaby, fils d'un comptable de la Compagnie des Chemins de Fer du Nord et de Marie Rosa Beugin qui tient un commerce de chapeaux appelé 'Au Bonheur des Dames'.

   Aîné des trois enfants, Raymond Delaby est envoyé étudier chez les frères des écoles chrétiennes de Saint-Omer où il se révèle un élève très doué. Lors de ses vacances à Lens, il y a parmi ses amis la jeune sœur d' Amant Valeur.

   Bachelier ès-sciences dès 1908, il se destine aux études de pharmacie dans lesquelles il entend satisfaire son goût de la chimie influencé peut être par son oncle Auguste Béhal. Il devient stagiaire dans l'officine de Mr Plouchart et s'inscrit à la Faculté de médecine et de pharmacie de Lille. C'est un étudiant exceptionnellement talentueux qui obtient un premier prix dès son examen de stage de 1910, une médaille d'argent en première et en deuxième année et la médaille d'or à la fin de la troisième année avec à chaque fois une mention 'très bien'. En 1913, c'est donc en toute logique qu'il obtient le diplôme de pharmacien de première classe.

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    Dès le début de sa troisième année d'étude, il est nommé préparateur des cours de pharmacie. Il quitte Lens pour Paris au début de l'année scolaire 1913-1914 où il est accueilli par Auguste Béhal et Amant Valeur. Ce dernier lui offre une place dans son laboratoire pendant qu'il poursuit en parallèle ses études à la faculté des sciences pour préparer une licence ès-sciences physiques. Reçu premier au concours de l'internat des Hospices de la Seine, il est affecté à l'hospice département Paul Brousse.

    En septembre 1914 Raymond Delaby s'engage dans l'armée et, en tant que brancardier dans la 89ème division d'Infanterie et prend part aux combats en première ligne aux Chemins des Dames et à Verdun. Très gravement gazé à plusieurs reprises il est évacué vers Vitry-le-François en juin 1916. Son courage lui vaudra la Croix de guerre avec citation.

    Après plusieurs mois de convalescence, il est transféré au laboratoire de chimie de l'hôpital du Val de Grâce puis, en 1918 à celui de Georges Urbain à la Sorbonne. Son séjour auprès de cet illustre savant aura une grande influence sur son avenir, sa vocation de professeur et de chercheur.

   Il y prépare aussi son certificat de chimie appliquée qu'il obtient en octobre 1918 et entre à la Société Chimique de France.

  Démobilisé en 1919, il devient préparateur de la chaire d'hydrologie et d'hygiène de l'Ecole de Pharmacie sur la recommandation d'Amant Valeur et prépare le concours d'inspecteur des établissements classés auquel il est reçu premier le 16 décembre 1920.

   Le 13 avril 1920, il épouse à Paris Christine, la fille du Docteur Monnier, médecin des Mines. Le couple habite au 22 boulevard Saint Michel et aura un fils Pierre-André. Reçu premier au concours d'agrégation en 1926, il est agrégé de chimie à la faculté de pharmacie de Paris à partir de 1927.

   Le 12 août 1928, il est fait Chevalier de la Légion d'Honneur. Il en sera nommé Officier en 1948. R. Delaby est aussi Chevalier du Mérite Agricole et Commandeur des Palmes Académiques et reçoit également de nombreuses distinctions à l’étranger où il voyage (Suisse, Canada, Liban, Syrie, Égypte, Espagne, Maroc, Italie).

   Après plusieurs affectations, il est nommé dans la chaire de chimie analytique en 1937, puis est transféré sur sa demande dans la chaire de pharmacie chimique en 1939.

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   Alors qu'il peut à fois chercher, enseigner, écrire et conseiller, il est à nouveau mobilisé le 1er septembre 1939 comme Pharmacien-commandant au cabinet de Raoul Dautry, le ministre de l'Armement où il est affecté à l'Etat-Major de l'Armée pour la défense contre les gaz de combat. Il ne sera libéré de ses obligations qu'après la débâcle de juin 1940.

   Delaby est élu à l'Académie de médecine en 1950 , préside de nouveau la Société Chimique de France et siège dans de nombreux conseils ou commissions où son talent et son savoir sont appréciés.

   En 1958, sa santé décline et ses poumons dans lesquels restaient des séquelles des gaz de 1914 le font souffrir. Il est devenu presque aphone lors qu'il décède brutalement le 2 juin 1958 d'une infection pulmonaire.

   Le 5, il est inhumé dans le cimetière de Nogent-le-Roi (Eure et Loir), ville de ses beaux-parents, en présence d'une foule nombreuse et de personnalités politiques et scientifiques. Marcel Delepine, Membre de l'Institut et de l'Académie de Médecine et Président d'honneur de la Société d'Histoire de la Pharmacie, dit dans son éloge funèbre : 'Nous conserverons de lui le durable souvenir de sa vive et agissante intelligence, unie à un cœur d'une générosité rare, intégralement dévouée au service de la science'.

  Le 17 avril 1963, parait au Journal Officiel le décret signé du Ministre de l'Industrie Michel Maurice-Bokanowski et créant un 'Prix Raymond Delaby' destiné à 'encourager la recherche de procédés susceptibles de remédier aux nuisances provenant de l'industrie'.

   Raymond Delaby était membre d'une vingtaine de sociétés en rapport avec la science dont l'Académie de Pharmacie, la Société Chimique de France, la Société Française de Physique.... et a écrit ou collaboré à la rédaction de plus de 150 ouvrages sur ses travaux entre 1913 et 1958.

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   A ce jour, il ne semble pas que la ville de Lens ait honoré la mémoire de Raymond Delaby : aucune rue, aucun site ne portent son nom.